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Critique du Film : Hierro
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Critique du Film : Hierro

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 3 janvier 2011 à 1617

Un sous Orphelinat...

On aurait pu croire qu'il s'agissait d'une spécificité US que de singer les productions à succès avec des films direct to video de très piètre qualité (Asylum en a d'ailleurs fait son fond de commerce, produisant des nanars assez réjouissant à l'image du récent Mega Piranha), mais la technique est également utilisée dans d'autres pays. Ainsi, de l'autre côté des Pyrénées, il aura fallu peu de temps pour voir apparaître des longs-métrages surfant sur le succès populaire de L'Orphelinat - rien de moins que le plus gros succès de tous les temps en Espagne, ça créé des convoitises ! - reprenant l'ambiance et certaines thématiques afin de tenter de dupliquer la manoeuvre, et ainsi de s'assurer un succès commercial minimum. Hierro est ainsi de cette engeance, s'appuyant sur un point de départ similaire à celui du film de Juan Antonio Bayona (la disparition d'un enfant) pour dérouler une histoire s'appuyant sur les mêmes mécanismes (la quête de sa mère pour le retrouver).

Ceci dit, si l'on peut dire que le principe de duplicage est identique entre Hierro et un Transmorfers, la méthode est pourtant fondamentalement différente ; ainsi, là où les pontes d'Asylum vont embaucher un tacheron pour le placer comme réalisateur, vont aller chercher des comédiens de seconde zone au physique avantageux et vont se servir de CGI atroces pour assurer le spectacle, les producteurs espagnols ont plutôt l'intelligence de partis pris minimaliste, avec un scénario réaliste comparativement au budget alloué, ainsi que la présence de vrais comédiens face caméra et d'un réalisateur ayant déjà fait ses preuves - dans des courts ou dans des pubs - au poste de metteur en scène. Si la méthode est dans les deux cas criticable, le résultat est pourtant plus facilement regardable dans le cas d'un Hierro, même si, au final, le film pris dans sa globalité est loin d'être d'une qualité mémorable.

Visuellement, Hierro n'a ainsi rien d'un film fauché. Si l'on excepte la petite quantité de lieux dans lesquels se déroule le scénario, le film bénéficie d'une superbe photographie, traduisant un travail très appliqué sur l'image de la part d'Alejandro Martinez, ainsi que d'effets numériques réussis, même si quantitativement assez rares. De plus, derrière la caméra, Gabe Ibáñez fait preuve d'un sens de l'esthétisme assez poussé ; Hierro est ainsi un enchantement de tous les instants tant le cinéaste semble inspiré quant au choix de chacun de ses plans et de ses angles de vues. Si l'on pourra repprocher, ici et là, un montage un peu hasardeux, on ne pourra enlever à Hierro sa mise en scène classieuse, son ambiance fortement ancrée dans un certain onirisme, et ses choix artistiques quant à la mise en place de l'aspect fantastique du film. A côté de cela, malheureusement, rien en fonctionne vraiment.

Et bien que doué dans ce qui ressort de l'esthétisme, Gabe Ibáñez n'est pas totalement étranger à ce rattage. En effet, ce dernier à visiblement tout sacrifié sur l'autel d'une beauté formelle, y compris l'efficacité inhérente au genre (un thriller fantastique). Ainsi, passé une séquence d'ouverture mettant en scène une course poursuite, le long-métrage s'engonce de plus en plus maladroitement dans un ennui de tous les instants. Une mise en place longuette, aucun rythme, un suspens inexistant et une véritable absence de tension contribuent à rendre Hierro ennuyeux, et passablement soporifique. De plus, en tentant de jouer la carte du drame, voire du mélodrame, Ibáñez se heurte à son incapacité flagrante à provoquer la moindre émotion chez le spectateur, rendant ainsi l'histoire de cette mère endeuillée son grand intérêt pour le spectateur.

Et puis, avouons tout de même que Gabe Ibáñez n'est pas aidé par le scénario très indigent sur lequel s'appuie Hierro. Ainsi, d'un point de départ identique à celui de L'Orphelinat, il accumule ainsi par la suite toutes sortes de clichés (l'île terriblement mystérieuse, les riverains flippants, le passé mystérieux, l'utilisation des animaux pour installer une ambiance, ...), et ce jusqu'à un twist final très appuyé par le réalisateur, alors même qu'il a été deviné par le spectateur depuis belle lurette. De plus, à côté de cela se trouvent des séquences formidables d'efficacité lorsqu'il s'agit de désamorcer l'ambiance posée, à l'image de cette scène hallucinante où, sans raison valable, l'héroïne se met nue pour aller se baigner sur l'une des plages locales ; dans un film estampillé Asylum, on aurait trouvé ça normal, mais dans ce long-métrage qui se veut plus sérieux, force est de reconnaître que ça fait tache.

Face caméra, le casting s'avère enfin loin d'être convaincant. Certes, les acteurs connaissent leur travail et livrent une partition sans fausse note, mais tous souffrent d'une fadeur tendant à les rendre complètement insignifiants. Campant le personnage principal, Elena Anaya trouve dans ce rôle un petit contre-emploi (une mère de famille, bien loin des rôles plus sensuels auxquels elle est habituée), mais celui-ci est régulièrement cassé par des scènes de nu gratuites et sans intérêt (certaines séquences ressemblent ainsi à s'y méprendre à de la publicité pour déodorant). Les autres rôles s'avère pratiquement inexistants, d'une part dans la mesure où ils n'ont absolument aucune importance dans l'histoire (même de manière accessoire), d'autre part parce que leurs interprètes ne parviennent pas à leur donner corps de manière très crédible.

La conclusion de

Hierro est donc, comme le laissait craindre son point de départ, un sous-produit surfant sur le succès public du déjà moyen L'Orphelinat. Bien que doté d'un sens de l'esthétisme indéniable, qui rend son film visuellement très intéressant, Gabe Ibáñez sacrifie pourtant à cette beauté formelle toute notion de rythme, de tension et de suspens. Hierro est donc un long-métrage plat, qui se suit avec un ennui non dissimulé, et ce d'autant plus que le scénario, aussi convenu que bourré de clichés, peine à susciter le moindre intérêt. Comme quoi, tout ce qui vient d'Espagne n'est pas forcément bon, dommage...

Que faut-il en retenir ?

  • Un très bon travail sur l'image,
  • D'excellents choix d'angles pour les prise de vue.

Que faut-il oublier ?

  • Souffre d'un gros manque de rythme,
  • Aucun suspens, aucune tension,
  • Histoire facile, pleine de clichés,
  • Twist final vite éventé,
  • Casting assez fade.

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