75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°5 : Nous ne sommes pas comme Skynet et méritons d'exister, mais avec ce bloqueur de pubs actif, nous vous dirons 'Hasta la Vista, Baby!'
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Critique du Film : Ultimatum
Ultimatum >

Critique du Film : Ultimatum

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 1 mai 2010 à 1825

Paris 2016...

Le premier Banlieue 13, sorti il y a maintenant six ans, proposait une variation sans grand intérêt du New York 1997 de John Carpenter, transposant le concept de la ville prison en France dans un futur plus ou moins proche. Fabriqué sous l'égide de Luc Besson, le film brillait, certes, par la nullité de son scénario, mais s'avérait au final être un spectacle assez sympathique, grâce la mise en scène énergique de Pierre Morel d'une part, et au charisme d'un duo de héros somme tout assez sympathique d'autre part. Un spectacle joyeusement régressif en somme, présentant un intérêt artisitique proche de zéro, mais au global plutôt plaisant pour peu que l'on accepte de débrancher son cerveau. Succès commercial oblige, il n'a donc pas specialement été étonnant de voir débarquer un second volet - baptisé Ultimatum - proposant une nouvelle histoire à l'intérieur de la terrifiante Banlieue 13, preuve cinématographique que les quartiers de Paris peut être aussi dangereux que les ruelles de New York.

Enfin, sauf que le concept de la Banlieue 13 n'a jamais vraiment fonctionné. En effet, si le New York de Carpenter savait se faire flippant, c'est parce que les prisonniers enfermés à l'intérieurs étaient de véritables menaces ; ici, force est de reconnaître que ces personnages, présentés comme les pires des criminels parisiens, sont plutôt sympathiques. Ils sont tatoués et fortement armés, certes, mais comme ils ne s'en prennent qu'à la police, et qu'ils font exprès de toujours tirer à côté pour ne pas tuer, on a constamment le sentiment que l'on pourrait s'y promener à pied avec un short et un appareil photo sans jamais courir le moindre risque pour sa santé. Avec ses criminels sympas comme des bisounours et aussi terrifiant que des playmobils, Banlieue 13 faisait donc déjà doucement rigoler dans le premier opus. Pour ce second film, la tendance est maintenue : Ultimatum n'est pas plus sombre, plus torturé, au contraire, il se maintient, voire aurait même tendance à être plus gentil.

Dans cette banlieue présentée comme habitée de criminels vraiment dangereux - pauvre Luc Besson, il ne faut pas qu'il revienne dans le vrai monde, ça va lui faire bizarre - Damien et Leito vont devoir reformer leur binôme pour stopper une conspiration visant à détruire la Banlieue 13 (oui, oui, comme dans le premier film). Débutant de manière excessivement laborieuse - au bout de trente minutes, aucun élément de l'histoire n'a encore été posé - le film va donc aligner un scénario alibi créé uniquement dans l'intention visible et avouée d'aligner les scènes d'actions. On ne demandait certes pas à un tel film de posséder un scénario complexe, mais on pensait que le tout serait tout de même un minimum construit, et nous éviterait ainsi les grosses ficelles du style : l'indice capital pour résoudre l'intrigue se trouve dans le batiment où est emprisonné le héros.

Mais au delà de cette légèreté dans l'histoire racontée, c'est plutôt le fait que l'on ait l'impression que le film a été écrit par un adolescent de quinze ans qui a tendance à énerver. Par extension, c'est bien sur un repproche que l'on peut faire à tous les scénarios de Luc Besson. Cela ne pose pas spécialement de problème lorsqu'il s'agit d'un film comme Léon, qui met en scène un personnage légèrement attardé et une gamine, mais reste particulièrement énervant dans l'ensemble des autres cas. Ainsi, dans Ultimatum, les méchants mettent au point un plan diabolique d'une puérilité à la limite de la caricature, les dialogues font preuve d'une bétise et d'une gaminerie à toute épreuve, et les personnages sont uniquement caractérisés par le fait qu'avant toute autre chose, ils veulent être cool, et devenir un bad boy ultime genre le Justin Timberlake de la B13.

Pour les acteurs, il s'agit tout de même un défi assez considérable que de tenter de garder un minimum de crédibilité en débitant des lignes de dialogues dignes d'une cours de récréation. En cela, les interprétations de Cyril Raffaelli et de David Belle possèdent un certain capital sympathie, l'honnêteté de leur jeu permettant d'arriver à faire passer assez bien les merdes qu'on peut leur donner à dire. Le reste du casting, composé d'artistes venant du rap et du hip hop (MC Jean Gab'1, La Fouine) venant renforcer le casting pour donner au film d'autres arguments commerciaux, s'en tire également relativement bien. Paradoxalement, c'est l'acteur le plus expérimenté - et le plus reconnu - qui peine le plus dans sa prestation ; Philippe Torreton, qui interprète un président de la république française parlant et agissant comme un délégué de classe, frôle très souvent le ridicule, n'étant sauvé in extremis que par le fait que son rôle soit finalement très anecdotique.

Les mauvaises langues pourront légitimement se dire que tout cela caractérisait déjà le premier film. Certes, et d'un certain point de vue on ne peut pas être déçu par le scénario d'Ultimatum, et ce dans la mesure où il reprend les ingrédients qui avaient fait le succès du premier film. Là où cette suite pêche, en revanche, c'est sur son changement de réalisateur. Pierre Morel avait en effet donné à son film de belles prises de vue et suffisamment de rythme pour faire passer ces défauts au second plan. Patrick Alessandrin, en revanche, n'arrive jamais à correctement filmer les scènes d'actions qui font tout l'intérêt du long-métrage. Se contentant de poser sa caméra, et d'utiliser parfois les mêmes images deux fois de suite au montage, pour bien montrer leur caractère spectaculaire - ça se fait encore ça ? - il n'arrive jamais à mettre en valeur les très belles cascades effectuées et, surtout, à insuffler du rythme à son film. Tel quel, Banlieue 13 ultimatum s'apparente donc à un film d'action sous prozac.

La conclusion de

Succédant à un premier volet déjà pas extraordinaire, cet Ultimatum ne prend même pas la peine d'offrir aux spectateurs un scénario un tant soit peu différent qui pourrait apporter au tout un semblant d'originalité. On a donc constamment l'impression de revoir le premier film, sauf que derrière la caméra, Patrick Alessandrin met en scène très paresseusement les nombreuses scènes d'action qui sont au coeur du long-métrage. On s'ennuie donc beaucoup devant le film, et ce n'est pas le pauvre scénario de Luc Besson qui permet de palier efficacement à cela.

Que faut-il en retenir ?

  • Un binôme de comédiens sympathique,
  • De très belles cascades.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire alibi, calquée sur le premier volet
  • Scénario puéril,
  • Dialogues ridicules,
  • Mise en scène pas très énergique,
  • Techniquement très moyen.

Acheter Ultimatum en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Ultimatum sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+