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Critique du Musique : World Invasion : Battle Los Angeles
World Invasion : Battle Los Angeles >

Critique du Musique : World Invasion : Battle Los Angeles

Avis critique rédigé par Jonathan C. le lundi 30 mai 2011 à 1748

California Love

 

Battle LA jaquette

Découvert (si on en oublie les calamiteux Simon Sez et Le Quatrième étage) avec la musique planante du méconnu mais excellent Panic d’Henry Bromell (dont le téléfilm Last Call permettra au même compositeur de remporter en 2002 une première nomination aux Emmy Award) puis avec la musique inquiétante du Emprise de Bill Paxton (très bon film noir pour lequel Tyler fut nominé dans la catégorie de la Découverte de l’année aux World Soundtrack Awards) et surtout le célèbre thème de Children of Dune (utilisé un peu partout, jusque dans le générique de notre Pékin Express !), le jeune surdoué Brian Tyler est l’un des rares héritiers des compositeurs issus des années 80 comme Alan Silvestri, Hans Zimmer ou James Horner, auxquels on pense en écoutant la bande originale de World Invasion : Battle Los Angeles. Malgré les scores monstrueux et viscéraux de Traqué, Alien VS Predator : Requiem (si si) et surtout John Rambo, il reste très sous-employé (il aura même fait dans le DTV), en dépit de l’efficacité parfois inspirée et au minimum tonique dont il témoigne sur des films divers comme L’œil du mal, Bug, Final Cut (celui avec Robin Williams), Fast and Furious 4, Bubba Ho-Tep, Que Justice soit faite, les deux derniers Destination finale ou même les mauvais Prisonniers du temps, Bangkok Dangerous, Godsend et DragonBall Evolution. Son registre se situe généralement vers l’horreur et la science-fiction (il aime faire pousser les cuivres et exciter les percussions), mais il fait merveille aussi dans l’action. Ca tombe bien, le mélange action/SF/horreur est au centre de World Invasion : Battle Los Angeles, qui marque sa quatrième collaboration avec le réalisateur sud-africain Jonathan Liebesman (qui est de Johannesburg, exactement comme le réalisateur du similaire District 9), après Nuits de terreur, Massacre à la tronçonneuse : au commencement et The Killing Room, avec lesquels le compositeur californien s’était déchainé dans le registre horrifique et brutal.

Pour son premier véritable blockbuster (si l’on excepte l’oubliable Constantine et le délectable The Expendables, dont la musique était plutôt décevante), Battle Los Angeles lui offre l’opportunité de se lâcher complètement dans un registre ambitieux et mainstream. Avec ce mélange draconien entre Independence Day et La Chute du Faucon Noir, plus un film de guerre qu’un film d’invasion extraterrestre, Brian Tyler (qui retrouve quasiment la même équipe sonore que sur The Expendables) doit réveiller la fibre patriotique qui sommeille en chaque américain, éveiller le bon petit soldat qui se cache en nous et mettre en musique ce gigantesque shoot’em up live opposant des vaillants marines à des aliens belliqueux (on ne s’étonnera pas que le film ait été adapté en jeu vidéo, un Call of Duty du pauvre).

Brian Tyler en action

Battle Los Angeles à l’écoute, c’est donc du gros son, martial, puissant et éloquent comme un ultime grand discours patriotique dans un blockbuster américain. La musique de Tyler évoque notamment le Steve Jablonsky de The Island et des Transformers ou le travail à la guitare électrique de Ramin Djawadi (qui a lui aussi donné dans le score guerrier pour le remake à venir de L’Aube Rouge et l’OST bluffante du Medal of Honor de 2010), et plus généralement du Hans Zimmer gros calibre, notamment dans l’orchestration symphonique épique et emphatique (et Tyler s’y connait, lui qui a souvent dirigé le prestigieux London Symphony Orchestra). Brian Tyler créer un thème principal exaltant qui ressurgit dans de grands élans d’héroïsme comme le Battle Los Angeles Main Title, Command and Control (le même thème en version guerrière), Elegy (en version…heu, élégiaque), Redemption et Evac (en mode action trépidante), To Hell and back (en mode résurrection funeste voire christique), la deuxième partie d’Abandoning Los Angeles et la grisante Battle Los Angeles.

Avec Los Angeles Hymn (qui ouvre l’album), la très belle et contemplative Shelf Life, la fin d’Abandoning Los Angeles ou encore la libératrice et apaisante We are still Here, dernier morceau de la traklist qui répond comme en guise de victoire à la bataille annoncée avec Los Angeles Hymn (fermant ainsi la boucle de l’album), Brian Tyler se lance dans de superbes envolées lyriques de guitares électriques symbolisant la liberté défendue par l’Amérique, souvent suivies (par exemple dans la Los Angeles Hymn) de sonorités guerrières ou les notes résonnantes de guitare électrique se mêlent aux percussions militaires ou aux chœurs électroniques à la Hans Zimmer. Dans d’autres cas, les guitares électriques dérapent dans Redemption, ou surgissent par petites touches (d’action ou de mélancolie) dans To Hell and back, The Freeway et Regret.

Battle Los Angeles, c’est de l’action non-stop, véritable guérilla entre humains et extraterrestres dans laquelle nous plongent quelques purs morceaux d’adrénaline comme le Battle Los Angeles Main Title, la combative Command and Control, les nerveuses Redemption et Evac (très axées sur les mises en place de tactiques), la grondante Mobilized, la brève The Freeway, la mouvementée The Drone (pour l’une des grandes scènes d’action du film) et la bien-nommée Battle Los Angeles (qui, on s’en doute, berce l’ultime morceau de bravoure mené tambour battant). Difficile, à l’écoute de ces morceaux bourrins et immersifs qui font exposer les cuivres et les grosses percussions BOUM BOUM Jerry-Bruckheimeriennes afin de traduire efficacement le bouillonnement stratégique et l’effervescence pyrotechnique, de ne pas avoir envie de prendre illico les armes pour aller shooter de l’alien. Mais la playlist propose aussi d’étonnants élans de tristesse (Casualty of War et Regret, comme leur titre peut d’ailleurs l’indiquer), car il n’y a pas de patriotisme et de départ à la guerre sans drames et sans doutes.

