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Critique du jeu de rôle : Dés de sang [2011], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 10 juillet 2011 à 18h34

Tu aimes les films d'horreur ?...

Récemment arrivé sur le marché du jeu de rôle, l'éditeur Pulp Fever a ouvert son catalogue avec la publication de Dés de Sang. Surfant sur l'actuel succès que connaissent les films d'horreur dans les salles obscures, ce jeu de rôle s'appuie sur les classiques du genre pour proposer de reproduire autour d'une table l'ambiance qui existe dans ces séries B, slasher ou survival, ces long-métrages dans lesquels un groupe de personnages doit faire face à un individu/créature hostile bien décidé à les faire passer de vie à trépas. Le parti pris n'était a priori pas fondamentalement original, l'aspect horreur étant au coeur de nombreux jeux de rôle à thématiques contemporaines, et ce depuis l'avènement de L'Appel de Cthulhu il y maintenant trente ans. Pourtant, dans ce marché quelque peu saturé par la concurrence, Dés de Sang parvient malgré tout à tirer son épingle du jeu, s'imposant comme un produit qualitatif apte à satisfaire les amateurs, et à conquérir un public pas forcément expert dans le domaine.

Ainsi, par rapport à un jeu comme Brain Soda, qui nécessitait un maître du jeu qui maîtrise les références et qui sache les faire passer à ses joueurs, Dés de Sang s'adresse a priori à tous (du moins à tout ceux qui ont vu les classiques du genre ou, au moins, les derniers blockbusters hollywoodiens, soit la plupart des rolistes !). La force du jeu est ainsi de décloisonner et de démocratiser les codes du genre - certes pas très compliqués - pour les rendre accessibles à tous, se posant comme un produit accessible au plus grand nombre. Dés de sang est donc un jeu ancré dans une culture cinématographique populaire, mariant une grammaire cinématographique précise avec des mécanismes ludiques adaptés ; on retrouve cette idée dans toute la structure du livre, et ce du background (qui va à l'essentiel sans s'embarrasser de fioritures) au système de jeu (simple et accessible), en passant par les scénarios à foison (qui représentent, sur la totalité, près de la moitié du livre).

Le background du jeu s'inscrit dans celui de n'importe quelle série B, c'est à dire un univers basique, proche de notre quotidien, qui ne diffère en cela de notre réalité que par la présence d'un (ou plusieurs) antagonistes particuliers. Par défaut, le jeu inscrit son contexte aux Etats-Unis (le cinéma américain sert d'influence presque unique à Dés de Sang), mais il est très aisément possible de transférer le cadre dans n'importe quel autre pays. La description en tant que telle est particulièrement mainstream (neuf pages éclatées sur l'ensemble de l'ouvrage), mais prend une forme appréciable, à savoir la novelisation par journal de bord des actes et pensées d'un "méchant" ; mieux écrit qu'à l'accoutumée lorsque ce genre de technique est utilisé dans un jeu de rôle, ces quelques pages ne sont pas tant une description de l'univers (qui est identique au notre) qu'une manière de faire passer les informations les plus importantes sur "l'état d'esprit" que se doit de véhiculer le jeu pour être efficace.

Mais cette description, finalement, n'est qu'une mise en bouche mineure face à la partie traitant du système de jeu ; à ce niveau, on ne peut être que très dithyrambique vis à vis du travail effectué par Willy Dupont. En effet, loin d'être accessoires, ces mécaniques de jeu sont ce qui font la plus grande réussite de Dés de sang, et permettent de le démarquer des nombreux jdra portant sur le même thème. N'y allons pas pas quatre chemins, ce système est un modèle d'accessibilité, de simplicité et d'efficacité, permettant de simuler autour d'une table l'inexorable avancée scénaristique. Ainsi, au fur et à mesure que l'histoire avancera, les actions et réactions des personnages se feront de plus en plus difficiles, permettant au scénario de débuter tranquillement avant de devenir de plus en plus compliqué au fur et à mesure de son avancée. En simulant de manière simple et intuitive les dégradations physiques et morales, les mécaniques de jeu parviennent à parfaitement compléter les scénarios.

Ces scénarios (cinq au total) reprennent ce qui fait l'essence du jeu, selon un format basique qui se duplique très facilement ; si les points de départ sont variés, les structures ne changent quant à elles que très peu d'une aventure à l'autre. Dés de sang ne propose ainsi aucune histoire chiadée, aucun véritable aspect "enquête" qui fasse fonctionner les cellules grises des joueurs, les scénarios tirant toute leur efficacité de cet aspect formel, et du suspens né des situations de plus en plus désespérées qu'il propose (à l'image des films qui ont servi d'inspiration au film). On touche d'ailleurs ici à l'un des aspects de Dés de sang qui pourra peut-être déplaire le plus, en ce qu'il s'agit assez ouvertement d'un jeu d'élimination. Ainsi on sait, dès le début de la partie, que rares sont les personnages qui survivront ; les malheureux qui passeront de vie à trépas en cours de partie ne pourront, finalement, que regarder leurs petits camarades continuer à jouer, en attendant qu'un ou plusieurs d'entre eux les rejoignent.

En cela, Dés de sang se pose donc comme un jeu apéritif à la durée de vie fatalement limitée par sa nature. Nous ne sommes pas là en présence d'un jeu promettant de longues campagnes, mais au contraire d'un produit uniquement destiné à la mise en place de courts one-shots. S'il est important de préciser ce point, cela ne joue pourtant aucunement sur la qualité générale du jeu, qui a su adapter son format à ces contraintes. Dés de sang ne coûte ainsi pas très cher (moins de 20€), se lit rapidement et facilement, et ses scénarios peuvent aisément être mis en place dans l'urgence, pour meubler une soirée sans partie de plus grande envergure. La lecture même du jeu - passé une maquette quelque peu austère - est déjà un excellent moment : correctement écrit, entrecoupé de répliques cultes tirées des classiques du genre et de dessins relativement funs qui collent parfaitement aux thématiques abordés, il donne envie de passer derrière un écran pour jouer avec les nerfs des joueurs...

La conclusion de à propos du Jeu de rôle : Dés de sang [2011]

Vincent L.
85

Dés de Sang propose un format de jeu prêt à jouer basé sur une ambiance générique de "film d'horreur". Par rapport à Brain Soda, il s'appuie moins sur une ambiance nanardesque que sur des thématiques de séries B bourrines et sanglantes. Armé d'un système de jeu simple et bien pensé, il propose ainsi aux joueurs de s'immerger dans des ambiances de slasher et de survival, et de tenter de faire survivre leur personnage face à une menace dangereuse et hautement hostile. Tous autour de la table ne survivront pas, la question est : qui sera le plus fort et le plus futé ?

Que faut-il en retenir ?

  • Accessible à tous,
  • Système jeu de simple et bien pensé,
  • Format adapté au concept,
  • Cinq scénarios proposés,
  • Excellent rapport qualité/prix.

Que faut-il oublier ?

  • Elimination des joueurs obligatoire,
  • Durée de vie par définition limitée.

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