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Critique du Livre : Kadath, le guide de la Cité Inconnue
Kadath, le guide de la Cité Inconnue >

Critique du Livre : Kadath, le guide de la Cité Inconnue

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 21 janvier 2011 à 1453

Un livre de fans pour les fans...

Après un premier volume réussi et remarqué - au moins par les fans de l'univers des Crépusculaires - la collection Ourobores des Editions Mnemos se dote d'un second ouvrage intégralement dédié à une cité imaginaire. Ainsi, pour succéder à l'univers plus confidentiel de Mathieu Gaborit, c'est désormais au tour des écrits de H.P. Lovecraft de donner naissance à un nouveau guide du routard de l'imaginaire. Les Contrées du Rêve sont ici à l'honneur avec la description de la cité de Kadath l'Inconnue, ville créée et aperçue dans un cycle de nouvelles mettant notamment en scène l'un des personnages phares de l'univers lovecraftien : Randolph Carter (pour plus d'informations, sachez que la quasi-totalité de ces nouvelles sont regroupées dans le recueil Demons et Merveilles, disponible en français). Kadath, le guide de la Cité Inconnue s'inspire ainsi de ces écrits, et propose, via la plume de cinq auteurs, une description complète et fournie de la ville.

Suivant le même principe qu'Abyme, Kadath, le guide de la Cité Inconnue se présente sous la forme d'un beau livre aux dimensions quelques peu inhabituelles (24x30). L'intérieur, tout en couleur, est magnifiquement ouvragé, et fait cohabiter les nombreux textes en constituant le corpus avec un nombre conséquent de magnifiques illustrations. Formellement, Kadath s'apparente ainsi à un parfait mix entre oeuvre littéraire et artbook, et les excellentes qualités esthétiques dont bénéficie l'ouvrage le rendent au premier abord véritablement plaisant à feuilleter. On retrouve ici le même fil directeur qui faisait déjà la particularité d'Abyme, le guide de la cité des ombres, à savoir ancrer une ville fictive dans une certaine réalité en lui offrant des plans détaillés, ainsi que des illustrations des lieux principaux et des habitants; une nouvelle fois, la réussite formelle est indéniable tant Kadath semble vivre et s'animer sous les yeux du lecteur.

Sur le fond, la ligne éditoriale qui conduisait déjà Abyme a également été reprise dans cet ouvrage. Les lecteurs vont ainsi pouvoir découvrir la Cité Inconnue par les écrits de cinq personnages fictifs, chacun correspondant à la plume d'autant d'auteurs différents. Ainsi, David Camus (Randolph Carter/HPL), Mélanie Fazi (soeur Alienor), Nicolas Fructus (Auguste Philistin), Raphaël Granier de Cassagnac (l’Innomé) et Laurent Poujois (Abd al-Azrad) vont faire vivre la ville au travers des aventures de leurs personnages respectifs. Les cinq récits sont d'une qualité littéraire très correcte, et les histoires développées font preuves d'efficacité, tant en terme d'idées que de rendu d'ambiance. On pourra toutefois remarquer que le récit de Raphaël Granier de Cassagnac est très clairement le plus intéressant, notamment en terme d'ambiance ; dans le registre des moins, l'écrit de David Camus fera très certainement tiquer les fans, notamment vis à vis des réactions "HPL", qui sortent quelque peu des représentations habituelles que l'on a de l'écrivain.

La construction de l'ouvrage déroutera de prime abord très certainement le lecteur. En effet, plutôt que de proposer les cinq textes d'affilée, il a été choisi de les éclater et de les mélanger - et donc d'en casser le rythme interne - afin de proposer un livre divisé en trois parties (les rêves de Kadath, les dieux de Kadath et les quêtes de Kadath). Le résultat final s'avère particulièrement paradoxal : de rebutant au cours des premières pages (le découpage se fait en oubliant toute notion de chronologie), cette logique devient petit à petit très efficace pour peu que l'on passe cette mauvaise première impression (d'autant qu'un système de renvoi permet de lire les nouvelles à la suite, même si de manière plus inconfortable), et permet de poser l'ambiance inhérente à Kadath tout en conservant l'aspect "guide du routard" qui est au coeur du concept.

Le tout, combiné aux illustrations de Nicolas Fructus, donne véritablement vie à la cité. D'une manière similaire au procédé utilisé dans Abyme, le guide de la cité des ombres, le fait d'avoir des illustrations signées par un unique dessinateur donne à l'ouvrage une cohérence formelle plutôt bienvenue. Plans, lieux, créatures, le travail fourni au niveau des dessins s'avère être en parfait adéquation avec les écrits des cinq auteurs de Kadath, le guide de le Cité Inconnue évidemment, mais également par rapport à ceux des nouvelles de H.P. Lovecraft, la cité et les Contrées du Rêves trouvant ici une formalisation dépassant assez largement tout ce qui a déjà pu être fait en la matière. Dans le même ordre d'idées, la maquette et la mise en page, aérées, offrent aux lecteurs une aisance de lecture que ne possédait pas Abyme (le format, plus large, a ici une importance considérable).

Toutefois, malgré toutes ces qualités, Kadath, le guide de la Cité Inconnue souffre d'un problème d'accessibilité inhérent à son concept. Kadath est ainsi un livre fait par les fans à destination des fans, qui fait preuve d'un véritable jusqu'au boutisme, et ce à l'instar de ce qui avait déjà été fait dans Abyme ; bien que plus accessible que ce dernier, il est toutefois plus que probable que seuls les fans les plus hardcore de l'univers de Lovecraft parcourent le livre de A à Z. Par extension, le livre semble s'adresser plus prioritairement aux rolistes, joueurs de L'appel de Cthulhu ou de Cthulhu Gumshoe, qui trouveront dans ces pages une quantité d'informations impressionnante pour faire vivre la cité autour d'une table de jeu (l'ajout d'encarts donnant des valeurs chiffrés aux divers lieux a tendance à renforcer cette impression). La chose n'est pas à proprement parler un défaut, il faut simplement savoir, en achetant le livre, qu'il ne fait preuve d'aucun didactisme, et tend à s'adresser à des lecteurs ayant des connaissances préalables.

La conclusion de

Second volume de la collection Ourobores, Kadath poursuit très logiquement la ligne éditoriale de la collection en proposant au lecteur de "visiter" une cité imaginaire au travers des récits de personnages fictifs. Au final, comme son prédecesseur, Kadath est un livre magnifique bénéficiant, sur la forme, de qualités esthétiques en tout point remarquables. Le fond n'est cependant pas en reste, les amateurs de l'univers créé par Howard P. Lovecraft pouront ainsi se régaler à parcourir les méandres de la Cité Inconnue grâce aux récits de cinq rêveurs. Plus accessible qu'Abyme, le guide de la cité des ombres, paru dans la même collection, l'ouvrage reste toutefois à réserver aux fans de l'univers lovecraftien, car tous les autres risquent de se retrouver noyés sous un flot d'informations très conséquent, qui plus est écrites et amenées de manière bien particulière.

Pour les fans : 9/10
Pour les autres : 7/10

Que faut-il en retenir ?

  • Esthétiquement superbe,
  • Une ambiance bien rendue,
  • Un style littéraire correct,
  • Un découpage bizarre, mais efficace,
  • Un livre de fans pour les fans.

Que faut-il oublier ?

  • Quelques textes de qualité moindre,
  • Difficile à aborder pour les non-initiés.

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