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Critique du Film : Hors du temps
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Critique du Film : Hors du temps

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 8 juillet 2011 à 1445

Un téléfilm fade et insipide...

Le cross-over entre love story et voyages dans le temps est une combinaison qui a rarement été exploitée au cinéma ; en effet, les scénarios basés sur les voyages temporels se consacrent, la plupart du temps, sur les dérives, les uchronies ou les paradoxes, axant leur développement sur des traitements de films s'orientant vers l'aventure ou le thriller. Ainsi, lorsque Hors du temps a débarqué en proposant une combinaison quasiment inédite - même si pas fondamentalement originale - on était curieux de voir ce que cela pourrait donner. Basé sur un postulat intrigant (un individu, qui voyage dans le temps sans pouvoir contrôler son pouvoir, tombe amoureux d'une jeune femme), le film annonçait un drame fantastique avec un fort potentiel, tant en émotion qu'au niveau du traitement scénaristique. Au final, bien malheureusement, Hors du temps s'avère être un long-métrage raté, ne parvenant jamais à marier correctement deux genres qui semblent désormais antinomiques.

En effet, il apparaît qu'un scénario tentant de combiner ces deux aspects se doit d'être impeccablement équilibré pour que le film puisse correctement fonctionner. Ne pas suffisamment exploiter l'ingrédient surnaturel revient à lui donner un aspect anédoctique, trop le développer suppose d'empiéter sur la partie émotionnelle, donc sur le potentiel dramatique du film. Hors du temps se situe dans la première catégorie, à savoir que le "pouvoir" du héros n'est jamais véritablementexploité et, en dehors de son aspect inéluctable (le personnage principal n'a aucune prise dessus), pourrait presque être remplacé par un argument plus terre à terre, du style "Mon entreprise m'envoie en déplacement régulièrement aux quatre coins du monde, et je ne peux pas vivre ma vie". Finalement, il semble que l'aspect fantastique lié au voyage dans le temps ne soit présent que pour permettre une narration non linéaire, un peu plus complexe qu'à l'accoutumée.

Cependant, niveau complexité, ce n'est pas non plus la panacée. Sans tomber dans un travers lynchien qui embrouillerait les pistes, Hors du temps aurait pu suivre autre chose que cette trame somme toute assez linéaire ; ainsi, en se concentrant sur la femme du héros (d'où le titre original, The time traveller's wife), le film suit une évolution temporelle normale, presque terne, dans laquelle seules les apparitions du protagoniste principal démontrent une relative complexité. Relative car d'un point de vue strictement formel, les allers et venues du héros dans la vie de sa compagne sont particulièrement commodes, la bonne version du personnage arrivant toujours au bon moment pour expliquer tel ou tel fait, ou lancer de nouvelles pistes de scénarios. Bref, Hors du temps est un film qui ne prend aucun risque, visant de fait plus l'amateur d'histoires d'amour simples et basiques que celui de cinéma fantastique, qui aurait souhaité un traitement nettement plus ambitieux de l'histoire.

Le tout est d'autant plus décevant qu'au niveau force dramatique, Hors du temps est proche de l'encéphalogramme plat. Difficile de faire porte le chapeau de cet échec à une personne en particulier, car c'est un peu comme si tous s'étaient mis d'accord pour livrer un long-métrage insipide. Derrière la caméra, Robert Schwentke aborde visiblement son film comme un pur produit télévisé destiné à une diffusion en prime-time ; on savait que le bonhomme n'était pas particulièrement doué (Flight Plan ou Red n'avaient rien de franchement exceptionnels), mais là, il livre un travail complètement détaché, et n'arrive à aucun moment à susciter le moindre début d'émotion. Pourtant, le potentiel est bel et bien présent, le final inéluctable possède suffisamment de matière pour donner corps au film, mais rien n'y fait. Schwentke filme les évènements comme s'il réalisait un métrage sur la préparation de la sauce tomate en Sardaigne ; au moins, on évite le pathos dégoulinant...

Devant la caméra, les choses ne sont pas beaucoup plus brillantes. Eric Bana, dans le rôle principal, est particulièrement insipide, et livre ce qui est probablement la plus mauvaise prestation de sa carrière (difficile d'avoir de l'empathie pour un personnage quand le comédien qui l'interprète se fait visiblement chier). A ses côtés, les seconds rôles sont fades (Ron Livingston notamment) ou complètement sous-exploités (Stephen Tobolowsky). En fait, au milieu de cette mélasse, seul surnage avec une certaine grâce Rachel McAdams ; si la comédienne n'avait jusqu'ici pas fait preuve d'un immense charisme, elle parvient tout de même à s'en sortir plus qu'honorablement dans son rôle de femme éplorée pas très intéressant. Finalement, c'est elle qui transmet au spectateur suffisamment d'émotion pour que ce dernier parvienne à rester devant le film jusqu'à son épilogue.

Enfin, reste à mentionner l'un des aspects les plus étranges de ce film, à savoir sa morale quelque peu douteuse. Sans être fan d'amours flamboyants et de tragédies shakespiriennes, on peut rester étonné devant la manière dont se rencontre les deux personnages principaux, à savoir que le héros se téléporte devant sa future femme alors que cette dernière n'a que huit ans, et lui sort une espèce de drague à deux balles en lui expliquant que plus tard ils se marieront et auront des enfants, et qu'il faut qu'elle l'attende gentiment. Quelque part, pouvoir croire et adhérer à l'histoire d'amour racontée est quelque peu parasité par le fait que le héros ait pécho sa femme alors qu'elle avait huit ans, profitant de la naïveté de la gamine pour se la faire dans le futur. Le syndrôme Johnny/Adeline, avouons que c'est nettement mois rock and roll que Roméo et Juliette, non ?

La conclusion de

Malgré son bon potentiel de départ, Hors du temps n'est qu'un mélo mineur, dont la niaiserie n'a d'équivalent que la pauvreté dramatique. Plombé par la mise en scène sans envergure de Robert Schwentke et par le manque flagrant d'implication d'Eric Bana, le film, en dépit d'un point de départ intrigant, s'appauvrit au fur et à mesure de sa narration, délaissant une histoire avec un potentiel correct au profit d'une bluette dénuée d'intensité. Le tout se regarde donc comme un vulgaire téléfilm, pas fondamentalement ennuyeux, mais terriblement insignifiant.

Que faut-il en retenir ?

  • Un postulat de départ intrigant,
  • Rachel McAdams, convaincante.

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation sans envergure,
  • Scénario qui n'explore pas assez sa part fantastique,
  • Moralement plus que douteux,
  • Eric Bana, inhabituellement fade,
  • Laisse en bouche un sentiment d'inachevé.

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