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Critique du Film : Visions

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 16 janvier 2011 à 18:58

Juste sans intérêt...

A l'heure actuelle, le cinéma de genre italien s'avère être complètement inexistant sur le marché international. Alors que Dario Argento est en véritable chute libre avec des longs-métrages de très médiocre qualité (voir l'horrible Giallo pour s'en convaincre), aucun réalisateur de la nouvelle génération n'arrive à prendre sa relève, et à imposer des productions transalpines redonnant un coup de fouet au genre (à l'image du cinéma espagnol par exemple). La tentative de Luigi Cecinelli est donc louable (en tout cas en théorie), proposant une variante européennne au genre ultra-balisé du thriller-gore américain (catégorie dans laquelle on pourra notamment ranger Seven, ou la série des Hannibal Lecter). Visions, son premier long-métrage, commence ainsi comme un clone très appliqué de Saw, avec l'assaut des forces d'intervention dans l'antre d'un tueur en série extrêmement dangereux rappelant ouvertement le Jigsaw créé par James Wan.

Bien que fort classique dans son déroulement, cette scène d'ouverture a le mérite de proposer quelque chose de très chiadé, jouant notamment sur une belle mise en espace des pièges du tueur. L'assaut proprement dit se soldant par un méchant fiasco, Visions débute donc sympathiquement par une séquence certes déjà vue, mais suffisamment efficace au niveau de ses artifices pour réussir à faire illusion. Cette scène, même si le spectateur ne le sait pas encore, constitue le climax du film. En effet, Luigi Cecinelli se sert de cette mise en bouche pour appater le public, et ensuite complètement bifurquer vers un genre quelque peu différent (le policier-psychologique), tentant d'introduire dans sa mixture hyper balisée une manière de faire plus européenne, qui joue avec les représentations du spectateurs pour mieux le surprendre et le piéger. Sur le papier, il n'y a pas grand chose à redire quant à cette manière de faire. Sauf que voilà, le virage opéré par Visions s'appuie sur une idée de merde. Dommage...

C'est sur cet aspect que s'est joué tout l'intérêt du film au moment du tournage. Visiblement convaincu de tenir entre ses mains l'idée du siècle, Luigi Cecinelli oriente alors sa mise en scène vers du pur premier degré, racontant au spectateur une énigme policière construite sous forme de puzzle ; le problème, en fait, c'est que le dit puzzle compte au mieux trois petites pièces, et qu'il faut entre cinq et quinze petites minutes au spectateur pour remettre les choses dans l'ordre et deviner la teneur d'un twist final que l'on sent arriver à des kilomètres. A partir de là, il reste - selon les capacité déductives et l'expérience des spectateurs - entre une heure et une heure vingt de film à tenir. Et comme Cecinelli se focalise entièrement sur cette histoire qu'il pense géniale, il n'hésite pas à construire son film sur un rythme un peu lent, pour laisser les choses se faire tout doucement (à l'image, par exemple, de Usual Suspect). Conséquence, on s'ennuie ferme devant Visions... plus que ça, disons le sans artifices, on se fait vraiment chier !

D'autant que si Luigi Cecinelli peut, au mieux, s'apparenter à un honnête faiseur (ou pas, il faudra attendre son prochain long-métrage pour être sur), il n'a clairement pas l'envergure d'un bon réalisateur. Sa technique consiste en fait à aller voir à droite et à gauche ce qui fonctionne chez les autres, et à dupliquer consciencieusement dans son film, un peu à l'instar de ce que fait Matthew Vaughn (sauf que ce dernier sait choisir ses scénarios). Du coup, on retrouve un peu de tous les gros succès US de ces dernières années : du Saw, du Seven, du Usual Suspect, un peu de Shyamalanerie pour le twist final très appuyé. A ce genre de petit jeu, la qualité intrinsèque du film repose donc entièrement sur l'histoire racontée. Sauf qu'ici, l'histoire, en plus d'être prévisible, est complètement incohérente. Cecinelli n'hésite d'ailleurs pas à tricher avec le spectateur pour pallier aux grosses faiblesses de son script et entretenir ses précieuses révélations finale, ce qui, là encore, nuit à la qualité générale de Visions.

Le résultat final s'avère d'autant plus pauvre qu'en misant absolument tout sur son histoire prétendument ambitieuse, le scénariste (Andrea Dal Monte) en a oublié de développer les autres aspects de son scénario, et notamment ses personnages, qui ne possèdent pas le minimum de consistance nécessaire. Le travail repose donc uniquement sur les épaules d'un quatuor de comédiens aux prestations particulièrement bancales, dont l'absence assez flagrante de charisme font que leurs personnages peinent à réellement exister à l'écran. Certes, ce serait être de mauvaise fois que de dire qu'ils jouent tous mal, mais reconnaissons qu'aucun d'eux ne parvient à livrer une prestation suffisamment convaincante pour parvenir à palier aux faiblesses du script. Etant donné que ce qui est raconté s'articule entièrement autour d'eux - les personnages sont acteurs de l'histoire, pas simple spectateurs - le manque se fait donc cruellement ressentir, les spectateurs ne parvenant pas à vraiment s'intéresser à eux.

Au final, donc, il n'y a pas grand chose à retenir de Visions. En fait, le seul point réellement marquant est l'excellent travail fait sur les décors du film. En effet, bien qu'intégralement tourné en Italie, le film semble se passer dans une grande métropole américaine ; certes, les plans urbains ne sont pas légions, mais chacun d'eux et suffisamment bien pensé pour parvenir à faire illusion aux yeux des spectateurs. Dans le même ordre d'idée, la conception des décors liés aux pièges du tueur en série, ainsi que leurs mises en espace, sont assez remarquables ; conçus comme des installations d'art contemporain rappelant le travail de l'araignée (qui donne d'ailleurs son nom au grand méchant du film), ils offrent à l'introduction et à l'épilogue du long-métrage un visuel fort, qui parvient à rester en tête après la fin du film.

15

Doté d'un scénario mal construit et mis en scène par un réalisateur peu inspiré, Visions s'apparente donc à un téléfilm de seconde zone sans véritable intérêt. C'est bien simple, ce long-métrage ramène le spectateur dans les années 70, lorsque le cinéma d'exploitation italien pillait les classique venus d'outre-Atlantique pour accoucher de sous-produits aux qualités souvent douteuses ; Luigi Cecinelli a ainsi voulu construire son thriller en reprenant les ingrédients américains du genre, tentant de mettre en scène un sous-Usual Suspect, mais tout en faisant croire aux spectateurs qu'ils étaient en face de l'idée du siècle. Le tout est donc souvent consternant, et surtout souffre de son manque d'intérêt le plus total, car malheureusement, Visions, on l'a déjà vu au moins vingt fois ailleurs, et toujours en mieux...

Critique de publiée le 16 janvier 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Un visuel bien travaillé, notamment au niveau des décors.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire débile,
  • Scénario complètement incohérent,
  • Twist final très rapidement éventé,
  • Personnages creux,
  • Interprétation bancale,
  • Réalisation pauvre,
  • Globalement déjà vu ailleurs, mais en mieux.

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