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Critique du Film : Urban Explorer

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 12 avril 2011 à 13:24

Un survival de plus...

Depuis que le succès de The Descent, de Neil Marshall, on ne compte plus les films surfant sur la vague du film de monstre "souterrain". De sa suite opportuniste (le médiocre The Descent 2) à des DTV moisis (La Crypte), les producteurs se sont visiblement trouvés un nouveau sous-genre qui leur permet d'avoir accès à des lieux de tournage à moindre frais, tout en surfant sur une mode pour l'instant encore lucrative. Urban Explorer joue ainsi à fond la carte de la copie, ne cachant pas ses influences et se positionnant plutôt honnêtement comme un sous-produit jouant sur les mêmes codes et les mêmes ficelles scénaristiques. Six jeunes vont ainsi aller explorer les sous-sols de Berlin, à la recherche de conduits secrets et de bunkers construits par le Troisième Reich, cherchant à se faire un trip "grand frisson" ; et ils ne seront pas déçus, car dans ces sous-sols vivent des individus extrêmement dangereux : des néo-nazis et des allemands de l'Est farouchement opposés à la réunification de l'Allemagne.

Si ces lignes vous ont gentiment fait ricaner, sachez cependant que Urban Explorer n'est pas du tout un nanar voulant jouer la carte du fun et du second degré. Très visiblement, Martin Thau et Andy Fetscher ont adopté une démarche hyper sérieuse, très premier degré, un peu comme s'il n'avaient pas bien saisit toute la bêtise de ce qu'ils étaient en train de nous raconter. Ainsi, après une mise en bouche intéressante, où les personnages explorent assez gentiment les sous-sols interdits de Berlin (les claustrophobes apprécieront), les choses commencent à partir dans un grand-guignol de tous les instants, alors que l'on va croiser quelques autochtones caricaturaux, et notamment celui qui servira de méchant à l'histoire, lequel est juste d'un ridicule affligeant. Il est probable qu'avec un peu moins de sérieux, et un peu plus de dérision dans leur démarche, Fetscher et Thau auraient pu accoucher d'une série B fort sympathique, mais en l'état, on est seulement affligé par ce qui nous est montré à l'écran.

Pourtant, derrière la caméra, Andy Fetscher livre une mise en scène appliquée, connaissant visiblement les codes et les références du genre, et les transposant comme un bon élève dans son long-métrage. Si Urban Explorer ne possède aucune véritable fulgurance visuelle, il n'empêche que le résultat purement formel demeure malgré tout satisfaisant, le film allant de passages d'exploration claustros en courses-poursuites efficaces, en passant par des scènes de torture parfois gentiment gores. Ceci dit, peut-être par manque de confiance dans son travail - après tout ce n'est que son second film - Fetscher ne peut s'empêcher d'utiliser à outrance la bande-son de son film ; c'est bien simple, quoi qu'il puisse se passer à l'écran, tout est toujours accompagner d'un effet son strident destiné à faire sursauter le spectateur. Le résultat obtenu est inverse à celui qui était voulu, passé la première demi-heure, cela ne fait qu'agacer (et ce d'autant plus dans une salle de cinéma où l'on est pas maître du son).

Et cela ne met pas non plus dans de bonnes conditions pour accepter les inepties scénaristiques véhiculées par le script. Parce que reconnaissons que l'ancien officier des services secrets qui refuse la réunification de l'Allemagne et qui capture et torture les jeunes parcourant les sous-sols au nom d'une justification politique bidon, c'est juste grotesque. D'ailleurs, Klaus Stiglmeier, qui prête à ce méchant son visage bien particulier et son physique imposant, cabotine à mort dans son interprétation - presque théâtralement d'ailleurs ! - un peu comme s'il n'était pas spécialement au courant du sérieux du scénario et des intentions du réalisateur, et qu'il avait décidé de surjouer pour accentuer le côté second degré de son personnage. A noter, dans le même ordre d'idée, que face à lui, les jeunes acteurs tiennent plutôt bien la route, certes dans un jeu plus traditionnel, mais ce qui peut s'apparenter à une gageure avec ces rôles que l'on pourrait aisément résumer à de simples stéréotypes.

Au niveau des péripéties proposées pour nous faire tenir en haleine, les choses ne sont pas nécessairement plus brillantes. Passé une séquence d'introduction sympathique, débouchant sur un accident relativement crédible, les choses commencent à partir dans tous les sens au gré d'un scénario mal structuré. L'objectif étant visiblement de faire tenir le film jusqu'aux quatre-vingt dix minutes réglementaires, Martin Thau n'y va pas de main morte dans les  artifices scénaristiques, entre sauvetages crédibles et aller-retour misérablement justifiés dans la tanière du méchant. La dernière partie, dans le métro berlinois, sombre dans le grand-guignol et la surenchère peu crédible. Tout l'épilogue, notamment, donne vraiment l'impression que le scénariste a voulu tirer plus que de raison sur son sujet, le poussant bien au delà de ses limites (et de la patience du spectateur). Le rythme, jusqu'ici assez correctement maintenu, s'y effondre, mettant d'autant plus en valeur tous les défauts du films.

Reste malgré tout quelques passages amusants, le film bénéficiant d'un aspect technique très correct, et ne semblant jamais dépassé par un budget que l'on devine malgré tout assez étroit. Si les scènes gores ne sont pas légion, elles sont tout de même suffisamment bien ficelées pour satisfaire l'amateur d'horreur light, et les séquences opposant le personnage de Denis à son bourreau demeurent assez intéressantes à regarder, le gamin étant finalement moins décérébré que prévu (ce qui laisse frustré par la rapidité à laquelle est expédié son funeste destin). Le tout rend ainsi le film regardable, lui conférant, sinon une vraie tension, au moins un rythme très acceptable (du moins dans ses deux premiers tiers). Il est cependant dommage que le film manque de réelle ambition, et passe à côté d'un sujet très intéressant (les Urban Explorers proprement dits) pour finalement n'être qu'un autre survival, qui, en plus, ne parvient pas à se démarquer de sa concurrence.

35

Urban Explorers est, assez ouvertement, un produit surfant sur le succès de The Descent. Cela aurait pu être d'une série B malgré tout efficace, mais le film se trouve plombé par ses failles scénaristiques, de son méchant grand-guignolesque ("meurt, pourriture communiste !") à ses retournements de situations téléphonés en passant par un final interminable. Le tout est d'autant plus désagréable qu'Andy Fetscher, en dépit d'une mise en scène somme toute assez appliquée, décide d'appuyer chaque péripétie par des effets sonores aussi faciles que désagréables. Au final, on ressort donc d'Urban Explorer avec une migraine, ainsi que la désagréable impression d'avoir perdu son temps devant un film sans réelle ambition.

Critique de publiée le 12 avril 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une mise en scène appliquée,
  • Techniquement correct,
  • Des comédiens qui tiennent la route.

Que faut-il oublier ?

  • Globalement convenu et prévisible,
  • Une histoire ridicule,
  • Un méchant qui prête à rire,
  • De nombreuses lacunes scénaristiques,
  • Un abus d'effets sonores insupportables,
  • Un film qui finit par tirer en longueur.

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