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Critique du Film : Les chèvres du Pentagone
Les chèvres du Pentagone >

Critique du Film : Les chèvres du Pentagone

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 24 mars 2010 à 0958

Une relative déception...

Il est intéressant de comparer quels ont été les impacts respectifs des guerres du Vietnam et d'Irak sur le cinéma américain. Si la première a donné au septième art des oeuvres aussi violentes que politiquement engagées - Platoon, Outrage entre de nombreux autres - la seconde, actuellement en vogue dans les productions hollywoodiennes, aura plutôt inspiré des comédies plus ou moins légères - des Rois du Désert à Jarhead - ainsi que nombre de longs-métrages assez peu recommadables, parfois ouvertement à destination d'un public d'adolescents - le futur Cher John. Exception faite des très sérieux Redacted et Syriana, la guerre en Irak véhicule donc dans le cinéma une image de guerre fantoche, voire de grosse bouffonerie. Les chèvres du Pentagone s'inscrit ouvertement dans cette mouvance, se positionnant comme une grosse comédie populaire, tout en s'inscrivant dans le contexte post occupation américaine de l'Irak.

A l'origine, Les chèvres du Pentagone s'appuie sur un ouvrage sérieux, écrit par le journaliste Jon Ronson, présentant une enquête sur un programme du gouvernement américain destiné à trouver des applications militaires à la parapsychologie. Si l'on est loin du grand journaliste d'investigation - le secret-défense avait été levé lors l'arrêt du programme en 1995, soit presque dix ans avant la publication du livre - le résultat n'est cependant pas à la hauteur de quelconques prétentions comiques, ne se contentant que de révéler quelque chose de totalement absurde ; ainsi, pour sa transposition au cinéma, le scénario de Peter Straughan n'hésite pas à énormément déformer et à caricaturer les faits pour les placer sous l'angle de la comédie. Cela ne serait, en soit, pas particulièrement génant si le film ne se réclamait pas d'être "une histoire plus vraie qu'on ne saurait le croire".

Cette mauvaise fois, qui se trouve à l'origine du film, est finalement caractéristique du message politique qu'il souhaite véhiculer. En effet, au delà de ces aspects relevant de la comédie pure, Les chèvres du Pentagone est un long-métrage qui s'inscrit dans cette mouvance de dénonciation de la guerre Irakienne dont George Clooney est une sorte de porte-drapeau à Hollywood. Ainsi, sous couvert d'une comédie populaire, le long-métrage de Grant Heslov sait distiller nombre de critiques sur cette guerre ou sur l'occupation américaine. Si certaines sombrent dans le démagogisme pur et simple - le personnage de George Clooney s'excusant de cette guerre auprès d'un père de famille Irakien - d'autres s'avèrent nettement plus pertinentes, notamment toutes celles tournant autour des milices américaines privées qui agissent en toute impunité dans le pays depuis la chute de Saddam Hussein.

Bien sur, au delà de ces messages et de ces critiques disseminés par ci par là, Les chèvres du Pentagone est avant tout une comédie, et au final un film plutôt bien écrit. Jouant de l'absurdité totale de son postulat de départ, il met en scène ce journaliste tout à fait banal - Ewan McGregor, plutôt fadasse - qui va croiser la route d'un guerrier jedi - George Clooney, qui s'amuse comme un petit fou - lequel va lui raconter comment l'armée l'a formé à devenir un moine guerrier et à utiliser les facultés de son esprit pour gagner des guerres. Le film se déroule sur deux époques, actuellement en Irak, et, par flashback, dans les années quatre-vingt, avec la mise en place du programme "Planète Neuve" par le colonel Django - Jeff Bridges, totalement déchainé ! En jouant sur ces deux époques, le scénario aligne les gags sans jamais les répéter et enchaine des lignes de dialogue souvent savoureuses.

Le potentiel était donc, sur le papier, bel et bien présent pour accoucher d'un futur film culte. Malheureusement, derrière la caméra, l'acteur Grant Heslov rate sa mise en scène du début à la fin. Se contentant de poser sa caméra et de filmer paresseusement de talentueux acteurs réciter de très bon dialogues, il plombe son long-métrage en ne sachant jamais lui insuffler un quelconque rythme. Résultat : si l'on sourit très souvent, et si certains gags font tout de même mouche, en s'ennuie paradoxalement tout autant alors qu'avance l'histoire. Plus impardonnable, Heslov rate même certains gags qui auraient pu devenir cultes, mais qui ne savent finalement qu'arracher un sourire - la technique d'attaque au couteau sans couteau, notamment, disposait d'un potentiel beaucoup plus grand. C'est quelque part le paradoxe de ces Chèvres du Pentagone que de faire rire tout en ennuyant passablement.

Reste que le film dispose d'une bonne humeur communcative, les acteurs se sont très visiblement amusés, et si aucun ne livre la performance de l'année, leurs divers talents comiques font souvent mouche. Dans les rôle secondaires, on remarquera les performances totalement allumées de Stephen Lang, qui joue avec bonheur sur son image de gros dur à cuire directement héritée d'Avatar, et de Robert Patrick, qui, en l'espace d'une seule scène, arrive à livrer un personnage totalement déchainé. On regrettera tout de même que Kevin Spacey soit malheureusement sous-exploité dans le film, son personnage ne lui laissant que très peu d'espace pour laisser exploser son talent comique, et ce d'autant que face à lui, les personnages de George Clooney et de Jeff Bridges disposent des dialogues les plus savoureux et des gags les plus amusants.

La conclusion de

Bien que doté d'un scénario réellement qualitatif, Les chèvres du Pentagone n'arrive jamais à décoller au delà de son postulat de base. La faute à un réalisateur inexpérimenté qui ne sait jamais insuffler le moindre rythme à son film, et se permet même de filmer très paresseusement des gags qui, bien que drôles, auraient pu être nettement plus efficaces. Le résultat final n'est donc pas à proprement parler désagréable, mais passe à des kilomètres du statut de film culte qu'il aurait pu avoir entre les mains plus expérimentées des frères Coen ou de Steven Soderbergh.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario bien écrit,
  • Des dialogues souvent drôles,
  • Des gags efficaces,
  • Clooney, Bridges et Lang qui s'éclatent visiblement,
  • Un aspect politiquement engagé non négligeable, surtout dans une comédie populaire.

Que faut-il oublier ?

  • Aucun rythme,
  • Une réalisation paresseuse qui ne met pas en valeur l'humour du film,
  • Kevin Spacey, totalement sous-exploité,
  • Ewan MacGregor, très fade.

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