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Critique du Film d'animation : The Prodigies
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Critique du Film d'animation : The Prodigies

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 20 juin 2011 à 1402

Adaptation de roman décevante...

Si Renaissance n'avait malheureusement pas trouvé le succès qu'il méritait lors de sa sortie cinéma, il avait tout de même réussit à mettre en lumière le travail exceptionnel d'un studio ambitieux : Onyx Films. Aux antipodes des canons américains du film d'animation, le film de Christian Volckman avait cela de remarquable qu'au delà de son histoire classique, il s'appuyait sur un parti pris artistique inédit, pour finalement aboutir à un film unique en son genre. On attendait donc avec une certaine curiosité le second long métrage à sortir de ce studio, et ce d'autant plus qu'il s'appuyait, une nouvelle fois, sur une technique d'animation originale (en effet, si le cell-shading n'est pas à proprement parler nouveau au cinéma - A Scanner Darkly, de Richard Linklater, en étant l'ambassadeur le plus fameux - son utilisation reste suffisamment marginale pour qu'il puisse encore demeurer intéressant) et qu'il proposait de retraiter les données acquises par motion capture autrement que par des procédés photoréalistes, marquant ainsi une vraie différence avec le cinéma américain.

Adaptation du roman La nuit des enfants roisThe Prodigies propose un récit adaptant très librement l'écrit de Bernard Lenteric. Sur le principe, la démarche de Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte avait cela de très intéressant que le livre adapté n'était pas à proprement parler très bon. En effet, passé un pitch de départ fort et intrigant, l'histoire s'avérait souffrir de nombre de lacunes : personnages sans profondeurs, histoire peu passionnante et conclusion bâclée en tête de file. On était donc intrigué de voir ce que ces deux scénaristes allaient écrire autour du point de départ du roman, et quels nouveaux axes narratifs ils allaient trouver pour traiter l'histoire de ces enfants rois. Ainsi, The Prodigies modernise le propos du roman de Lenteric (qui datait du début des années quatre-vingt), notamment en l'inscrivant dans des thématiques plus modernes. Malheureusement, au vu du résultat final, il est plus que dommage de s'apercevoir que, bien qu'elles aient été transformées, les tares du roman d'origine sont toujours présentes dans cette adaptation.

Ainsi, The Prodigies reprend tous les défauts du romans, mais sans réussir à en conserver les quelques points-forts. Si la transposition de l'histoire dans notre époque, via les concepts de toute-puissance des grandes firmes et du pouvoir des médias (encore que l'on se demande comment American Genius peut susciter autant d'enthousiasme), apporte un renouveau appréciable, il est pourtant dommage que les scénaristes aient à se point développé l'aspect surnaturel dans leur scénario, amoindrissant - annihilant presque d'ailleurs ! - tout l'impact dramatique des situations racontées, en les sortant d'une réalité tangible et en les dotant d'effets de style peu judicieux. Tel quel, le film ressemble à un mix grossier et maladroit de Matrix et de X-men, reprenant les effets visuels du premiers et les thématiques du second, mais sans réussir à proposer autre chose qu'un patchwork peu convaincant. Ainsi, sorti il y a quinze ans, The Prodigies aurait été un long-métrage révolutionnaire, aujourd'hui, il semble juste moisi et peine à supporter une quelconque comparaison.

Pour le reste, les ajouts et modifications ne s'avèrent pas beaucoup plus utiles. En effet, La Nuit des enfants rois souffrait déjà du syndrome "Jean-Christophe Grangé", à savoir qu'au delà d'un pitch vraiment intrigant, et d'un début de traitement donnant envie de se plonger dans une histoire que l'on devine passionnante, la trame narrative s'effondrait comme un château de carte au fur et à mesure du déroulement. The prodigies reproduit la même chose, alors même que l'histoire racontée est sensiblement différente : les personnages manquent cruellement de profondeur (certains de ces "enfants rois" n'étant d'ailleurs que des figurants), les situations évoquées sombrent souvent dans la caricature, le tout manque sérieusement d'une vraisemblance psychologique et la fin, toute inédite qu'elle soit, semble aussi bâclée que celle inventée par Lenteric. Pour celui qui s'était déjà cassé les dents sur le roman, cette adaptation est donc une vraie déception, tant il était envisageable et imaginable de transcender un point de départ aussi fort sur un écran de cinéma.

Visuellement parlant, les choses ne sont pas vraiment meilleures ; n'y allons pas par quatre chemin, The Prodigies est laid, hideux même à certain moment. Le design cell-shading très grossier dont souffrent les protagonistes empêche ainsi toute forme d'émotion de s'afficher sur les visages de marbre qui apparaissent à l'écran, et l'esthétique WoW des séquences dans lesquelles les enfants-rois perçoivent le monde retire au film tout véritable impact émotionnel (même si l'on imagine bien que cette technique aura été utile pour mettre en scène le viol d'une gamine de quatorze ans sans subir les affres de la censure). Résultat, on aura rarement eu aussi peu d'empathie pour des personnages dans un film d'animation, lesquels s'apparent à des marionnettes sans âmes auxquels ont a bien du mal à s'attacher. Au niveau des décors, les choses ne sont pas bien meilleures, la ville de New York ayant été modélisée de manière peu convaincante, avec des ruelles vides et des avenues finalement bien peu peuplées (on est loin de la réussite du Paris futuriste de Renaissance !).

Au final, s'il n'y a qu'une seule chose à retenir de The Prodigies, c'est bien la réalisation efficace d'Antoine Charreyron. C'est assez paradoxal, car d'un côté, il tombe dans toutes les figures imposées (encore du bullet-time, pitié !), d'un autre, il fait régulièrement preuve d'une audace visuelle très agréable. C'est ainsi quand le film sort des sentiers battus, notamment à l'occasion des séquences oniriques, que le réalisateur parvient à proposer des choses originales, qui sortent des sentiers battus, et qui, à défaut d'offrir au film plus de substance, permettent de l'inscrire dans une démarche artistique appréciable. Ajoutons à cela que le long-métrage est impeccablement rythmé (on ne s'ennuie pas devant, et ce même si l'on se fiche royalement de ce qui est raconté), et fait souvent preuve d'une sorte de rage visuelle offrant au film quelques séquences malgré tout appréciable, et ce en dépit du manque d'empathie lié au visuel calamiteux, ainsi que du sérieux manque d'implication d'un casting vocal somme toute assez pauvre.

La conclusion de

Si La Nuit des enfants rois était un roman plus que moyen, son adaptation cinématographique, malgré toutes les libertés prises avec l'histoire, souffre des mêmes défauts : histoire peu aboutie, personnages sans profondeur, conclusion bâclée et incohérences diverses. Ajoutons à cela une esthétique globale ratée, tant dans le design des personnages que dans la modélisation de la ville, et The Prodigies se pose comme une production dénuée d'âme à laquelle on a bien du mal à s'attacher. Reste que la réalisation d'Antoine Charreyron s'avère efficace, rythmant correctement le film et lui offrant quelques séquences remarquable. Mais du studio qui nous avait offert Renaissance, on était en droit d'attendre mieux que ça...

Que faut-il en retenir ?

  • Mise en scène efficace et rythmée,
  • Quelques séquences remarquables,
  • Une adaptation qui sait s'éloigner du roman.

Que faut-il oublier ?

  • Manque sérieusement d'émotion,
  • Aucune force dramatique dans l'histoire,
  • Scénario très faible,
  • Personnages sans profondeur,
  • Casting vocal très moyen,
  • Esthétiquement raté.

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