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Critique du Roman : Les Rois des sables
Les Rois des sables >

Critique du Roman : Les Rois des sables

Avis critique rédigé par Nicolas W. le lundi 31 mai 2010 à 2159

La nouvelle de SF selon Martin

Triste indication sur l'état fort troublé de ma propre foi, je dois ajouter que cela m'était parfaitement égal. J'ai eu à combattre trop d'hérésie. Leurs croyances, l'écho des interrogatoires résonnent sans cesse dans mon esprit et, la nuit, troublent mes rêves. Comment pourrais-je être sûr de ma propre foi ?"

Prix Locus 1982 meilleur recueil de nouvelles
Prix Hugo 1980, Prix Locus 1980, Prix Nebula 1981 meilleure nouvelle pour Les rois des sables
Prix Locus et Hugo 1980 meilleure histoire courte pour Par la croix et le dragon

Occultant le reste de son œuvre,  A song of ice and fire (Le Trône de Fer sous nos latitudes) a fait de George R. R. Martin un auteur incontournable de la scène fantasy internationale. Pourtant, c'est vite oublier que l'américain écrit également dans le genre science-fictif.  Ainsi, les éditions actuSF ont récemment réédité son court roman Le Volcryn (critiqué ici) prouvant que ce pan des écrits de Martin mérite amplement qu'on y jette un œil. Avec le recueil Les Rois des sables paru en 2007 chez J'ai Lu, le public français découvrait 6 nouvelles de science-fiction dont 5 inscrites dans le même univers que Le Volcryn. Reste à savoir si le talent de l'écrivain se retrouve dans la forme courte.

Le recueil s'ouvre sur la multi-primée Par la croix et le dragon. Pour une entrée en matière, Martin frappe fort, très fort. Le Père Damien Har Veris est un chevalier de l'Inquisition au service de Torgathon, archevêque de Vess, serviteur de la Nouvelle-Rome. Il se retrouve confronter à l'hérésie de Lukyan Judasson qui vient de faire de Judas l'objet d'un nouveau culte. Revisitant l'histoire biblique en la saupoudrant de dragons, le culte hérétique s'étend rapidement sur la planète Arion. Rapidement, il s'avère que Lukyan ne croit pas en sa propre religion, à la stupeur de l'inquisiteur...On voit rarement Martin s'intéresser à des sujets graves et sensibles. Pourtant avec cette courte histoire, il aborde le problème de la religion et des croyances sous le jour de la science-fiction. Imaginant une Eglise du futur aussi puissante que divisée, il s'intéresse surtout à la question du pourquoi. Sa réponse est sans appel : le mensonge constitue le seul rempart de l'être humain contre la vérité et la vacuité totale de l'existence.  On ne pourra s'empêcher également de citer l'incroyable histoire biblique revue sous le jour de la fantasy. Totalement décalée, celle-ci tend à prouver qu'avec un peu d'imagination, on pourrait supposer que les textes religieux ne constituent rien de moins que de grandes épopées imaginaires. Par la croix et le dragon ouvre le recueil sur un authentique bijou.

Aprevêres semble prolonger le thème du mensonge. Mais cette fois, c'est la rencontre entre Shawn de Fort-Carin et Morgane la fée qui occupe le centre de l'intrigue. Poursuivie par des vampires, la jeune femme se retrouve sauvée par l'intrigante Morgane qui prétend avoir des pouvoirs magiques. Grâce à ceux-ci, elles visitent d'autres mondes durant une année jusqu'à ce que Shawn se rende compte que les supposés pouvoirs de Morgane ne sont pas ce qu'ils paraissent. Sur fond de monde fantasy avec des communautés organisées en familles, Martin mêle science-fiction, mythes et légendes. Efficace et jouant sur le non-dit, le texte se lit avec le plus grand plaisir.

Seule nouvelle en dehors de l'univers du Volcryn, Vifs-Amis n'en est pas moins un excellent texte. Brand raconte son histoire d'amour jamais vraiment concrétisée avec Melissa. Consolé par son ange, créature génétiquement modifiée, il vogue vers le satellite et station La Jungle des Changelins pour faire fortune en tentant de dépasser la vitesse de la lumière avec son vaisseau spatial. Pour cela, il doit faire appel à ces étranges créatures que sont les sombres et les Vifs-Amis. Construit autour de la mélancolie et des regrets, bercé d'un romantisme déçu, Vifs-Amis rassemble nombre d'éléments chers à l'auteur américain. Pourtant ce sont les idées qui jalonnent ce récit qui en font une réussite. En premier lieu les sombres, des êtres étranges qui chassent dans l'infinité spatiale en se déplaçant plus vite que la lumière. La rencontre de la race humaine avec ces créatures a engendré des formes de vies extraordinaires : Les Vifs-Amis. Ces fruits de la symbiose entre sombres et humains constituent le grand intérêt de l'histoire. En y ajoutant le talent de Martin pour forger des personnages attachants, on obtient une nouvelle fois un texte des plus réussis.

"On ne voit jamais vraiment un sombre, mais Brand savait à quoi s'attendre : il avait affiné le portrait dans ses rêves, son imagination. Beaucoup plus gros qu'un cligneux (presque de taille humaine), le globe pulsant d'énergie ne rayonnait guère dans le spectre visible. On le repérait aux flocons de matière vivante à la dérive dans la sphère."