Battle LA

L’utilisation rentre-dedans des chœurs agrémente le caractère solennel des compositions : la menaçante Arrival qui mêle désespoir et action, la Marines Don’t Quit qui porte bien son nom puisqu’elle passe elle aussi d’un désespoir mélancolique à une montée en puissance dramatique  (à en donner des frissons) annonçant une résurrection et l’action à venir, ou l’intense Elegy (le morceau le plus paisible du score, qui n’est pas sans rappeler certains morceaux d'Howard Shore sur la saga du Seigneur des Anneaux) même si elle semble ne pas avoir de fin, War Hymn (le score de The Rock n’est pas loin, et la première partie ressemble beaucoup à du Harry Gregson-Williams), To Hell and back (qui, là encore comme son titre l’indique, passe d’une contemplation funèbre à un revival excitant, d’une tranquillité mortuaire à un début d’action menaçant), l’inquiétante The World is at War (on pense à James Horner) ou même la fin de Redemption.

Chef d’œuvre de l’album : la très épique For Home, Country and Family, magnifique crescendo électrique s’arrêtant quelques instants sur des sonorités martiales (rappelant de nouveau le score de The Rock) avant de se lancer, toujours avec les percussions militaires en fond, dans une sublime envolée lyrique d’une puissance progressive à couper le souffle et/ou à donner la chair de poule (la séquence du film en question, les militaires qui partent sur le terrain, est d’ailleurs la plus belle du film). Dans sa construction et son instrumentalisation, For Home, Country and Family rappelle l’intense Freedom Fighters de Two Steps from hell, qui en aura marqué plus d’un dans le fabuleux trailer du Star Trek de J.J. Abrams. Le travail de Brian Tyler sur Battle Los Angeles est d’ailleurs très proche du remarquable score de Michael Giacchino sur Star Trek, et parfois même du score de Sunshine par John Murphy (notamment la renversante The Surface of the sun).

Ecouter religieusement ces titres excitants donnerait presque envie de partir immédiatement en guerre en bon petit soldat et de tirer frénétiquement sur les vilains aliens (qui, dans le film, sont clairement assimilés à des arabes). Mieux vaut isoler cette musique conquérante et emphatique de ce qu’elle illustre : un gigantesque spot propagandiste pro-marines (comme le fut Top Gun en son temps), l’Armée étant comme par hasard le premier fournisseur du film (armes, véhicules, etc.). C’est ainsi qu’au cours du film, le travail de Brian Tyler, mixé avec des bruitages immersifs qui ne font qu'accentuer l'impression d'être en plein jeu vidéo grandeur nature, est quelquefois parasité par de nombreux « Marines ! » clamés solennellement et par des propos patriotiques comme  « Retreat, Hell ! » (« Un Marine n’abandonne jamais ! ») ou le mémorable « My Little Marine (...), tu as fait ton devoir de citoyen en protégeant les Marines » dit par le héros à un pauvre gamin qui vient de perdre son père. Tyler s’est donc mit au service d’un blockbuster primaire et généreux jusqu’à l’overdose, un plein d’adrénaline et de sensations dont on ressort sonné comme après une attraction, mais aussi impressionnant et titanesque visuellement que moralement déviant et dépassé. Harry Gregson-Williams avait génialement parodié ce genre de score avec Team America (qui vise exactement les machines de guerre américaines comme Battle Los Angeles), mais Brian Tyler a l’intelligence de ne pas appuyer sur la fibre patriotique. Mieux : la musique de Tyler, qui semble réellement résonner dans la tête des personnages et battre dans leur coeur, raconte plus de choses que le film, comblant presque le néant du scénario.

L’album est donc uniquement consacré au score galvanisant de Brian Tyler qui, comme le film, laisse à bout de souffle. Pas de traces du culte California Love de Tupac Shakur et Dr. Dre entendu dés le début du film (jolie note d'intention), ni du morceau qui avait fait sensation sur le trailer de Battle Los Angeles, le sublime Sun's Gone Dim de Johann Johannsson (artiste islandais que beaucoup ont découvert grâce à ce trailer). Sans atteindre les scores terrassants de Starship Troopers ou La Guerre des Mondes, Brian Tyler (et le réalisateur) illustre le genre (nouveau pour lui) plus comme un pur film d’action que comme un film de science-fiction.

le beau gosse Brian Tyler et sa dulcinée lors d'une avant-première de

La conclusion de

Le talentueux Brian Tyler a enfilé un treillis et s’est armé d’un Famas pour composer une musique guerrière puissante façon blockbuster old school (un goût de Bruckheimer mais aussi et surtout de James Horner), insérant au cœur de l’action quelques plages plus contemplatives et élégiaques. Les guitares électriques et les cadences martiales explosent sous le soleil californien, pour un score épique, vibrant et nerveux dont le thème principal reste ancré dans la mémoire et resurgit fréquemment dans les nombreux morceaux de bravoure du récit. Un grand spectacle sonore !

Que faut-il en retenir ?

  • Bourrin (jouissif)
  • Un thème principal fort
  • On se croirait vraiment sur le terrain au cœur de l’action
  • Une For Home, Country and Family à réveiller les morts
  • Qualité de production irréprochable

Que faut-il oublier ?

  • Bourrin (pas très subtile)
  • Quelques répétitions
  • Rien de très original

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