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Critique du Roman : Terre sans mal
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Critique du Roman : Terre sans mal

Avis critique rédigé par Manu B. le mercredi 8 décembre 2010 à 1000

Mars l'utopique

"Le jeune homme se tenait droit face à l'océan, la tuicha para. Depuis quelques lunes, U'tal s'interrogeait sur la vie, la mort, la souffrance. Par moments, ses convictions morales - ses reproches à l'égard de la tradition de ses ancêtres - lui faisaient si peur qu'il ne réussissait plus à trouver le sommeil parmi les siens. Bien entendu, il n'en parlait à personne: les conséquences d'un tel aveu de faiblesse auraient été pires encore que son état d'angoisse..."

Un siècle avant l'arrivée des explorateurs et des conquérants européens sur le continent américain, en 1337 exactement, U'tal a peur depuis que son frère est mort pendant le rite de passage à l'âge adulte, tradition ancestrale de sa tribu. Il doute de la validité de telles épreuves et décide de quitter la tribu pour d'autres horizons et pour renouveler sa foi en Namandu. Son périple, qui recèle pourtant de nombreux dangers, l'emmène sur un plateau, sur les futures fondations de Fortaleza, au Brésil. Sa Terre sans mal. Il y fait une rencontre qui va bouleverser sa vie, celle de Suasi, membre d'une autre tribu et doté d'une générosité comme nulle autre. Ensemble ils commencent à ériger les batiments de la Terre sans mal, l'Abaagui. La mort de Suasi et d'une troupe de guerriers infléchissent une nouvelle fois la course de U'tal. Il repart mais il n'ira pas très loin: un vaisseau spatial le prend en chemin.
750 ans plus tard, l'homme a réussi à installer une base sur la Lune et sur Mars. Mais tout ne va pas très bien sur Terre, les relations géopolitiques ne sont pas au beau fixe. A la tête des Etats-Unis, le président Dev Porter n'a en plus pas que des amis à l'intérieur du pays. François-Guylain Bérubé, l'un des magnas de presse, et sa fille Nathalie s'acharnent contre lui. La tension va encore monter d'un cran lorsque les martiens voient arriver un vaisseau spatial gigantesque...

Après Norbert Merjagnan (Les tours de Samarante), Jean-Philippe Depotte (Les Démons de Paris) et Jean-Claude Marguerite (Le Vaisseau ardent), les éditions Denoël continuent leur politique de découvreurs de talents en publiant en ce début d'année 2011 un jeune auteur. Le livre s'appelle Terre sans mal et on va reparler de révolution sur Mars... et sur Terre.

Après un prologue prometteur et ouvrant de grandes perspectives en décrivant les errances d'un personnage de l'Amérique précolombienne, l'histoire fait un virage à 180° pour nous amener un siècle dans notre futur sur la planète Mars.
La base n'est pas installée depuis si longtemps et de nombreux problèmes notamment logistiques doivent être résolus. Comme on s'y attend, les colons se heurtent à de nombreux incidents du fait de leur origine nationale : la colonisation a été initiée par la NASA qui revendique un contrôle total de la planète. Evidemment, quid des Russes, des Européens, des Chinois, des Brésiliens, des autres grandes puissances économiques et autres pays émergents. Il y a donc des compromis et des clashes. Tout cela est bien relaté dans le début du roman.
Martin Lessard corse la situation en introduisant un élément extérieur fondamental: l'apparition du fameux vaisseau extra-terrestre. A partir de ce moment, l'aspect purement scientifique reprend le dessus: tentative de contact, décryptage des données, premier contact. Les aliens ont une demande insensée qu'il va falloir débattre sur Terre car elle concerne tout le monde. On vous laisse la découvrir.
A partir de ce moment, le ménage se fait à trois: les Américains, les ET et le reste du monde.

Voilà un pitch intéressant. Et même original si pas mal d'éléments n'avaient pas été racontés auparavant dans une des oeuvres les plus abouties scientifiquement et techniquement de ces dernières décennies. La trilogie Adieu à la Terre (Mars la rouge, Mars la verte, Mars la bleue ont raflé 2 prix Hugos, 1 prix Nebula, 2 prix Locus et 1 prix British Science Fiction) de Kim Stanley Robinson est une référence. 
L'hommage est appuyé dans Terre sans mal.
La base martienne s'appelle KSR. Les martiens prennent la décision de s'approprier la base martienne et de proclamer Mars libre (Mars la rouge), de rédiger une déclaration d'indépendance (Mars la verte, Les Martiens), ce qui ne plaît pas à la Terre qui a de nombreux problèmes d'environnement, de surpopulation et de réfugiés (Mars la rouge et Les Quarante signes de la pluie). Le terrain de jeu se déplace sur Terre et c'est là qu'est organisée une conférence pour se défaire du joug des Américains (Dans Mars la verte, c'est la conférence de Dorsia Brevia) que l'ambassadeur de l'ONU Maxime Speirs a rejointe (Art Randolph); elle est organisée avec énergie par Nathalie (Nadia Chernyshevski) tandis que Claudio Burns passe d'atelier en atelier pour relancer les débats (Art et Nirgal).
Martin Lessard s'est beaucoup inspiré de l'auteur américain.

Evidemment, comme tout premier roman, celui-ci a quelques défauts.
Il aurait dû arrondir les angles, notamment pour les personnages dont le trait est forci et forcé. Beaucoup de clichés: le président américain est l'incarnation du mal, les français ne savent pas parler sans placer un juron toutes les deux phrases, alors que le chef de la station Charlie Merkel (descendant de ?) est forcément intransigeant et colérique (sûrement à cause de ses origines allemandes). C'est au final lui qui paraît le plus crédible et le plus pragmatique dans l'histoire, en phase avec la réalité.
A l'instar de Kim Stanley Robinson, l'auteur québecois fait plus souvent de la politique fiction que de la science fiction, genre qui ne plaît pas à tout le monde. En fait, le roman se transforme parfois en manifeste politique, le discours est militant, utopique. Il y a un idéalisme et une naïveté assez amusants dans cette histoire où la pauvre petite fille riche organise une révolution. 

La conclusion de

Terre sans mal est un bon premier roman: tant par l'écriture que sur le rythme, Martin Lessard sait emballer son histoire. On attend par contre dans sa prochaine oeuvre, débarrassée de ses petits défauts, un thème plus personnel et de plus original, un texte qui relève moins de l'hommage.

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