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Critique du jeu de société : Les Princes de Machu Picchu [2008], par Amaury L.

Avis critique rédigé par Amaury L. le lundi 13 décembre 2010 à 07h03

Tayta Inti, puissant Dieu, aide nous…

Machu Picchu tremble, la menace des conquistadors devient pressante. Les princes de Machu Picchu se concertent autour des temples et requièrent l’aide du dieu Soleil, Tayta Inti. L’esprit combattant de Pachacutec, l’empereur inca mort depuis des dizaines d’années, ne suffit plus à unir un peuple humilié par les déprédations des envahisseurs. Si suffisamment de vierges et de lamas sont sacrifiés à la gloire de Tayta Inti, alors la cité échappera à la voracité cupide des conquistadors en détournant leur regard fiévreux de la « Vieille Montagne ». Sauf si des traîtres se cachent parmi les Princes…

Pas de sacrifice sur la qualité du matériel…

Un sourire de satisfaction illumine de part en part le visage de celui qui découvre pour la premières fois ce « Machu Picchu sur table ». Un plateau de belles dimensions, recto / verso (un côté en anglais, l’autre en allemand) comportant quelques mots simples représente la cité Inca de Machu Picchu, divisée en quinze quartiers. Une pléthore de pions en bois attend le visiteur avec des Lamas, des Céramiques, des Feuilles de Coca, des Vêtements, tous sculptées convenablement. Le lama ressemble à un lama, ce n’est pas un disque ou un cube. Quinze tuiles Prêtes ou Vierges cartonnées remplissent la boîte accompagnés de cartes Sacrifice, et de nombreux jetons Maïs, Soleil ou Lune. Une règle bilingue (anglais, allemand) parfait une édition sans reproche notable.

Prince ou félon…

Il existe deux conditions de fin de partie, Machu Picchu est sauvé par les Princes Incas ou les conquistadors espagnols la pillent. Suivant ce qui se produit, les points de victoire se calculent différemment.

Le jeu se déroule en neufs jours et huit nuits au plus. On alterne une phase Jour et une Nuit. A son tour de jeu, on déplace son Prince sur un des quinze quartiers et on effectue l’action indiquée. Quatre actions sont possibles :

- produire des ressources (tous les joueurs sont concernés). Suivant le quartier, on reçoit des lamas, du maïs, des céramiques, du tissu, de la coca. Un ouvrier inca travaille uniquement si on dépense 1 maïs, sinon il ne fait rien.

- recruter un prêtre ou une vierge. Moyennant une dépense en ressources (indiquée sur la tuile), un joueur recrute un prêtre ou une vierge.

- faire un sacrifice (tous les joueurs sont concernés). Avec l’aide des prêtres ou des vierges et en sacrifiant un lama, le joueur fait une offrande à Tayta Inti ce qui fait progresser son pion Coureur sur le chemin des Incas. Quand le coureur arrive au sommet (la vingtième case), il reçoit des tuiles sacrifice, indispensable pour marquer des points.

- recruter un ouvrier. Contre des marchandises, on place sur un quartier de production un nouvel ouvrier.

- aller sur le cadran solaire. On récupère un ouvrier déjà placé sur un quartier. A la fin de la journée, le joueur reçoit trois ressources différentes et avance de trois cases sur le chemin des Incas.

Chaque quartier de production et de sacrifice n’œuvre qu’une seule fois par journée. Si un Prince ne réalise pas d’action, il prend un jeton Lune (des bonus en ressources). La journée se termine quand un joueur prend le troisième. La phase Nuit se contente d’ajouter des bonus sur les quartiers de production et de sacrifice.

La partie s’arrête quand les quinze prêtres et vierges sont recrutés. On compte les points de cette façon, nombre de symbole sur les tuiles Sacrifice multiplié par celui des ouvriers Incas, prêtre ou vierge. Le Prince avec le plus de points l’emporte.

Exemple : un joueur possède trois vierges devant lui et trois symboles vierges sur les tuiles Sacrifice. Il marque neuf points.

Ou la partie se termine à la fin de la neuvième journée et le pillage des conquistadors. On procède de même mais on compte les statuettes en Or sur toutes les cartes Sacrifice reçues. Le Prince avec le plus de statuettes multiplient son score par trois, le second par deux. Evidemment, celui qui atteint le plus fort total gagne.

