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Critique du Film : 5150, Rue des Ormes
5150, Rue des Ormes >

Critique du Film : 5150, Rue des Ormes

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 28 août 2010 à 2253

Un thriller psychologique plutôt pertinent...

Auteur quebequois connaissant un réel succès public dans la Belle Province, Patrick Senecal connnaît actuellement les faveurs du cinéma canadien. Ainsi, trois de ses romans ont déjà été adaptés au cinéma, et cinq autres de ses oeuvres sont actuellement en processus de scénarisation ou de financement. Néanmoins, les succès littéraires n'accouchent pas nécessairement de film très qualitatif au cinéma ; des deux précédentes adaptations d'écrit de Patrick Senecal, Sur le seuil était un long-métrage poussif et maladroit, et Les 7 jours du Talion, malgré un scénario intelligent, souffrait d'un sérieux manque de rythme. C'est pourquoi la version cinématographique de 5150 rue des Ormes pouvait laisser craindre un film moyen, l'efficacité de tout huis-clôt réposant en grande partie sur le talent du réalisateur, et ce d'autant plus lorsque le scénario joue plus sur l'intelligence des thématiques que sur des effets gores granguignolesques.

Eric Tessier, qui avait assez maladroitement réalisé l'adaptation de Sur le seuil, réussit pourtant à esquiver nombre de pièges inhérents au scénario de 5150 rue des Ormes. Ainsi, si le film commence comme un ersatz du barré Mum & Dad - un malheureux passant se retrouve prisonnier d'une famille de psychopathes - l'optique suivie par le film part très rapidement sur d'autres sentiers, éloignant le long-métrage d'un quelconque traitement fait de violence graphique ; d'ailleurs, à aucun moment dans le film - si ce n'est, peut-être, pendant la scène finale - le héros ne semble être physiquement en danger. Le travail du réalisateur était donc de réussir à donner corps à cet enfermement pour intéresser le spectateur, mais sans jamais pouvoir se servir de techniques traditionnelles basées sur la menace d'un funeste destin pèsant au dessus du personnage principal. En lieu et place, le scénario se focalise sur une descente aux enfers du point de vue psychologique.

C'est à ce niveau que 5150 rue des Ormes sort de la réalité pour acquérir un petit aspect fantasmagorique. Difficile de réellement parler de fantastique ici tant ces scènes ne sont finalement que des projections de la psyché de plus en plus défaillante du personnage principal ; Eric Tessier ne brouille d'ailleurs jamais les pistes, à la manière d'un Vidéodrome, le spectateur sachant toujours distinguer ce qui ressort du fantasme de ce qui est réel. Néanmoins, ces quelques séquences donnent au film un petit côté lynchien assez sympathique, et ce notamment dans tout ce qui relève de la tâche dans le mur qui ne manque pas de rappeler quelques passages d'Eraserhead (toutes proportions gardées bien entendu, les deux long-métrages étant incomparables). Cela reste cependant très anecdotique sur l'ensemble de la durée du film, et malgré un pitch quelque peu racoleur, 5150 rue des Ormes est en réalité un thriller psychologique qui penche fortement vers le genre dramatique.

La force du film se situe dans deux points majeurs. D'une part, les thématiques qui émaillent le scénario sont pertinentes, et s'avèrent intelligemment traitées sur l'ensemble de sa durée. On retrouve dans le film nombre de sujet commun avec Les 7 jours du Talion - à sortir en France en DVD en même temps que 5150 rue des Ormes - et notamment dans ce concept d'autojustice qui se trouve au coeur des actes des personnages de deux films. Ici, cependant, les actes du tortionnaire ne sont pas mu par un quelconque désir de vengeance, mais bel et bien par des désordres psychologiques relevant d'une psychose profondément ancrée, et qui le dotent d'une morale propre l'amenant à diviser le monde en deux catégories : les justes et les non-justes. Le paradoxe l'amenant à enfermer le personnage principal, "juste" (selon son système de valeur), mais ayant malencontreusement été au mauvais endroit au mauvais moment, amène à des pistes de réflexions assez pertinentes.

D'autre part, l'autre point fort du film se situe dans son casting solide. Marc-André Grondin campe ainsi de manière convaincante un monsieur tout-le-monde embarqué dans une histoire qui va le faire plonger dans la folie ; mais, comme dans tous les films relevant de ce genre, les personnages des méchants restent beaucoup plus intéressants, et ce d'autant que le scénario les construits très correctement. Dans le rôle du tortionnaire, Normand D'Amour impose un jeu convaincant et un charisme qui le démarque haut la main du reste de ses partenaires. A ses côtés, en épouse fataliste et soumise, Sonia Vachon donne à son rôle toute l'émotion nécessaire pour le rendre touchant et attachant aux yeux des spectateurs. Mylène St-Sauveur, quant à elle, reste convaincante en adolescente jalouse pleine d'animosité, et ce en dépit d'un manque d'expérience la mettant au second plan par rapport au casting principal.

Mais malgré tout cela, 5150 rue des Ormes souffre de points noirs qui tendent à faire baisser son niveau qualitatif. Le principal défaut du film se trouve ainsi dans les nombreuses facilités scénaristiques qui émaillent l'histoire, notamment tout ce qui a trait aux tentatives d'évasion avortées à cause de coïncidences grossières ou au basculement dans la folie du personnage principal, trop rapide pour être vraiment crédible. Sur la durée, de plus, le long-métrage souffre de quelques chutes de rythmes éparses, le déroulé de l'histoire tirant parfois en longueur pour pas grand chose. Eric Tessier arrive cependant à faire passer ces défauts au second plan en introduisant dans sa narration quelques touches d'humour, parfois noir, parfois totalement absurde, jouant sur des répliques complètement décalées dans le contexte (l'adolescente privée de télévision parce qu'elle a tabassé le captif) ou des images amenant à des petites séquences faites de "bizarreries normales" (la gamine regardant un documentaire animalier).

La conclusion de

Malgré les nombreuses facilités scénaristiques nécessaire à rendre possible le déroulement de cette histoire globalement peu crédible, 5150 rue des Ormes s'avère être une excellente surprise qui mérite que l'on s'attarde dessus. Doté de thématiques intelligemment traitées et porté par un casting solide, ce long-métrage est un très bon thriller psychologique, qui évite assez astucieusement de sombrer dans une déferlante de gore qui aurait finalement nuit à son propos.

Que faut-il en retenir ?

  • Casting solide,
  • Personnages consistants,
  • Thématiques intelligentemment traitées,
  • Des touches d'humour qui s'accordent bien avec l'ambiance.

Que faut-il oublier ?

  • De nombreuses facilités scénaristiques,
  • Tire parfois en longueur.

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