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Critique du Jeu de société : Marrakech

Avis critique rédigé par Amaury L. le jeudi 22 juillet 2010 à 09:24

Qui veut acheter mes beaux tapis ?

Marrakech, à une époque où les contes merveilleux existaient, attire les marchands et les badauds de toutes les contrées alentours grâce à la réputation de son marché concentré sur la vente de tapis rivalisant de dextérité et d’audace créatives. Dans cet amas bigarré et chatoyant, l’agitation humaine arbore une frénésie inhabituelle. Une légende mauresque raconte qu’un homme mystérieux cache parmi ses draperies à monnayer, des tapis prodigieux capables de faire voler comme un oiseau son acquéreur. Autant dire que beaucoup espère acquérir cet objet exceptionnel…


Tapis rouge pour un matériel magique…

Les deux premières éditions de Marrakech présentaient une couverture tirée d’une photographie de Yann Arthus–Bertrand. Pour cette troisième parution française, Gigamic a fait appel à la talentueuse illustratrice Marie Cardouat, reconnue unanimement depuis le succès de Dixit, Spiel des Jahres 2010, afin de donner un nouveau souffle à ce jeu de Dominique Ehrhard. C’est le seul changement, le contenu reste le même. On découvre un plateau de jeu, cinquante sept petits Tapis en feutrine d’un bel effet en quatre couleurs, une figurine Marchand en bois, un dé en bois numéroté de 1 à 4, quarante pièces Dirhams et une règle du jeu. Les atmosphères enivrantes d’un souk marocain vous ouvrent leurs portes grâce à un matériel réussi.

Marrakech, 1ère édition (2007) et Marrakech, 2ème édition (2008)

Marrakech, 3ème édition (2010) et Version allemande (2008)



Et voici le contenu de la boîte :




Une foire aux tapis sans trop de règles…

Le marchand de tapis le plus talentueux sera celui qui parviendra à vendre au meilleur prix et aussi possèdera un maximum d’emplacements à la fin de la partie.

A son tour, le joueur décide vers quelle direction il dirigera la figurine Assam, l’organisateur de la vente. Ensuite, il lance le dé et déplace exactement du nombre indiqué le pion. Si celui-ci termine sur une case vide ou sur une contenant un tapis de sa couleur, rien ne se produit. Par contre, si le tapis appartient à un joueur adverse, on doit s’acquitter d’une dîme correspondant au nombre de cases recouvertes, adjacentes et de même couleur, par la zone où Assam a terminé son déplacement.

Exemple : le joueur jaune termine son déplacement sur un tapis marron. On compte toutes les cases adjacentes les unes aux autres orthogonalement, y compris la case où se trouve Assam, et on établit la dîme. La zone couvre treize cases, le joueur jaune paie treize dirhams au joueur marron.

Ensuite, le joueur place un tapis sur le plateau de jeu à côté de la case sur laquelle Assam a terminé son déplacement. On peut recouvrir partiellement les tapis des adversaires, mais il est interdit de recouvrir avec un de ses tapis entièrement un tapis adverse en une seule fois.

La partie prend fin quand les joueurs ont posé tous les tapis. Chaque dirham et chaque case visible avec des tapis de sa couleur rapportent un point. Le plus fort total l’emporte.

Assam surveille que tout se déroule bien…



Un souk familial

Marrakech fait partie de ces jeux qui plaisent aux joueurs au-delà de quelques mois, la preuve avec cette troisième édition française. Récompensé en 2008 par l’As d’or lors du festival de Cannes, l’œuvre du pluridisciplinaire Dominique Ehrhard (l’homme est créateur de jeux, illustrateur, artiste peintre…) bénéficie de mécanismes accessibles et remarquables. Marrakech semble le jeu idoine pour convertir des non-joueurs à votre passion des jeux de plateau. Expliqué en moins d’une minute, avec des références discrètes aux vénérables anciens comme le Monopoly, Marrakech ne désoriente pas les novices qui apprécient de suite le plaisir de manipuler un matériel agréable et original, de s’immerger immédiatement dans une ambiance orientale rafraîchissante, de digérer aisément des règles adaptées pour le plus grand nombre, et surtout de se divertir grâce à des parties rapides et dynamiques n’excédant pas la vingtaine de minutes. Marrakech possède beaucoup d’arguments séduisants pour s’installer comme une référence dans les jeux familiaux modernes en remplacement des sempiternels classiques connus de tous.