Une fin indigne de la civilisation Inca…

Les princes de Machu Picchu utilisent un lieu historique rarement exploité dans les jeux modernes, la cité de Machu Picchu. Même si la reproduction graphique du plateau déçoit légèrement, le matériel proposé surpasse allègrement par sa qualité et sa quantité de nombreux confrères en boîte. On reconnaît la rigueur allemande dans la conception et la réalisation de ses produits ludiques. Ce professionnalisme se ressent dans les fondements mécaniques sur lesquels reposent Les princes de Machu Picchu. Le facteur aléatoire se réduit à peau de chagrin avec uniquement un tirage semi aléatoire des cartes Sacrifice. Comme elles accaparent toute l’attention des joueurs afin de les récupérer, le jeu s’articule sur un principe simple, optimiser ses actions dans le but d’en détenir un maximum à la fin de la partie. Pour cela, une concentration s’empare des participants de la première à la dernière minute que dure la partie en instaurant une ambiance réflexive autour de la table.

Les princes de Machu Picchu s’appuie sur une recette connue, la production de ressources qui se dépensent afin de recruter des ouvriers, des prêtres ou des vierges supplémentaires. On assiste à un effet crescendo où tour après tour, les actions choisies par les joueurs amplifient exponentiellement l’impact rémunérateur des récompenses reçues (les cartes Sacrifice, les ressources produites, les sacrifices au dieu Tayta Inti). L’auteur Mac Gerdts apprivoise aisément la technique créative et offre divers cheminements stratégiques en favorisant la programmation de ses actions en amont et la réflexion. Avec simplement une action à réaliser pendant son tour de jeu, une fluidité règne constamment pendant les deux heures approximatives consacrées à sauver la cité de Machu Picchu. De plus, contrairement à beaucoup de jeux de gestion, les joueurs ne s’isolent pas dans leur coin sans s’occuper des agissements d’autrui. La possibilité de gêner les adversaires demeure présente à chaque instant, subtiliser une ressource, sacrifier quand une pénurie de lama s’installe chez un prêtre concurrent… L’interaction autour d’entourloupes habiles s’invite généreusement autour de la table. Certes, Les princes de Machu Picchu s’entoure d’une atmosphère calculatoire, balayée spasmodiquement par quelques onomatopées amusées et polies.

Les princes de Machu Picchu arbore un visage séduisant avec un paramètre aléatoire très atténué qui favorise les stratèges et les programmateurs. La partie se déroule sans accroc avec une fluidité exemplaire et un rythme soutenu (une action par tour) qui amenuisent l’attente entre chacune de ses interventions. Sans avoir de configurations idéales, Les princes de Machu Picchu se savoure de deux à cinq joueurs sans perte de qualité, une belle performance. Toutefois, une déception surgit inopportunément lors du décompte institué par l’auteur lors de l’invasion de la cité par les conquistadors espagnols. En effet, un triplement des points pour le prince ayant accumulé le plus de statuettes (entre trois et sept par carte Sacrifice) est prévu par la règle. Cette multiplication semble disproportionnée et engendre une frustration désagréable, même auprès du vainqueur. Souvent, les écarts de points restent mesurés entre joueurs connaissant le jeu. Avec ce calcul surprenant, un fossé important sépare les participants. Se prendre une déculottée, alors que l’on possède seulement une statuette de moins que le premier interroge sur la pertinence de ce décompte final. Souvent, l’accumulation des statuettes en or dépend des décisions optées en corrélation avec la stratégie privilégiée auparavant. Par exemple, les cartes Sacrifice Prêtre Condor compte entre six et sept statuettes. Cela limite, avec la connaissance du jeu, le renouvellement des parties. Par précaution, on va recruter au moins deux prêtres Condor afin de se protéger d’une éventuelle fin tragique pour les incas. C’est clairement la grosse faiblesse du jeu, dommage.

La conclusion de à propos du Jeu de société : Les Princes de Machu Picchu [2008]

Amaury L.
70

Une belle offrande ce Prince de Machu Picchu gâché par un décompte maladroit, disproportionné et frustrant. Sans cette erreur mécanique, le jeu aurait obtenu une note plus élevée. Tout est si excellemment entremêlé avec une mécanique pure et intuitive. Le plaisir ne se désagrège aucunement pendant ses deux heures de rites sacrificiels ludiques. On admire un matériel en bois finement ciselé, des rouages intelligents et un auteur Mac gerdts, incontestablement talentueux, mais pourquoi ce décompte final inabouti lors d’une invasion des conquistadors ? Pourtant, cette double fin demeure une idée ingénieuse, qui malheureusement, n’améliore pas l’ensemble, vraiment dommage. Pas une merveille ludique, mais un sacrifice presque réussi…

Que faut-il en retenir ?

  • Tout sauf...

Que faut-il oublier ?

  • ... le décompte final raté si invasion des conquistadors

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