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Critique du Film : The Tree of Life
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Critique du Film : The Tree of Life

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 17 mai 2011 à 1228

Une esthétique vide de toute substance...

Terrence Malick est un cinéaste particulier. Tournant très peu (avec cinq films en un peu moins de quarante ans, il peut être perçu comme la parfaite antithèse de Takashi Miike), il a offert au cinéma quelques long-métrages qui ont su diviser le public, certains voyant dans son travail l'oeuvre d'un génie, d'autre celui d'un simple formaliste se complaisant à filmer des fougères. Cependant, quel que puisse être le côté dans lequel on se trouve, on pourra aisément défendre son point de vue contre la partie adverse, le cinéma de Malick étant aussi facilement défendable que criticable. Mais à l'instar de tout ces réalisateurs qui ne laissent pas leur public indifférent - tendant ainsi à prouver qu'ils ont bel et bien quelque chose à apporter - la sortie d'un film de Terrence Malick est en soit un évènement ; en témoigne ainsi son dernier long-métrage, The Tree of Life, vendu aux cinéphiles sur le nom du réalisateur plus que sur celui des deux grosses mégastars américaines qui occupent le haut de l'affiche.

Ainsi, après un Nouveau Monde relativement faible - du moins, au regard d'autres de ses oeuvres, telles que La Ligne Rouge ou Les moissons du ciel - on attendait avec impatience le retour de Malick. D'autant qu'il était annoncé que son nouveau film, The Tree of Life, était en préparation depuis une trentaine d'années, ne pouvant désormais voir le jour que grâce à la magie des nouvelles technologies actuelles. Ambitieux, le long-métrage était vendu comme une fable cosmique qui s'articulerait autour d'un drame intimiste (le titre du film, The tree of life étant déjà fourd de significations). Autant dire, donc, qu'on l'attendait avec impatience ce cinquième long-métrage, se présentant sur le papier comme le film le plus ambitieux de Terrence Malick, maintes fois repoussé par le cinéaste (le film aurait normalement du être présenté au Festival de Cannes... de 2010 !). Et pourtant, en dépit de cela, The Tree of life est un échec, classieux et magnifique, certes, mais un ratage malgré tout.

On retrouve, dans The Tree of Life, toutes les obsessions qui ont traversé le cinéma de Terrence Malick : la force de la nature par rapport à la petitesse de l'homme, le rapport à la religion, les actes des personnages qui engendrent des conséquences qu'ils ne savent pas anticiper. Mais ici, tout cela est placé dans un marasme métaphysique au combien bordélique. La force de Malick, dans ses précédentes créations, fut de les placer au coeur d'histoires consistantes, qui servaient de point d'appui solides à ses réflexions et à la mise en place de ces thématiques. Ici, assez clairement, Malick se fiche royalement de ce qu'il raconte, n'étant très visiblement intéressé que par le pan métaphysique de sa démonstration. Pourtant, sur le fond, cette histoire, simple et universelle, possédait intrinsèquement un potentiel dramatique fort (la mort d'un enfant, les causes et répercussions sur la famille) ainsi qu'une optique de traitement ambitieuse (notamment avec le décalage temporel des histoires).

Mais Malick passe clairement à côté de cette histoire, ne la traitant que de manière partielle (et souvent laborieusement). Certes, certaines séquences demeurent remarquables, notamment dans la partie centrale lorsque le film traite des rapports entre les enfants et les parents, mais cela reste globalement lacunaire. En témoigne ainsi la partie avec Sean Penn, théoriquement la plus intéressante, et qui en fait figure que d'anecdote dans le film (Sean Penn, pourtant tête d'affiche, ne s'apparente finalement qu'à un figurant !). En traitant les causes (et encore, très partiellement), mais en négligeant les actes et les conséquences, Terrence Malick prive ainsi son film de toute puissance dramatique. Quant aux réflexions métaphysiques pompeuses, difficile d'être indulgent tant elles sont pauvres au niveau de leurs significations ; celles-ci donnant lieu à des démonstrations balourdes - la création du monde, pitié ! - elles en deviennent de plus en plus imbuvables au fur et à mesure que le déroulé progresse.

En mélangeant les époques, les points de vue et les références bibliques, Malick a donc fabriqué un film terriblement bordelique, parsemé, ici et là, de véritables fulgurances visuelles, mais qui peine à provoquer chez le spectateur autre chose qu'un simple plaisir esthétique. Dénué de toute dramaturgie, son film ne se vit pas, n'intéresse que très peu (et de manière éparse), et, finalement, ne s'apparente qu'à un gigantesque tableau dénué d'âme, créé par un artiste aussi talentueux que complètement perdu dans les méandres d'une présomption fautive. On savait le réalisateur plus porté sur la forme que sur le fond, mais ce travers atteint ici un extrême peu souhaitable. Cela se sent notamment dans sa direction d'acteurs, assez médiocre, qui n'offre à Brad Pitt et Sean Penn que des rôles insignifiants (et ce même si les deux acteurs livrent des jeux somme tout assez solides), ou dans un montage approximatif qui peine à équilibrer de manière convaincante les différentes parties du film.

Reste que Terrence Malick demeure un formaliste hors-pair. Son talent visuel et son sens de l'esthétisme ne souffrent d'aucune fausse note, et même si l'on pourra lui reprocher un début de redite quant à certains plans, avouons que le film est d'une beauté indéniable (le travail d'Emmanuel Lubezki est tout simplement parfait). On pourra cependant regretter de le cinéaste ne se soit pas plus investi dans la partie au milieu des grattes-ciels. En effet, pour la première fois de sa carrière, Malick filme les villes et les bâtiments architecturaux (et la nature au milieu de tout cela bien sur), et le résultat est on ne peut plus convaincant, ce dernier s'avérant aussi à l'aise pour mettre en valeur les constructions humaines qu'il l'est pour filmer la nature ; on aurait ainsi aimé qu'il développe cet aspect plutôt que de nous resservir ses traditionnelles mains qui carressent les herbes hautes. Tel quel, on a également l'impression que Malick est quelque peu passé à côté d'une réalisation encore plus aboutie. Dommage...

La conclusion de

Les détracteurs du cinéma de Terrence Malick vont pouvoir jubiler, car pour la première fois, le cinéaste livre un long-métrage difficilement défendable. Asséné avec énormément de prétention, le message métaphysique et biblique véhiculé par The Tree of Life est un ratage total, à la fois balourd dans sa construction et très pauvre dans ce qu'il a à dire. Le problème, c'est que pris dans ses interrogations de pilier de comptoir, Malick en oublie de raconter son histoire - pourtant assez intéressante sur le fond - et retire tout le potentiel dramatique de son film. Reste des images esthétiquement remarquables, ainsi qu'une construction formelle sans faute, qui confirment Malick comme l'un des cinéaste majeurs de son époque, et ce même dans l'échec.

Que faut-il en retenir ?

  • Une esthétique fabuleuse,
  • Quelques scènes éparses réussies.

Que faut-il oublier ?

  • Passe complètement à côté de son histoire,
  • Une branlette métaphysique sans intérêt,
  • Un film totalement bordélique,
  • Un casting de luxe pour de la figuration.

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