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Critique du Film : La Fontaine de Jouvence
La Fontaine de Jouvence >

Critique du Film : La Fontaine de Jouvence

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 31 mai 2011 à 1304

Ca commence à sentir le sapin...

Avouons le, pour une fois, les producteurs ne nous ont pas pris en traitre en nous faisant le coup de la trilogie prévue d'avance qui, en fait, aura finalement eu un quatrième volet quand même cohérent et certainement pas motivé par des raisons financières (mauvaise fois, quand tu nous tiens !). En effet, à l'époque du troisième volet, Johnny Depp annonçait déjà vouloir rempiler dans une suite, au plus grand bonheur des producteurs et distributeurs qui se gavaient de billets verts après les triomphes des opus 2 et 3. Quatre ans plus tard, donc, Jack Sparrow revient pour une nouvelle aventure reprenant tous les ingrédients de la saga : aventure marine, méchant surnaturel, créatures des profondeurs, objets magiques, humour bon enfant et histoire de vengeance. Cette fois, c'est vers la mythique Fontaine de Jouvence que se dirigent les divers protagonistes, attirés par la promesse d'une vie éternelle et d'un box-office juteux.

Alors que les trois premiers films tournaient autour du couple Will Turner/Elisabeth Swan (si, si, même si ça se voit de moins en moins au fur et à mesure de l'avancée de la saga), les scénaristes se sont désormais assumés en mettant au premier plan Jack Sparrow ; exit, donc, l'homme invisible (Orlando Bloom) et le quota féminin (Keira Knightley), ainsi que la ribambelle de seconds rôles qui leur étaient attachés (Jonathan Pryce, Jack Davenport, etc.), en fait, n'ont survecu à la trilogie que trois personnages : Sparrow (bien évidemment), Barbosa et Gibbs. Pour le reste, en revanche, le scénario ne change pas sa méthode, reprenant ce qui faisait la force des opus des précédents, tant sur le fond que sur la forme. L'idée, au final, n'est ainsi pas de sortir quelque chose d'ambitieux, mais plus de donner au spectateur la même chose qu'avant, afin de les contenter à nouveau ; sauf que maintenant, la mayonnaise commence malheureusement à tourner...

La faute en revient à deux postes, pourtant majeurs dans la création d'un film. D'un côté, Ted Elliott et Terry Rossio, scénaristes de tous les opus qui, de plus en plus, livrent des scripts très passables. Alors que La Malédiction du Black Pearl s'appuyait sur un scénario bien construit - à défaut d'être vraiment original - ses suites se sont toujours vautrées en tentant de reproduire la même expérience, les touches de "plus" ("plus" de combats, "plus" d'explosions, "plus" de surnaturel, etc.) annihilant fortement l'esprit global qui régnait sur le premier opus. La fontaine de Jouvence est du même acabit : un script écrit autour de séquences qu'il faut impérativement caser, mais négligeant tous ses autres aspects : l'histoire est prévisible, le scénario abuse de facilités et de deus ex-machina honteux, les péripéties sont régulièrement inutiles, les personnages sont à peine travaillés, l'humour est constitué de gags réchauffés. Globalement, donc, tout ça sent vraiment le moisi...

De plus, le deux scénaristes sont définitivement tombés dans le côté disneyien de la franchise, notamment en transformant Sparrow en véritable héros. Mais où est ce personnage pleutre qui n'hésitait pas à abandonner ses compagnons dans les volets précédents ? Ici, exception faite du côté excentrique du personnage, on retombe dans la figure imposée, la firme de Mickey ne pouvant définitivement pas se résoudre à créer un film autour d'un personnage détestable (même si ce n'est que légèrement). Sparrow, désormais, n'hésite pas à sauver ses compagnons, agit avec altruisme, et n'a finalement plus de "pirate" que le nom. Même constat du côté du méchant, avec un Barbe Noir digne d'un enfant de choeur, terriblement cruel mais en même temps très consensuel, qui va toujours y réfléchir à deux fois (ou plus) avant de faire passer quelqu'un de vie à trépas. Ils sont désormais loin les vilains sans pitié, bienvenue dans le monde des bisounours.

