75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°5 : Nous ne sommes pas comme Skynet et méritons d'exister, mais avec ce bloqueur de pubs actif, nous vous dirons 'Hasta la Vista, Baby!'
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Critique du Roman : Oussama
Oussama >

Critique du Roman : Oussama

Avis critique rédigé par Manu B. le mardi 25 mai 2010 à 2129

Profession: jihâdiste

"Comme des millions d'autres jeunes Musulmans du Califat et d'ailleurs, je porte ce nom en l'honneur d'Oussama Ben Laden et des Fils d'Oussama, les pères fondateurs. Je n'en dirai pas davantage pour protéger ma famille, si ce n'est que je suis le produit d'un mélange d'aisance et de privations. Enfant, j'ai reçu une bonne éducation coranique dans une des meilleurs madrasas, mais j'étais privé de la connaissance du vaste monde qui s'étend au-delà des frontières du Califat..."

Dans un futur proche, le Califat a été rétabli. Il a d'abord pris naissance en Arabie Saoudite puis a englobé plusieurs pays satellites pour former une puissance non négligeable sur l'échiquier mondial. Oussama est né dans le Califat et a suivi une éducation en adéquation avec les préceptes de l'Islam. Il suit ensuite une formation militaire brillante qui le conduit un jour à être remarqué par les services secrets du Calife. Ces derniers lui demandent de se rendre en France parce qu'il fuit officiellement son pays, mais il a secrètement pour mission d'infiltrer les cellules maghrébines françaises pour de futures actions dont on ne l'a pour l'instant pas informé. Il subit de plein fouet le choc des civilisations...

Norman Spinrad est l'auteur de nombreux romans en forme de critiques dont il s'est fait l'un des plus grands spécialistes: Les Années fléaux, en direct, rock machine, Rêve de fer d'une certaine manière, son chef d'oeuvre Jack Barron et l'éternité et le récent Il est parmi nous. Dans chacun il fait preuve à la fois d'un cynisme grinçant et d'une critique acerbe des excès de la société et aussi de l'impérialisme. Avec Oussama, édité par les éd. Fayard, il confronte un jihâdiste à l'impérialisme américain. Un cocktail forcément explosif.

Depuis le début des années 60, Norman Spinrad s'est attaqué à tous les sujets épineux, de la politique au show business, des USA à l'Allemagne. Bref il est un des seuls à faire tomber les tabous avec ce qu'il faut de cynisme ou d'humour. Il s'en est même pris à son public. Or, il en est un auquel très peu osent se frotter: décrire les membres des groupes islamistes tels qu'al-Qā'ida. Sujet casse gueule s'il en est, Norman Spinrad l'aborde d'abord sous l'angle de l'humour et dans un avenir plus ou moins proche.
Oussama est le narrateur et l'un de ces jeunes issus du nouveau Califat instauré par les Fils d'Ousssama et il apparaît sous des traits d'un candide lorsqu'il a l'opportunité de se rendre en occident, en France. Bien entendu, il n'est pas là pour faire du tourisme mais pour mener à bien une mission (qu'il ne connaît pas tout de suite). Néanmoins, privé de l'influence du reste du monde quand il était jeune, il éprouve des difficultés à s'intégrer dans cette société française qu'il juge dépravée. Et puis, par la force des choses, le mal n'est pas si mauvais, le cognac est bon et surtout il doit se fondre dans la population rapidement. Cette partie où l'on parle de graffitis, le ton est bon enfant. Il se fait plus grave ensuite dès que le sang coule, malgré un Oussama encore plein de cette candeur.
A partir d'ici, le récit semble très documenté.
Il y est décrit par exemple le hajj (ou hadj), le grand pèlerinage à la Mecque, où les rites journaliers observés par les futurs hajjis (ou hadjis) sont détaillés. On a l'occasion d'aller au Nigéria où l'on a droit à une nouvelle guerre du Biafra entre Haoussas (ou Hausas), Yorubas et Ibos. Enfin, car il s'agit aussi d'un apprentissage pour Oussama, l'écrivain propose de confronter les points de vue de différents musulmans, des sunnites, des chiites, des soufistes...

Et puis, c'est l'escalade de la violence.

La conclusion de

Sous la forme d'un thriller, Oussama est donc une quête spirituelle, théologique où l'on parle surtout de foi, sans tenter de l'expliquer (comme ça devrait toujours l'être)et en prenant de la distance avec les institutions religieuses. Le roman ne parle judicieusement pas de guerre de religions, mais de la confrontation d'un jihâdiste face à l'impérialisme américain, sujet traité avec courage et tact par Norman Spinrad. Le lecteur sera seul juge des réflexions présentées et du dénouement proposé.

Acheter Oussama en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Oussama sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+