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Critique du film : The Door - La porte du passé [2011], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 13 avril 2010 à 13h14

Un gros potentiel mal exploité...

Vainqueur du Grand Prix de l'édition 2010 du festival de Gerardmer, Die Tür - actuellement distribué à l'étranger sous le titre The Door - est la première incursion dans le domaine fantastique du réalisateur allemand Anno Saul, metteur en scène d'ordinaire habitué à oeuvrer dans la comédie. C'est ainsi un virage à cent quatre-vingt degrés que ce dernier a effectué, son dernier film pouvant en effet être raccroché à de nombreux genres, mais en aucune façon à celui de la comédie. Drame intimiste, fable fantastique, thriller paranoïaque, Die Tür est une oeuvre ouvertement plurielle qui tente au maximum de se débarasser des étiquettes, ainsi que des conventions inhérentes aux différents genre auxquels il aurait facilement pu se rattacher. Comme si le défi de mettre en scène ce style de film n'était pas un pari suffisamment ambitieux pour Anno Saul, ce dernier s'appuie de plus sur un scénario ambitieux qui greffe sur cette histoire déjà riche de nombreuses thématiques.

A la base, Die Tür traite ainsi d'un drame humain - la perte d'un enfant - et surtout des conséquences que cela peut avoir sur la cellule familiale (deuil, culpabilité, pardon). L'introduction du facteur fantastique rajoute sur cette pièce montée de très fière allure un petit coulis de réflexion philosophique, notamment quant à tout ce qui a trait à la possibilité d'avoir une seconde chance. Parce que l'ambition de départ de Die Tür reste suffisamment rare pour pouvoir totalement être détestable, le film bénéficie très rapidement d'un capital sympathie emportant l'adhésion du spectateur. Cependant, alors que les minutes défilent, le film révèle petit à petit ses faiblesses, et ce tant au niveau de l'écriture qu'à celui de la mise en scène. Cette volonté affichée d'offrir au spectateur un tel long-métrage entraîne en effet nombre de lacunes, qui auraient certainement pu être évitées avec un script beaucoup plus solide dans sa construction, et, surtout, avec le talent d'un réalisateur plus expérimenté.

Le scénario est ainsi particulièrement léger dans sa construction. D'un point de vue formel, si l'histoire ne s'apparente pas à un clone de L'Effet Papillon, comme on pourrait le craindre de prime abord, elle néglige ses détails, notamment tout ce qui peut avoir attrait à de quelconques éléments de cohérences et de logique. Le héros semble ne jamais se poser les bonnes questions - voire parfois se poser des questions tout court - ses actes sont parfois tirés par les cheveux et ses réactions arrivent très régulièrement trop tard par rapport à l'élément déclencheur qui les a engendrés. Conséquence : si le personnage agit clairement comme un ami du scénariste - son questionnement et ses actions sont régulièrement repoussés pour entretenir le capital mystère du film - le spectateur peine à s'identifier à lui. La partie dramatique du film tombe ainsi rapidement à l'eau tant il est difficile d'avoir une quelconque empathie pour le personnage principal trop mou ou très stupide (au choix).

D'une façon similaire, les thématiques présentes dans le script sont nombreuses, mais toutes sous-traitées, et ce à l'image de cette introduction poussive et baclée dans laquelle tous les éléments sont trop rapidement mis en place. En effet, si le film s'appuie sur un postulat de départ fort, il peine très rapidement à créer une véritable émotion quant à la tragédie vécue. Trop vite, cette partie dramatique va toucher le fond et épuiser ses maigres possibilités, alors que la partie fantastique va faire son apparition pour rebooster l'intérêt du spectateur. La même méthode sera réutilisée à la moitié du film, alors que la partie fantastique, exangue, n'aura plus rien à dire, le thriller paranoïaque pourra commencer. Les genres s'enchainent, mais ne se mélangent donc malheureusement jamais, restant cloisonnés et définitivement étanches les uns aux autres. A l'intérieur de chaque partie, les thèmes ne connaîtront donc que des traitements très expéditifs.

Derrière la caméra, Anno Saul peine très visiblement à mettre en image ce scénario. Ce qui touche au fantastique semble être trop rapidement expédié, la partie drame n'est jamais émouvante et le thriller s'avère souvent plus grotesque qu'autre chose. D'une manière générale, Saul n'arrive pas à insuffler de rythme à son film, lequel souffre d'importantes chutes de rythme - qui auraient pu s'apparenter à de l'émotion, sauf qu'ici tout est plat - lesquelles sont régulièrement rompues par des scènes relevant du mystère ou de l'action. Au final, il n'y a que dans les moments où l'histoire du scénario avance que Die Tür reprend du poil de la bête et remobilise efficacement l'intérêt du spectateur. Il faut quand même, à ce niveau, reconnaître que l'histoire racontée est suffisamment solide et surprenante pour servir efficacement de béquille au long métrage, et palier des faiblesses de réalisation trop visibles.

D'une manière formelle, le film est irréprochable. Loin des clichés que l'on peut se faire du cinéma allemand, Die Tür ne ressemble jamais à un Derrick des années quatre-vingt. Quelque-part, le film s'apparente d'ailleurs plus à un produit américain qu'à un long-métrage germanique ; ainsi, au niveau des décors, le quartier choisi est typique de ce que l'on peut voir dans les films outre-atlantique, donnant de fait au tout une portée très universelle. Devant la caméra, le casting principal ne révèle aucune faiblesse - les seconds rôles sont en revanche mauvais ou fades - et, bien que ne transcendant pas leurs personnages, les comédiens possèdent suffisamment de talent et d'expérience pour tenir leurs personnages dans les différents registres. Mads Mikkelsen, s'il ne livre pas sa meilleure performance, réussi parfaitement à palier aux incohérences de son personnage, pour transcender quelques scènes éparses, et ainsi offrir au film ses plus beaux moments.

La conclusion de à propos du Film : The Door - La porte du passé [2011]

Vincent L.
40

En voulant faire se cotoyer énormément de thématiques avec de trop nombreux genres cinématographiques, Anno Saul perd très rapidement le fil principal de l'histoire qu'il raconte, et s'emmêle les pinceaux au point qu'il finit par sous-traiter absolument tout. Ajouté à cela un script s'avérant très léger sur tout ce qui peut toucher à la cohérence de l'histoire ou à la psychologie des personnages, et The Door, pourtant vainqueur d'un Grand Prix festival de Gerardmer, s'apparente au final à un long-métrage réellement maladroit, qui ne parvient jamais à concrétiser l'énorme potentiel de départ dont il disposait.

Que faut-il en retenir ?

  • Histoire surprenante dans son déroulement,
  • Quelques thématiques intéressantes,
  • Un casting principal convaincant,
  • Techniquement irréprochable.

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation pauvre,
  • De nombreuses chutes de rythme,
  • Beaucoup d'incohérences,
  • Psychologie des personnages peu fouillée,
  • Des second rôles assez mauvais,
  • Quelques séquences grotesques.

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