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Critique du Roman : Mordre le bouclier
Mordre le bouclier >

Critique du Roman : Mordre le bouclier

Avis critique rédigé par Manu B. le mercredi 1 juin 2011 à 2108

Réunion d'âmes perdues

"Zoire avait froid. L'homme marchait dans le couloir venteux et la peau de son cou se hérissait. Ses socques, ses hautes semelles de bois ne savaient pas l'isoler de la gelure des pierres du sol, et il ne sentait pour ainsi dire rien à partir des mollets. Sauf le froid de la terre remontant jusqu'à l'étage du château. Ses pieds étaient aussi pesants et durs que des moellons; ses mains, des serres aux articulations juste assez tièdes pour pouvoir être douloureuses; son visage si insensible qu'il ne savait pas s'il morvait..."

Chien du Heaume n'a pas retrouvé son nom. Et même la mort de son père ne lui a pas permis de calmer cette rage que possèdent parfois les bêtes sauvages et contaminées. Elle n'est ni apaisée ni rassasiée. Elle est en sus diminuée, mutilée; la perte de ses doigts la rend plus fragile que jamais. Toutefois, elle en ressortira grandie lorsque Regehir le forgeron et la guerrière Bréhyr lui fabriqueront une griffe en guise de main. Au moins, elle peut de nouveau tenir sa hache. Avec la guerrière, elle reprend goût à fouler les chemins caillouteux et les plaines arides. Avec Bréhyr, elle a une quête, celle de retrouver Herôon que la vieille et fière guerrière veut tuer. La piste mène à Tor, lieu où toutes les vérités seront dites...

Chien du heaume, paru en 2009 aux éd. Mnémos, récompensé par le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Imaginales du roman français, a désormais une suite.
Après deux années d'attente, Mordre le bouclier est le troisième roman de Justine Niogret, probablement consciente d'une certaine attente. Elle a pris le temps, ce qui n'est pas pour nous déplaire puisque ce nouvel opus va certainement faire de l'ombre à sa précédente oeuvre laquelle est largement dépassée tant par ses qualités stylistiques que par son ambiance sombre et oppressante de sa petite soeur.

Si l'on retrouve la même héroïne dans Chien du heaume et Mordre le bouclier, les deux romans ont très peu en commun. Vous aurez été prévenus.
Certes, c'est dans le même univers et du même genre, du médiéval fantastique (où la part surnaturelle est très limitée) brut, voire brutal, c'est à dire assez réaliste pour ce qu'on en sait aujourd'hui.
Mais si le premier est une quête initiatrice, la recherche d'un nom (qui apparaît ici presque futile; la dernière ligne de ce roman est, comme un pied de nez: "un nom ne vaut pas toute une histoire"), le second s'apparente plutôt à une recherche intérieure où la psychologie et la foi ont une grande part. Une quête beaucoup plus profonde puisqu'elle explore l'âme des héros.
Le décor a finalement assez peu d'importance, il défile comme un rêve et les descriptions sont peu nombreuses. Par contre, les tableaux qui apparaissaient épisodiquement dans le premier opus sont ici quasi omniprésents.
Certains marquent l'esprit durablement, tels le prologue ou celui de la confrontation entre Chien et sa mère, une joute verbale d'une violence inouïe. Celui qui oppose Chien (encore elle) et un homme à la gueule ravagée par les asticots accroche le coeur grâce aux descriptions très crues.

Sur la forme, Chien du heaume bénéficiait d'une recherche linguistique où les expressions moyenâgeuses (parfois inventées) côtoyaient le français mais dont la proportion était encore mal équilibrée. Ici, on peut observer le même phénomène, mais exécuté avec beaucoup plus de maîtrise. Le sentiment qu'il s'en dégage est - bien peu d'orfèvres de la langue en sont capables aujourd'hui - que la plupart des phrases semblent composées et rythmées selon une musique propre. Le résultat est spectaculaire et l'on se surprend parfois à ralentir sa lecture pour lire le texte mot à mot et savourer leur agencement.
Pour revenir enfin sur le fond, Mordre le bouclier, comme le souligne Jean-Philippe  Jaworski dans la postface, est aussi plein de références que le profane ne saurait déceler sans l'oeil avisé de l'auteur de Janua Vera lequel nous décrypte la nature des symboles émaillant le texte. 

Il y a encore beaucoup d’autres choses à dire, notamment sur les autres personnages, sur Bréhyr la guerrière devenue à moitié folle durant la quête qui l’a occupée pendant des décennies, Saint Roses le Croisé qui a perdu la foi en se cassant le genou devant Jérusalem la Ville Sainte, et la Petite qui a gagné son arbalète en tuant l’homme qui le possédait.

La conclusion de

Mordre le bouclier est une excellente suite. Justine Niogret passe un cap avec ce roman. A ce rythme, d'auteur en devenir, elle se fait une place de plus en plus importante dans l'imaginaire français, et nul doute, vu ce roman, qu'elle fera partie des écrivains majeurs dans un futur de plus en plus proche. C'est un joyau plus tout à fait brut.

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