Assam sous le clair de lune de Marrakech…


Marrakech s’inspire des atmosphères fourmillantes de vie des souks arabes. Les joueurs ressentiront, plus modérément, cette ambiance avec les palabres entourant la pose d’un tapis, surtout quand celui-ci brise une zone lucrative d’un joueur au détriment d’un autre. Ce mécanisme fait la force attractive du jeu en délivrant autour de la table des tractations directes ou indirectes, des supplications, des lamentations, des argumentations boiteuses dans l’espoir d’influencer à son avantage un joueur lorsqu’il pose son tapis sur un espace sensible. Les déçus se lancent dans des invectives vindicatives et revanchardes toujours dans un esprit convivial et auréolé d’une bonne humeur contagieuse. Il n’est pas rare de voir des personnes qui, lors d’une première approche vous rétorquent froidement « je n’aime pas jouer », enchaîner avec un plaisir non feint plusieurs parties de suite. En cela, Marrakech touche un public beaucoup plus large que la plupart des jeux de plateau modernes. C’est incontestablement une vraie réussite ludique.

Il existe une version géante (quatre fois plus grande), prix aux alentours de 180 €.


Toutefois, Marrakech manque de profondeur mécanique pour séduire réellement les « gros joueurs ». Sa simplicité devient sa faiblesse et une lassitude compréhensible s’installe précocement en raison d’un renouvellement mesuré entre chaque partie et du rôle prépondérant de l’aléatoire. Maîtriser son destin appartient au domaine de la probabilité avec le lancer du dé. De plus, lors des configurations à trois ou quatre joueurs, se faire recouvrir ses tapis ou pas dépend uniquement du bon vouloir des adversaires. Marrakech souffre d’un contrôle inefficient et difficile de prévoir qui sortira vainqueur de cette foire d’empoignes.

L’auteur propose une variante qui permet au joueur de décider de la direction empruntée par Assam pour le suivant. Si dans l’idée, cette règle apporte un soupçon de « méchanceté », elle donne une impression mitigée. En effet, on constate que les joueurs se déplacent uniquement sur un quart du plateau laissant vide le reste. La beauté visuelle de fin de partie se dissipe et on constate que cette façon de jouer appauvrit l’intérêt de Marrakech. On recouvre sur une portion réduite du plateau les tapis adverses en espérant que ceux-ci tombent sur les vôtres. Pas franchement exaltant !


Oh les belles pièces…

Lien vers le site de Gigamic : http://www.gigamic.com/

Version 1001 nuits

En 2008, l’éditeur allemand Zoch zum spielen édite Marrakech sous un autre nom, Suleika. Suleika est un personnage que l’on retrouve dans le livre « Ainsi parlait Zarathoustra », œuvre s’étalant de 1863 à 1885 sur quatre parties, du philosophe allemand Friedrich Nietzsche (1844 – 1900). Le célèbre poète, écrivain et scientifique Johann Wolgang Goethe (1749 – 1832) écrivit en 1815 un poème intitulé « L’amour de Suleika », mis en musique par le compositeur Franz Schubert (1797 – 1828) dans l’opus « Suleika I, Was bedeutet die Bewegung ? », en 1822. Est-ce l’origine du choix de ce nom par l’éditeur allemand ? Mystère, mystère…

La couverture de Victor Boden s’inspire des contes des 1001 nuits.

La couverture de la boîte.


Le matériel comporte quelques changements mineurs surtout dans le choix des couleurs, beaucoup plus marqué. Les tapis arborent des couleurs avec des teintes vives par rapport à la première édition. D’ailleurs, Gigamic reprendra dans ces deux versions ultérieures les tons de l’édition allemande. Le plateau de jeu s’investit davantage dans la thématique des contes orientaux avec un palais incrusté dans le décor.


Le plateau de jeu de Suleika.


Par contre, les règles ne subissent aucune altération et restent identiques à la version française.

Voici le matériel de Suleika, le jeu présenté lors du salon d’Essen 2008.

80

Vous désespérez de trouver un jeu qui satisfera votre entourage non joueur. Misez sur Marrakech semble un gage de réussite dans votre entreprise. Ce jeu allie finesse des mécanismes et élégance du matériel avec ses tapis minuscules qui apportent un atypisme séduisant. Avec ses règles accessibles et ses parties courtes, Marrakech dévoile un potentiel énorme pour convertir à la foi ludique les masses vivant dans le déni ludique. Toutefois, les « gros joueurs » risquent de ne pas succomber aux charmes simples de Marrakech, le jeu souffrant d’un renouvellement limité et d’un contrôle sur le déroulement d’une partie minimal. Mais pour la majorité d’entre nous, on sort le tapis rouge pour Marrakech !

Critique de publiée le 22 juillet 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Beauté du matériel
  • Parfait pour initier des néophytes
  • Règles simples mais intelligentes
  • Interaction entre les joueurs
  • Parties courtes et dynamiques

Que faut-il oublier ?

  • Pas pour les « gros joueurs »
  • L’aléatoire est présent
  • Contrôle minimal

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