La cité de pierres constitue la dernière prison de l'équipage du Pégase. Parmi celui-ci, Holt qui caresse l'espoir de quitter un jour le monde-étape de Gris-Repos alors que les Dan'lai, ces énigmatiques hommes-renards, semblent plus que jamais se moquer de lui. Il reste donc cette mystérieuse et gargantuesque cité de pierre, dont les sous-sols gardent bien des secrets. Cette nouvelle illustre à merveille le talent de Martin pour esquisser rapidement un monde colossal mais cette fois-ci, celui-ci n'est pas fantasy. Des dizaines de races, des mondes lointains et de mystérieuses légendes, tout préfigure la démesure du futur Trône de Fer. Malgré tout, l'histoire de Holt renoue avec la mélancolie du texte précédent, en mettant l'accent sur ce sentiment d'abandon et de désespoir qui étreint le cœur du héros. Grâce à sa fin teintée de fantastique, La cité de pierres ne démérite pas.

Autre facette bien connue de George R. R. Martin, la noirceur. Avec La dame des étoiles, il mêle cette noirceur à la quête de justice de Janey Small. Violée et volée par les sbires du Marquis, elle devient rapidement une des prostitués d'Hal le Poilu. C'est le cas également du môme d'or, le taciturne compagnon de la dame des étoiles. Mais lorsqu'on veut vendre le garçon, la dame des étoiles se révolte contre le Marquis et contre Hal. Entraînant le lecteur au cœur de l'abjection sur le Caillou contrôlé par le Marquis, l'américain montre qu'il peut aborder des sujets crus et rappellera à cette occasion les pages les plus perverses du Trône de Fer. L'intrigue ne fait pas dans l'originalité et la chute est assez faible. Ainsi, malgré la constance de la qualité d'écriture, La dame des étoiles reste le récit le moins convaincant de ce recueil.

Finissons par le plus imposant des récits du livre qui est aussi à l'origine de son nom : Les Rois des Sables. Avec Simon Kress et ses animaux étranges, le lecteur fait la connaissance d'un singulier personnage à la morale plus que douteuse. Pour impressionner ses amis, il va faire l'acquisition, dans la boutique Wo et l'Ombre, d'étranges insectes appelés rois des sables. Ces bestioles ont pour habitude de bâtir des châteaux avant de se faire la guerre, nouant des alliances entre elles pour renverser les dangers qui guettent la Gueule, une espèce de reine pondeuse avec des pouvoirs psioniques latents. Autre sympathique caractéristique, ces animaux s'acclimatent à la grandeur de leur habitat en augmentant de taille au fur et à mesure de leur vie. Malheureusement pour Kress, ses nouveaux protégés vont faire plus que le vénérer comme un Dieu, ils vont aussi devenir totalement incontrôlables ! Comme pour la première nouvelle, Les rois des sables a remporté de multiples prix et notamment le fameux triplée Nebula, Locus et Hugo. Et pour cause puisque l'aventure de Simon Kress s'avère être un des plus horrifiants récits de science-fiction. On y décèle aussi une intéressante réflexion sur la divinité et l'envie de l'homme d'être vénérer. On se trouve devant l'archétype de la nouvelle aussi divertissante qu'intelligente. Naturellement, ce sont les créatures des sables qui passionnent autant qu'elles effraient. On imagine d'autant mieux l'horreur de la confrontation entre cette espèce et les protagonistes humaines que la plume de Martin excelle à retranscrire ce sentiment d'impuissance face à un ennemi pléthorique. On n'exclura pas non plus les révélations finales qui rajoutent une touche d'horreur supplémentaire à un récit qui n'en manquait déjà pas ! Un indispensable pour qui veut frissonner. Mentionnons que cette nouvelle a été adaptée en tant que pilote de la fameuse série fantastique Au delà du réel, l'aventure continue sous le nom du royaume des sables. Largement remaniée et édulcorée, cette adaptation n'en reste pas moins intéressante à visionner.

" La gueule vit dans le château. Enfin, c'est moi qui l'ai baptisée gueule. Excusez la plaisanterie. Cette créature est à la fois mère et estomac. Femelle. De la taille de votre poing. Immobile. Que cette appellation de rois des sables ne vous induise pas en erreur : en réalité, les mobiles sont des paysans et des guerriers. Le véritable chef, c'est la reine. Mais cette comparaison-là n'est pas juste non plus. Pris comme un tout, chaque château constitue en fait une unique créature hermaphrodite."

La conclusion de

Le talent insolent de George R. R. Martinn'a décidément pas de limites. Non content de figurer parmi les meilleurs écrivains de fantasy, celui-ci s'impose comme un excellent écrivain de science-fiction, cela même dans la forme courte. Pour s'en convaincre, il suffira d'acquérir Les Rois des sables dont les 6 nouvelles oscillent entre le bon et l'exceptionnel. Rien que pour les nouvelles Les rois des sables et surtout Par la croix et le dragon, on ne peut passer à côté de ce recueil.

Que faut-il en retenir ?

  • Par la croix et le Dragon
  • Les rois des sables
  • Un ensemble de nouvelles d'excellente tenue
  • Des réfléxions intelligentes
  • Une écriture toujours maîtrisée

Que faut-il oublier ?

  • La dame des étoiles, légérement inférieure

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