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Moi, Lucifer >

Critique du Roman : Moi, Lucifer

Avis critique rédigé par Manu B. le mercredi 20 juillet 2011 à 23:51

Le Diable dans la peau

"Moi, Lucifer, Ange Déchu, Porteur de Lumière, Prince des Ténèbres,  de l'Enfer et de ce Monde, Seigneur des Mouches, Père du Mensonge, Suprême Apostat, Tentateur, Antique Serpent, Séducteur, Accusateur, Tourmenteur, Blasphémateur et, sans contestation possible, Meilleur Coup de l'Univers Visible et Invisible (demandez donc à Eve, cette petite garce), j'ai décidé - ta-daaah! - de tout dire..."

Un mois, putain. C'est court quand on a eu tout une éternité en trichant, en mentant, en commettant une tripotée de péchés et en tentant les pauvres âmes mortelles pour surtout Lui pourrir la vie.  
Et pourtant c'est le deal qu'a passé Lucifer avec Dieu. Juste le temps pour l'Ange Déchu d'effectuer sa rédemption dans le corps de ce minable scribouillard de Declan Gunn sur Terre. Comme il n'aime pas faire ce qu'On lui dit, Lucifer va, au lieu de suivre Ses plans, passer un mois d'excès en tout genre. Ceci est son manuscrit...

Glen Duncan est un auteur assez atypique, outre le fait qu'il soit inconnu sous nos latitudes, excepté des anglophiles. Il n'a écrit que huit romans depuis 1997 (Hope) jusqu'à Avril 2011 (The last Werewofl). Moi Lucifer, ici publié aux éd. Denoël coll. Lunes d’encre, est en développement et devrait être projeté sur grand écran à partir de 2012.

Après l'expérience orgasmique des sensations du corps qu'il éprouve pour la première fois - y compris flatulences et sommeil, le Diable s'attend à passer ses premières vacances depuis... sa chute. Or, le corps dans lequel il est incarné (qu'il possède, pour être plus précis) n'est pas de première classe ni de première fraîcheur. Declan Gunn est un auteur à moitié raté qu'un unique succès lui a fauché son seul et unique amour. Et son actuelle régulière ne reste dans son lit qu'avec le fol espoir qu'un jour un de ses scénarios sera adapté par une Major du cinéma. Mal fichu, doté du passé de l'écrivaillon, Lucifer n'imaginait sûrement pas un cadre aussi moche pour son séjour en tant que vivant. Vous vous imaginez bien que ce fourbe va changer les règles initiales qu'il ne peut suivre.

Avec une ironie mordante, Glen Duncan s'attaque évidemment aux fondements de la religion chrétienne. On comprend sans mal qu'il démonte un à un les rouages, ébranle les bases d'une religion que suivent aujourd'hui plus de 2 milliards d'être humains. Il revient à la Création, se moque du jardin d'Eden, d'Eve et d'Adam, tacle de manière cinglante la période de l'inquisition et la manière laxiste avec laquelle les chrétiens d'aujourd'hui se comportent en rapport aux Commandements. L'absence de Dieu. Toussa. La critique est incisive.

Mais ce n'est pas le vrai propos du livre. La vraie cible, c'est l'homme, source de ses propres maux.
A travers le comportement du démon incarnant ce pauvre écrivain paumé, Glen Duncan s'attaque à toutes les strates de la société, et en particulier celles du show-business peuplées de débauchés, de drogués et de vicieux. Il condamne avec une verve acide et un langage très crû une frange de privilégiés et d'oisifs qui ne savent comment dépenser l'argent.
Il arrose un peu tout le monde (normal, le mal est partout). Il aborde ainsi sans prendre de gants la pédophilie, la brutalité sur les femmes, la prostitution...

Il y a du Palahniuk dans ce style très rock n' roll; le démon passerait presque pour un copain de chouille à la répartie facile. On se prend même à sourire à l'impertinence de cet Ange Déchu quand il parle de Dieu (qu'il qualifie à l'occasion de "Papy") mais qu'il reconnaît supérieur à lui.
Au final, c'est assez barré, suffisamment en  tout cas pour longtemps nous laisser croire qu'il y aurait une morale en fin de compte. Pas du tout, Duncan est diabolique.

80

Impertinent, blasphématoire, ordurier, ce Lucifer là ne donne pourtant pas la chair de poule. Son plus grand méfait est de se moquer méchamment de notre société et son acte le plus courageux de se coucher après avoir pris un coup de boule.
Attendons l'adaptation annoncée sur grand écran mais on peut dores et déjà annoncer que les amateurs de Dogma devraient adorer.

Critique de publiée le 20 juillet 2011.

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