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Critique de la bande dessinée : Opération soleil de plomb [2011], par Nicolas W.

Avis critique rédigé par Nicolas W. le jeudi 9 décembre 2010 à 14h46

Traque dans la jungle

"Ils viennent en parasite, survolant la jungle tel un nuage de sauterelles, bruyant et nuisible. Sûrs de leur supériorité et de leur civilisation. Ils s'imaginent être les seigneurs de ces lieux. Tant mieux, c'est comme ça que la jungle les aime..."

Février 1947. Alors que l'Allemagne a vaincu les Alliés grâce à l'arme nucléaire, les combats en Afrique n'ont pas cessé pour autant. C'est pour cette raison que Shell et ses hommes débarquent au Congo. L'ancienne colonie belge attire en effet toutes les convoitises par la présence de riches gisements d'uranium et de coltan, essentiels pour la guerre à l'est. Ce sont le colonel Leclerc et les rescapés de l'opération Torch qui mènent cette guérilla farouche et qui amènent les nazis à faire appel aux soldats des légions pénales. Mais pour débusquer les résistants, Shell devra composer avec son supérieur, le détestable Skorzeny, mais aussi avec la jungle, cet enfer vert...

Cette année, deux petits français ont tapé un grand coup dans le monde de la bande-dessinée. Avec Block 109 (critiqué ), Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat construisaient un monde uchronique où Hitler mourait assassiné et où l'Allemagne, bien que victorieuse des Alliés, devait affronter l'armée soviétique à l'est. En faisant preuve d'une originalité certaine et d'un talent à toute épreuve, ils avaient rapidement conquis le cœur des lecteurs mais aussi celui de la critique. Non content de ce petit tour de force, voilà que les deux compères prolongent l'aventure en élaborant plusieurs récits dans le même univers. Ainsi, Etoile rouge (critiqué ici) permettait aux auteurs de faire une incursion dans le milieu des combats aériens style Têtes Brûlées. Forcément moins fort que Block 109 mais brillant exercice de style, l'aventure de l'escadron Normandie ouvrait la porte à d'autres aventures. C'est ainsi qu'arrive Opération soleil de plomb, un opus plus long et encore plus marqué par le cinéma mais surtout une chasse à l'homme menée de main de maître au cœur de la jungle.

Après les cieux russes, voici qu'Opération soleil de plomb nous plonge dans la moiteur de l'enfer vert congolais. D'emblée, le ton s'affirme clairement grâce au dessin de Ronan Toulhoat, dominé cette fois par la couleur verte (ce qui n'est guère surprenant) mais qui esquisse surtout une végétation luxuriante engloutissant hommes et machines. Comme lors du passage entre Block 109 et Etoile rouge, l'ambiance graphique change avec une aisance surprenante. La composition de Toulhoat garde les points forts qu'on lui connaissait avec un trait désormais bien trempé, tout en s'adaptant à la tonalité de l'aventure. On ne peut s'empêcher de mentionner quelques magnifiques planches comme celles de la dévastation des villages congolais sur le fond rougeoyant des flammes et du coucher de soleil. Nul doute de ce côté, Opération soleil de plomb est une réussite graphique. Mais le récit ne s'avère pas en reste.

Revenant à leurs premiers amours, les français adoptent le point de vue allemand. Ainsi, c'est le duo Shell - Skorzeny qui occupe le devant de la scène. Vincent Brugeas emmène son lecteur dans une chasse à l'homme dans un des théâtres les plus difficiles qui soient en temps de guerre, celui de la jungle. Ainsi, on retrouve de nombreuses références à des œuvres célèbres (d'ailleurs citées dans les remerciements) telles que Platoon ou Apocalypse Now, sans oublier des clins d'œil plus subtils (la mine LV426, hum...). Loin de se reposer sur ces bases, Opération soleil de plomb utilise son contexte et ses protagonistes pour accoucher d'un récit palpitant et riche en rebondissements. Première excellente idée, l'utilisation de légions pénales pour contrecarrer les résistants. Avec son arrière-gout des douze salopards, l'intrigue exploite le filon jusqu'au bout et dresse un portait sans concession de Shell et surtout de Skorzeny. Ce dernier apparaissait déjà dans Block 109 et c'est avec un grand bonheur qu'on retrouve sa face ravagée au milieu de ce récit. Autre bonne idée, celle de mêler les populations indigènes à l'aventure. Cela permet à Vincent Brugeas de parler à mots couverts du colonialisme et de la cruauté de l'homme blanc. Le fait que celui-ci soit allemand plutôt que belge ne changeant guère les choses. On se félicite d'ailleurs que l'Africain ne soit pas un simple figurant ici mais un acteur à part entière, notamment par le personnage de Nfumu. Comme pour les évolutions imaginées pour les précédentes bandes-dessinées, on apprécie également la haine que vouent les Nazis aux Noirs, rappelant, si besoin était, que ceux-ci auraient eu tôt fait se retourner contre les autochtones une fois le continent conquis. Au demeurant, les Nazis ne s'affirment que comme le paroxysme de la terreur coloniale des Européens. C'est également l'introduction des hélicoptères qui ajoute un charme certain à Opération soleil de plomb. On pourra arguer que cette machine fut inventée beaucoup plus tard mais ce serait oublier que leur conception fut largement accélérée durant la guerre du Vietnam du fait des nouvelles exigences de la guerre au cœur de la jungle. En ajoutant à cela l'accélérateur formidable que constituait le conflit mondial pour l'innovation technologique militaire, ce choix apparait tout à fait judicieux. Pour terminer, ajoutons que la dernière partie d'Opération soleil de plomb amène son lot de surprises et introduit de manière fort habile des personnages que l'on retrouvera dans Block 109... Et pas forcément ceux que l'on croit...

"L'objectif est simple : débusquer et tuer le dénommé colonel Leclerc. Ce terroriste est un ancien officier de l'armée française... Il dirige une petite troupe d'anciens soldats français, belges et même anglais. Il s'attaque tout particulièrement aux exploitations minières, indispensables à notre effort de guerre à l'Est. Et pour lutter contre des criminels, le Reich a décidé de faire appel à des criminels..."

Remerciement à Amandine V. pour la relecture.

La conclusion de à propos de la Bande Dessinée : Opération soleil de plomb [2011]

Nicolas W.
85

Bien plus réussi que le précédent Etoile rouge, Opération soleil de plomb réjouira les fans de l'univers uchronique de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat, mais aussi les néophytes qui ont fait l'erreur de manquer Block 109. On n'en attend New-York 1947 qu'avec plus d'impatience !

Que faut-il en retenir ?

  • L'ambiance moite de la jungle
  • Le dessin de Toulhoat
  • Les personnages principaux
  • Les multiples références et clins d'oeil
  • La place des hommes noirs
  • Les innovations technologiques

Que faut-il oublier ?

  • Trop court (comme toujours)...

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