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Critique de la anthologie : La Guerre [2011], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le jeudi 2 juin 2011 à 23h52

S'en va-t-en guerre...

"La fin ressemble à un oeuf mal cuit, mou, opaque et presque invisible dans la couche de détritus qui couvre le macadam. Quand ça vous pète à la gueule, il n'y a pas grand-chose que vous puissiez encore faire, à part hurler, saigner et peut-être supplier si vous croyez encore au pardon..."

Sur le thème de la guerre, quatorze auteurs français ont écrit des textes rassemblés par Merlin Jacquet et Yael Assia dans une anthologie publiée dans la jeune maison d'édition Hydromel édition. Avec un thème aussi général, les sujets et les angles d'attaque ne manquent pas et les nouvelles ici présentes offrent un spectre large de possibilités.

Dans cette anthologie, la guerre, c'est celle qui se déroule en ce moment même, celle qui s'est déroulée dans un passé proche (on en vit les conséquences immédiates) ou la guerre imminente.
Ainsi, depuis cet angle temporel, on distingue les textes réalistes ou ayant lieu dans un cadre ultra réaliste (qui se passent pendant le conflit israélo-palestinien, en Afrique Noire, en Irak, en ex-Yougoslavie ou en Irlande) et ceux qui s'échappent complètement à la réalité.

On se transpose dans le futur avec le texte sur le chemin de retour de Léo Henry, qui nous raconte le retour de Tobias, Kurt, Alessandro et le narrateur, infiltrés à l'intérieur des lignes ennemies d'une dictature particulièrement dure. La question que se posent les différents acteurs est celle-ci: si je survie à cette mission, j'aurai le pouvoir de tuer. Alors que vais-je faire de ce meurtre ?
On revient dans un réel un peu moins drôle, comme si le sujet s'y prêtait vraiment, dans la nouvelle de Luvan, Mahrem, l'histoire d'Imke, une doctorante en archéologie chargée de remplacer le docteur Sigmund Johannes sur le lieu de fouilles en Erythree, après la guerre civile qu'on lui connaît. Le problème pour les chantiers est que les zones sont truffées de mines. On apprend que la chaleur, la tension et d'autres facteurs vont affecter la jeune femme. Un joli personnage.

La nouvelle de Stéphanie Benson, Traces de pas à l'envers dans la neige, est artistique. La photographie en est le sujet et l'on garde également en mémoire de ce texte une espèce de cliché. Il s'agit d'Isadora, une photographe de guerres qui a bourlingué aux quatre coins de la planète et couvrant tous les conflits en quête d'images fortes ; ne brave-t-elle pas les dangers pour de mauvaises raisons ?
Dans sa nouvelle, Stéphane Beauverger est aux antipodes de ses premiers romans assez sombres. Théâtre des opérations est une étrange parabole de la guerre, à travers la troupe dirigée par Monsieur Chat et parcourant les campagnes pour combattre la morosité des villes. Il s'agit d'un vrai combat à mort. Original.

Lui aussi habitué des concepts et des idées originales, Jérôme Noirez explique dans musique de la viande comment ce compositeur de musiques d'ambiance va honorer son nouveau contrat. L'idée est de composer une musique pour décourager les soldats sur le terrain. Cet auteur ne cesse de nous étonner. 
De son côté, Jacques Mucchielli réécrit la classique histoire du soldat intitulée ici Shrapnel mémento qui part à la guerre et laisse derrière lui sa fiancée. Il innove sur la forme en alternant 4 passages qui se répondent en canon.

Azrael et Haziel s'affrontent dans la bande de Gaza dans la querelle des anges égarés de Li-Cam. Ali, le fils de Palestiniens expulsés est témoin d'une joute surnaturelle que se livrent ces deux anges. Les symboles sont nombreux, les références aussi.
Le sujet du texte Guntown rejoint celui de Charlotte Bousquet en fin de recueil. Ceci étant, Jean-michel Calvez l'introduit de manière plus détournée. Le narrateur décrit sa visite d'un des lieux les plus secrets d'Afrique, au milieu de nulle part: un immense marché couvert et camouflé capable de contenir des avions.

Pierre Bordage reprend dans terre promise un thème que deux autres auteurs ont décliné en des centaines de pages récemment (Déluge et Les Quarante signes de la pluie): les réfugiés climatiques. Il réussit en un texte condensé à résumer l'enjeu principal, c'est à dire la lutte pour les terres immergées.
Un des textes les plus frappants est celui de Lucie Chenu. Niche, cabane, ya! est l'histoire de cette jeune serbe sur le point de se marier en 1999 lorsque les bombardements de l'OTAN contaminent durablement le pays. Les images sont fortes.

La plus grosse nouvelle de l'anthologie est celle de Lionel Davoust, point de sauvegarde. Il y est question d'androïdes créés à partir de condamnés à mort dont l'esprit a été numérisé et stocké pour le cas où leur mission tourne mal. Ce jour là, ils sont envoyés pour détruire le brouilleur d'un complexe qui abrite des terroristes en pleine jungle amazonienne. Une histoire à la Predator captivante de bout en bout.
Retour à l'ultra réalité avec Brandons de Jess Kaan. En Irlande, Brian part à la recherche de son frère Sean, après la mort de Bobby Sands. Il se retrouve lié à l'IRA.

Direction l'Afrique Noire avec Charlotte Bousquet. La jeune fille et la mort est un texte sur les enfants soldats. Même constat que pour la nouvelle précédente: c'est bien écrit mais ce n'est pas de l'imaginaire. Malheureusement.
Le texte de Laurent Queyssi qui clôt l'anthologie est aussi décalé que celui de Stéphane Beauverger. Sous la forme d'une pièce ou d'un scénario de série TV, un café dans les ruines est le dialogue entre Jimmy et Loïs, après que tous les missiles ont détruit les grandes villes dehors. L'homme aux collants va-t-il pouvoir faire quelque chose ?

La conclusion de à propos de la Anthologie : La Guerre [2011]

Manu B.
80

Cette anthologie, au delà du fait de rassembler de grands noms de la science-fiction française, est d'un bon niveau. Certains textes s'en distinguent pour des qualités différentes. On souhaite qu'Hydromel éditions puisse réitérer l'opération.

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