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Critique du Recueil de nouvelles : Dilvish le damné
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Critique du Recueil de nouvelles : Dilvish le damné

Avis critique rédigé par Manu B. le dimanche 6 mars 2011 à 1557

Dilvish le damné

"Lorsque Dilvish le Damné quitta Portaroy, l'ennemi tenta de l'arrêter à Qaran, à Tugado, Maesta, Mycar et enfin Bildesh. Cinq cavaliers, postés de loin en loin sur la route de Dilfar. Chaque fois que l'un d'eux, épuisé, abandonnait la poursuite, le suivant le remplaçait avec une monture fraîche, mais nulle n'était aussi rapide que Ténèbres, le cheval d'acier qui avait coûté son âme au colonel de l'Est - s'il fallait en croire la rumeur..."

Dilvish le damné est un fix-up de onze nouvelles écrites sur une période d'une vingtaine d'années (La route de Dilfar et la ballade de Theline datent de 1965 et le recueil a été achevé en 1982 lors de sa parution), commencé donc avant le premier volet du Cycle des Princes d'Ambre. L'histoire de ce mage guerrier dans la plus pure tradition est enfin traduite et publiée aux éd. Denoël coll. Lunes d'encre dans une intégrale réunissant aussi Terres changeantes.

Dilvish est l'un de ces personnages typiques d'heroic-fantasy. Il répond à la description que l'on a du mage guerrier que l'on a incarné dans les jeux de rôle (du type AD&D) qui, en alliant sa dextérité à l'épée à la maîtrise de puissants sorts, lui donne l'équilibre harmonieux entre les arts magiques et de combat singulier.
Ceci étant, Roger Zelazny casse l'image lisse de ce personnage en lui adjoignant un compagnon de route très singulier: Ténèbres est un démon qui a la forme d'un cheval. Sa nature magique lui confère des propriétés remarquables: sa carapace d'acier résiste à tous les objets contondants et à une chaleur élevée. Il est aussi capable de cracher des flammes le cas échéant. Mais le plus amusant reste sa capacité de parler et d'être d'une ironie mordante. Ses interventions sont parfois savoureuses.

A la manière de Robert E. Howard et son célèbre Conan, Roger Zelazny raconte les tribulations de Dilvish, sa quête vengeresse à travers le pays. On pourra arguer que ces nouvelles peuvent avoir aussi inspiré l'auteur pour son univers d'Ambre, et vice versa. On y retrouve certains éléments communs, comme par exemple la superposition des univers parallèles (les jardins de sang) qui rappellent les passages entre les ombres d'Ambre.
On connaît l'intérêt de l'auteur pour les divinités, le divin, l'immortalité. Les nouvelles de ce recueil regorgent de divinités, certes mineures, dont il décrit en détail le background (la carte de Souffrance, le démon et la danseuse et le jardin de sang).

Sur la forme, c'est assez inégal. On peut constater un changement notable entre les premières et les dernières nouvelles, mais cela ne peut masquer certaines faiblesses sur l'ensemble des textes, des dialogues parfois artificiels ou creux. Il manque aussi la poésie et le lyrisme qui caractérisent les chefs d'oeuvre de l'auteur (Seigneur de lumière, L'Oeil de chat, L'île des morts).

La conclusion de

Ecrites entre les années 60 et 80, les nouvelles qui composent ce recueil ne sont pas égales en qualité. On retrouve dans le personnage de Dilvish des airs de Corwin (Les Neuf Princes D'Ambre) dans ce fix-up qui réjouira sans aucun doute les amateurs d'héroic fantasy un peu décalé.

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