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Critique du Film : The Killing Room
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Critique du Film : The Killing Room

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 21 décembre 2010 à 1356

Sympathique, mais très convenu...

Après s'être fait connaître via un premier long-métrage particulièrement bancal - pour ne pas dire assez mauvais - Jonathan Liebesman avait pourtant réussi à faitre sensation chez les amateurs de cinéma d'horreur avec son second film, Massacre à la tronçonneuse : Au commencement, préquelle fort réussie du remake de Marcus Nispel. Avec cette petite filmographie, comprenant donc actuellement deux extrèmes, on n'arrive pas encore à parfaitement déterminer si ce jeune réalisateur est un cinéaste possédant un bon potentiel, ou s'il s'agit simplement d'un yes-man très appliqué. Alors qu'il est actuellement aux commandes d'un des films SF les plus bourrins de 2011 (Battle for Los Angeles), voici que sort en catimini, directement en vidéo, un troisième long-métrage passé totalement inaperçu : The killing Room. Et honnêtement, avouons qu'il n'est jamais bon signe de voir un film ne pas passer par les salles obscures ; cela est souvent synonyme de métrage raté.

Au premier abord, le film est vendu comme un Saw-like : des personnes enfermées dans une pièces, destinées à s'entretuer pour pouvoir survivre, cela rappelle fortement les petits jeux de Jigsaw. L'impression est d'autant plus renforcée que la jaquette clame haut et fort que le film est mis en scène par "le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse : Au commencement". On introduit donc la galette dans le lecteur persuadé de s'appréter à regarder un énième torture-movie... et non... The Killing Room est un thriller, ni plus, ni moins, dont certains arguments sont vaguement SF, et qui joue à fond la carte de la théorie conspirationiste. Aucun effet gore, aucune souffrance en vue, des morts sobres, deux ou trois tâches de sang, c'est tout ce que vous aurez à vous mettre sous la dent au niveau violence. Cette maladresse dans la manière de vendre le film peut ainsi grandement expliquer son échec sur le territoire US (et donc sa sortie en DTV chez nous), tant le résultat final est tout de même loin d'être honteux.

En effet, The killing Room est tout de même une agréable surprise. Sans être totalement transcendant, le troisième film de Jonathan Liebesman s'avère être un thriller très efficace qui offre une belle carte de visite à son réalisateur. Ainsi, avec ce huis-clot à l'ambiance clautro, Liebesman prouve qu'il est capable de sortir des carcans du film d'horreur pour construire un long-métrage dépouillé, misant avant tout sur son ambiance et ses personnages. En basant l'action du film dans deux uniques pièces (les cobayes d'un côté et les observateurs de l'autre), il parvient à installer une atmosphère solide en jouant sur une tension permanente, plutôt bien mise en valeur par des cadrages serrés, et, surtout, en utilisant à bon escient des techniques sonores particulièrement bien travaillées (dans certaines séquences, rien qu'au bruit et à la réaction des personnages, on peut deviner ce qui se passe sans qu'il y ait besoin d'avoir recours immédiatement à des plans démonstratifs).

De plus, sans pouvoir avoir recours à des procédés chocs (gore, effets spéciaux), Jonathan Liebesman réalise son film de manière très sobre, caméra à l'épaule dans un style faussement documentaire. Là où nombre de réalisateurs se cassent les dents en optant pour ce faux effet de caméra témoin, Liebesman sait prendre le temps de se poser, et ainsi d'offrir à The Killing Room un montage fluide, ne sombrant jamais dans ce côté "épileptique" que l'on trouve bien trop souvent dans ce genre de film. Au contraire, dénué d'artifices - à l'image de la pièce principale qui accueille l'expérimentation - il renforce le réalisme de ce qui est montré à l'écran et parvient à faire accepter à un spectateur plutôt consentant des postulats scénaristiques complètements délirants. Par extension, cette technique lui permet, malgré le faible nombre de lieux et de personnages, d'introduire un rythme et  une dynamique efficace dans ce huis-clot.

Le film est, de plus, soutenu par des comédiens expérimentés qui parviennent à faire vivre des personnages que l'on a volontairement débarassé de tout historique. Ainsi, Peter Stormare, assez sobre - ce qui est loin d'être toujours le cas - apporte son charisme et sa présence à un chef de projet dénué de scrupules ; face à lui, Chloë Sevigny est presque son interlocutrice unique, et s'en sort admirablement dans un rôle assez difficile. Du côté des cobaye, Timothy Hutton livre un jeu solide qui, au final, a tendance à rendre son rôle nettement plus attachant que ceux de ses collègues (ce qui contribue à la prévisiblité de l'histoire d'ailleurs) ; à ses côté, notons que Shea Whigham, Nick Cannon et Clea DuVall s'en sortent assez bien, et parviennent malgré tout à donner corps à des personnages bien moins intéressants.

En fait, ce qui, vraiment, réduit l'intérêt du film, est son histoire terriblement convenue. Complètement dénué d'originalité, The Killiing Room fait illusion pendant une petite heure, avant, petit à petit, de perdre l'attention des spectateurs. Passé la mise en place de l'histoire, on comprend assez vite ce qui se passe - et ce d'autant plus que l'on est aussi du côté des observateurs - et l'on devine assez rapidement qui s'en sortira. A partir de là, les artifices scénaristiques mis en place pour gagner du temps (gazage, traitrises, ...) n'arrivent à fonctionner que très moyennement. Le talent de Liebesman et de tous les comédiens n'y font rien, lorsque l'histoire n'a plus d'intérêt, on finit fatalement par se désintéresser de ce qui se passe à l'écran. Cela ne rend pas le film mauvais, au pire juste moyen.

La conclusion de

Vendu comme un énième Saw-like à fort potentiel gore, The Killing Room risque de fortement décevoir les amateurs de cinéma d'horreur. En effet, en lieu et place du torture movie qui nous était promis, on se trouve face à un thriller au scénario vaguement sf, qui mise plus sur l'intelligence de son propos et la psychologie de ses personnages que sur des effets sanguinolant dont il est, de toute façon, totalement dépourvu. Au final, le film s'avère pourtant être d'une qualité très acceptable, doté d'une ambiance correctement maîtrisée, d'un bon sens du rythmé et interprété par un casting assez charismatique. Dommage, cependant, que le scénario ne soit pas suffisamment riche pour parvenir à conserver l'attention du spectateur pendant les quatre-vingt dix minutes que dure le long-métrage.

Que faut-il en retenir ?

  • Mise en scène efficace,
  • Bonne qualité d'interprétation,
  • Bien rythmé.

Que faut-il oublier ?

  • Pas original du tout,
  • Histoire prévisible,
  • Personnages peu travaillés.

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