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Critique du Film : The crazies

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 22 avril 2010 à 16:35

Un remake désolant...

A l'origine, The crazies - distribué en France sous le titre navrant de La nuit des fous vivants - était un film de George A. Romero proposant une alternative différente, bien que sur le fond très similaire, à sa cultissime Nuit des morts-vivants. Si le réalisateur n'en était pas encore à enchainer les films de zombies - Dawn of the Dead n'arrivera sur les écrans que cinq ans plus tard - sa manière de faire n'en demeurait pas moins identique et déjà éprouvée, à savoir traiter d'un sujet ouvertement fantastique pour y greffer thématiques et critiques sur la société américaine. On y retrouvait donc ce qui caractérisait - et caracterise toujours - fortement son cinéma : La nuit des fous vivants était une satyre intéressante sur l'armée et les bio-armements, mais un film formellement très bancal qui peinait à provoquer chez les spectateurs autre chose qu'une léthargie latente pendant une grosse centaine de minutes.

Mettre en chantier un remake apparaissait donc de prime abord comme une vraie bonne idée. Les producteurs hollywoodien ayant épuisé le filon des sagas cultes, il leur faut donc aujourd'hui trouver des films plus mineurs avec un nom prestigieux attaché au générique, et The crazies possédait intrinsèquement les bases d'un film solide. D'une certaine manière, d'ailleurs, La Nuit des fous vivants avait déjà connu un remake officieux et non avoué ; en effet, 28 jours plus tard utilisait déjà les mêmes ficelles scénaristiques : contagion, perte d'humanité, zombies vivants et critiques virulente sur l'institution militaire. Il fallait donc proposer un long-métrage qui sache transcender l'original, tout en évitant la comparaison avec le film de Danny Boyle. Pourtant, au final, ce remake officiel signé Breck Eisner fait bien pâle figure, ne résussissant vraiment à transcender l'original que sur un point : l'ennui provoqué chez le spectateur.

Le résultat final est à ce point décevant que pendant une heure quarante, rien ne semble vouloir fonctionner à l'écran, la faute à un scénario réellement mal fichu dans sa construction. Ainsi, plutôt que de se concentrer sur la contamination de plus en plus importante de la ville, et ainsi jouer sur un suspens allant crescendo, le script de Ray Wright et Scott Kosar préfère jouer la carte de l'ellipse - d'abord un cas, puis deux, puis toute la ville - pour ainsi se focaliser sur les péripéties du couple de héros interprétés par Timothy Olyphant et Radha Mitchell. Une intention défendable, certes, sauf que l'on sait pertinemment que ces deux acteurs connus - les deux seuls du générique - ne mourront pas avant la scène finale. Au lieu de mettre le spectateur en danger en tuant l'un des héros très vite - et ainsi compromettre la survie de l'autre - le script prend comme postulat que l'on stressera pour eux malgré tout. Raté, toutes les scènes les mettant au contact de contaminés tombent systématiquement à plat.

D'autre part, au delà de ce ratage que l'on trouve dans nombre d'autres films relevant du même genre, le script pèche également par sa redondance. Passé trente minutes, The Crazies répète à l'infini la même structure scénaristique : le groupe arrive dans un lieu nouveau, ils font des groupes pour aller explorer divers endroits - un groupe va explorer le couloir très sombre pendant que l'autre va parler aux individus bizarres - puis les choses se passent mal et des contaminés entrent en scène, d'où séquence de combat puis fuite vers un nouvel endroit. Bien que certains nouveaux lieux apportent au long-métrage des scènes convenables - la scène de la chambre d'enfant notamment, probablement la plus réussie du film - leur extrême répétitivité rend The Crazies particulièrement ennuyeux, et lui retire tout semblant d'intérêt. La dernière scène, d'ailleurs, n'est pas spécialement différente des autres, si ce n'est que le film ayant atteint sa durée conventionnelle, il peut désormais s'achever sur une conclusion baclée.

Derrière la caméra, Breck Eisner confirme assez rapidement tout le mal que l'on pouvait penser de lui depuis le calamiteux Sahara. Fils de Michael Eisner - l'ancien PDG de la firme Disney - Breck n'a assez visiblement pas gravi les échellons d'Hollywood grace à son talent (on dit merci qui ?). Yes man à peine capable de tenir une caméra, il peine à insuffler deux choses à The Crazies : la première est le suspens, mais à sa décharge, reconnaissons que le scénario ne lui en laissait que peu l'opportunité ; la seconde est le sens du rythme. Ainsi, au delà de tous ces défauts formels, le film démontre l'incapacité de son réalisateur à insuffler un quelconque tempo à l'histoire racontée. C'était déjà le défaut de Sahara que d'être un film d'aventure très "sucre lent", c'est aujourd'hui la principale tare de The Crazies que d'aligner des scènes d'actions particulièrement molassonnes. Pour résumer, n'y allons pas par quatre chemins : on s'ennuie ferme devant The Crazies.

Reste, malgré tout, que le film dispose d'un budget visiblement assez conséquent, et formellement plutôt biern utilisé. Ainsi, si le casting s'avère unanimement fade, reconnaissons tout de même que les acteurs jouent justes ; techniquement, l'image est léchée, le montage est clair, même dans les scènes d'action, la bande-originale est très correcte et les effets spéciaux relatifs aux maquillages donnent aux contaminés un look sympathique (bien que pas foncièrement original). Bien sur, tout l'aspect politiquement incorrect ou tout le sens critique dont faisait preuve l'original a été gommé de cette version bien stéréotypée. Le même procédé avait été utilisé dans L'Armée des morts, sauf que Zack Snyder savait y tenir une caméra et faire preuve d'inventivité visuelle. C'est d'ailleurs ce qui s'avère être le plus énervant dans The Crazies, en ce que la somme d'argent investie est inversement proportionnelle à la pauvreté artistique dont fait preuve le long-métrage.

25

Si le film original de George A. Romero était loin d'être un chef d'oeuvre - voire plus simplement un bon film - le remake réussit pourtant à être encore plus mauvais, et à s'enfoncer dans les tréfonds d'une médiocrité juste désolante. Bien entendu, le budget considérable accordé au film lui permet de techniquement tenir la route, et de bénéficier de comédiens professionnels qui connaissent suffisamment leur métier pour éviter le ridicule. Mais à côté de ça, tout est d'une pauvreté artistique juste consternante.

Critique de publiée le 22 avril 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Techniquement correct,
  • Des comédiens justes.

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation monotone,
  • Aucun sens du rythme,
  • Ne met jamais le spectateur en danger,
  • Une histoire mal conçue,
  • Un scénario prévisible,
  • Un casting globalement fade.

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