De l'autre côté, Rob Marshall, à la réalsation, confirme son énorme potentiel de tâcheron. Certes, après Mémoires d'une geisha et Nine, on ne misait déjà plus rien sur lui, mais là, force est de constater qu'il s'est surpassé dans la médiocrité. En fait, La fontaine de Jouvence est un téléfilm, réalisé dans des canons télévisés : cadres serrés, plans américains, aucune envergure dans la mise en scène, aucune profondeur de champ. On croirait presque le long-métrage fabriqué uniquement pour une diffusion en prime-time ! Oubliez les décors exotiques (on en les voit que peu), les narrations un peu complexes (il ne se passe jamais deux choses en même temps) ou les fulgurances visuelles (avec lequelles Gore Verbinski réussissait à nous en mettre plein la vue). Ce quatrième volet de la saga Pirates des Caraïbes est donc particulièrement pauvre, souvent frustrant - les décors naturels ont l'air magnifiques au troisième plan - et accusant pleinement de son changement de réalisateur.

Malgré tout, le film parvient à légèrement surnager pour parvenir à s'imposer comme un divertissement à la limite de l'acceptable. En effet, en dépit de tous les boulets qu'il a accroché à ses jambes, le long-métrage bénéficie d'un rythme très soutenu qui fait que, malgré tout, on ne s'ennuie jamais devant. Le tout étant parsemé de quelques séquences chocs (qui ne semblent  pas avoir été mises en par Rob Marshall tant elles détonnent avec le reste du métrage !), réussies et marquantes (tout le monde va parler de l'attaque des sirènes, LA scène marquante du film), le résultat s'avère être aussi bancal que finalement distrayant. Il souffle toujours sur les mers des Pirates des Caraïbes cet esprit aventureux qui fait le bonheur des fans de la saga, et qui permet de donner au tout une ambiance et une atmosphère très appréciable. Si les amateurs s'y retrouveront clairement plus que les autres, il n'empêche que La fontaine de jouvence n'est tout de même pas si catastrophique que ça.

Techniquement, le film tiens correctement la route . Si certains effets spéciaux sont tout de même très perfectibles, l'ensemble jouit d'une bonne qualité globale. Même constat vis à vis des décors - naturels comme artificiels - très correctement mis en valeur par la photographie de Dariusz Wolski (dommage, cependant, que Rob Marshall ne leur rende pas honneur avec sa mise en scène de téléfilm ; le Queen Anne’s Revenge, ainsi, malgré des spécificités surnaturelles pleines de potentiel, n'est jamais valorisé dans le film au delà du simple statut de vaisseau trois mats). On pourra en revanche très sérieusement trouver à redire sur la partition très fainéante de Hans Zimmer, qui, sans être mauvais, se contente de reprendre mécaniquement et sans aucune inspiration les compositions que Klaus Badelt avait écrit pour le premier film.

Enfin, La fontaine de Jouvence bénéficie d'un casting de qualité, une nouvelle fois dominé par la prestation de Johnny Depp. Il est agréable de constater que ce dernier a levé le pied sur l'excentricité de son personnage, livrant une prestation proche de celle qui avait fait son succès dans le premier film. A ses côté, Geoffrey Rush tient toujours aussi impeccablement son rôle, faisant passer une véritable alchimie entre son personnage et celui de Depp (les scènes avec Sparrow et Barbosa comptent parmis les meilleures du film). Côté petits nouveaux, Penelope Cruz et Ian McShane livrent des prestations honorables, et ce en dépit de protagonistes vraiment très mal écrits. Ainsi, en dépit d'un talent indéniable, leurs personnages ne parviennent pas à décoler ; si Penelope Cruz fait tout de même mieux que Keira Knightley (mais ce n'était pas dur), Ian McShane fait tout de même pâle figure à côté de ces deux méchants d'anthologie qu'étaient Barbosa et Davy Jones. Dommage...

La conclusion de

Au final, ce quatrième opus de la saga Pirates des Caraïbes s'avère être un divertissement rythmé, mais jamais plus que cela. Plombé par une réalisation franchement médiocre, et jamais mis en valeur par un scénario plus que passable, les nouvelles aventures de Jack Sparrow sont sauvées in extremis par un casting de qualité et un esprit aventureux toujours présent. Cependant, avouons que l'on est désormais bien loin du premier opus, qui avait eu le mérite de proposer des choses originales ; tel quel, La Fontaine de Jouvence reprend un par un tous les ingrédients de la saga sans jamais s'en écarter. Il serait temps de proposer quelque chose de nouveau... ou d'arrêter...

Que faut-il en retenir ?

  • Un excellent casting,
  • Quelques séquences réussies,
  • Conserve son esprit aventureux,
  • Un rythme conséquent,
  • Travail technique correct.

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation digne d'un téléfilm,
  • Histoire très prévisible,
  • Scénario plus que passable,
  • Humour qui ne fonctionne plus vraiment,
  • Effets spéciaux parfois vilains,
  • Devient vraiment un "Disney" inoffensif.

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