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Critique du Roman : Le Volcryn
Le Volcryn >

Critique du Roman : Le Volcryn

Avis critique rédigé par Nicolas W. le samedi 22 mai 2010 à 2301

Bienvenue à bord de l'Armageddon

Prix Locus Novella 1981 - Prix Daikon (équivalent japonais du prix Hugo) 1982

Le Volcryn. Voilà bien un nom légendaire que celui-ci. Les Fyndii les craignent, les Damoosh les nomment peuple du vide, mais jamais les hommes ne les ont vus. Suite à la découverte de leur existence au travers d'une multitude de textes xénos, Karoly d'Branin a loué les services d'une équipe pour aller à leur rencontre. Dans ce but, il a également acheté les services de l'Armageddon, le vaisseau de l'énigmatique Royd Eris. Même si celui-ci se refuse à apparaître autrement que sous la forme d'un hologramme et même si le télépathe Thale Lasamer perçoit une présence hostile qui les met tous en danger, Branin sait qu'il trouvera ce qu'il désire ardemment, ses volcryns.

« J'avais trois ans et Kleronomas, comme Jésus de Nazareth, n'était plus que poussière d'oubli lorsque le volcryn passa à proximité de Daronne. Durant toute cette période, les Creys furent la proie d'un étrange trouble sensitif : ces sensitifs restaient là, immobiles, leur regard brillant, palpitant, fixé sur les étoiles. Maintenant je suis vieux, de plus en plus vieux. Bientôt, la mystérieuse nébulosité du volcryn percera le Voile du Tentateur et, à travers les abîmes sans vie, à travers l'éternel silence, nous le suivons, mon Armageddon et moi, nous lui donnons la chasse. »

Bien avant de devenir l'immense écrivain que l'on connaît aujourd'hui au travers de son formidable cycle A Song of Ice and Fire (dont la première intégrale est critiquée ici), George R. R. Martin écrivit quelques autres romans, novellas et nouvelles. Parmi ceux-ci, une novella : Le Volcryn. Récit de science-fiction couronné par le prix Locus 1981, ce huis-clos spatial préfigure déjà nombre d'éléments des futures œuvres de l'américain. Grâce aux éditions ActuSf et la toute nouvelle collection Perles d'Epice - qui rassemble les écrits anglo-saxons de l'éditeur - nous pouvons enfin relire ce court roman SF sous une magnifique couverture de Lasth.

Le lecteur se voit convié au voyage d'une dizaine de personnes sous l'égide de leur mécène Karoly d'Branin et sous la conduite de Royd Eris, le commandant du vaisseau Armaggedon. Principal mystère - du moins semble-t-il - ces mystérieux volcryns qui parcourent l'espace depuis la nuit des temps. Si le début du récit se concentre dans un premier temps sur les motivations de Karoly et esquisse quelques légendes sur les xénos, c'est rapidement le capitaine Royd Eris et son vaisseau inquiétant qui occupent le devant de la scène. Ce singulier personnage, par son refus de se présenter en chair et en os à l'équipage et par ses multiples secrets, fait rapidement figure de curiosité pour les membres de l'expédition. Couplons à cela les prédictions des plus affolantes du télépathe Lasamer et vous comprenez rapidement que le voyage s'annonce mouvementé.

Le plus gros point noir du récit de Martin est le manque d'originalité. Une équipe lancée sur les traces d'une mystérieuse civilisation extra-terrestre n'apparait pas comme une véritable révolution. A l'instar de son futur Trône de Fer, l'auteur se sert d'archétypes pour installer une ambiance et des personnages singuliers. Toute cette aventure serait bien vaine si l'écrivain américain n'avait pas une parfaite maîtrise de sa plume. De ce fait, ce sont d'abord les personnalités qui composent le roman qui sont particulièrement réussies. Une pléthore de seconds rôles, du télépathe inquiétant dont on ne peut savoir s'il est paranoïaque ou simplement dans le vrai, au xénobiologiste exécrable et tête-à-claques, la galerie servie par Martin s'avère plaisante (Mêm si certains sont malheureusement sous-exploités...). Bien entendu, ce sont les personnages principaux qui constituent le grand atout du livre. A commencer par ce commandant, Royd Eris, des plus ambigus et naviguant toujours entre blanc et noir, fascinant par son histoire et par ses secrets. Karoly d'Branin, obsédé par ses volcryns et qui en oublie ses camarades, donnant motif tantôt à la compassion tantôt au dégoût, ainsi que la « perfectionnée » Melantha Jhirl, personnage troublant dont l'évolution ravira le lecteur. Tout cela ne serait pas complet sans parler du plus imposant de tous, l'Armageddon. Vaisseau étrange et principal lieu de l'aventure, il s'affirme rapidement comme un acteur à part entière du récit jouant un rôle capital dans l'atmosphère du roman.

Cette ambiance paranoïaque entretenue dans les trois quarts du livre, résultat de l'environnement, des personnages et des événements, fait toute la différence. Victimes d'étranges phénomènes, les explorateurs vont vite devenir suspicieux. L'ennui du voyage rend les hommes curieux à l'égard de Royd Eris, les reproches fusent, les personnalités se révèlent. Livrés à eux-mêmes dans un espace confiné, les humains deviennent par trop avides de vérités. Des vérités forcément dangereuses. Par la maîtrise totale de son récit et par le savant agencement des divers éléments qui le composent, Martin fait merveille et transforme un banal voyage spatial en un thriller éprouvant. En y ajoutant ce jeu d'ambiguïté, les personnages travaillés et l'efficacité de l'histoire,  on retrouve en germe tous les éléments qui feront de George R. R. Martin le fabuleux conteur que nous connaissons à l'heure actuelle.

Le Volcryn est disponible à cette adresse.

« Lasamer porta ses longues mains pâles à son visage.

- Je ne sais pas, je ne sais pas, gémit-il. Et pourtant c'est là, je le sens, Karoly. Je capte quelque chose. Vous savez que je suis bon, c'est pour ça que vous m'avez choisi. En ce moment même, je vous capte par éclairs. Vous êtes en train de penser que je suis trop émotif, que je suis victime de la réclusion, que je devrais me calmer. (Le jeune homme éclata d'un petit rire hystérique qui s'éteignit aussi vite qu'il était né.) Non cela n'a rien à voir. Je suis bon, c'est tout. Classe un, garanti. Et je vous dis que j'ai peur. J'ai senti cette chose dès mon arrivée à bord. Et cela empire. Cela me poursuit dans mes rêves. Il y a quelque chose de dangereux et d'étranger, Karoly, d'étranger ! »

Merci à Amandine V. pour la relecture

La conclusion de

Premier livre de la nouvelle collection Perles d'Epice, Le Volcryn est un excellent choix éditorial. Il permet non seulement de rééditer un récit des plus agréables et aboutis mais aussi de faire découvrir une facette moins connue de George R. R. Martin, dans la science-fiction autant que dans la forme courte. A condition d'aimer les huis-clos, on recommandera chaudement cet ouvrage.

Que faut-il en retenir ?

  • L'atmosphère
  • Les personnages
  • Royd Eris
  • L'Armageddon
  • L'efficacité du récit

Que faut-il oublier ?

  • Le manque d'originalité
  • Certains personnages sous-exploités

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