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Critique du Recueil de nouvelles : Espaces Insécables

Avis critique rédigé par Nicolas W. le lundi 1 mars 2010 à 2007

Une SF Sensible et Poétique

"Grandir ou vieillir ? Vieillir c'est accepter de se laisser piéger par tous ses choix passés, jusqu'à ne plus avoir aucune décision à prendre. C'est pour vivre autrement que nous avons créé l'Arche - l'avez-vous oublié ? Pour ne pas céder à cette facilité. Pour ne pas s'installer dans uns stabilité confortable. Ce serait tellement plus simple, bien sûr..."

Prix Septième Continent 1986 pour Carte Blanche

Prix Rosny Aîné 1986 pour Le Chemin de la Rencontre

Après Le miroir aux éperluettes, c'est par Espaces Insécables que se poursuit la publication des nouvelles de Sylvie Laîné chez les éditions ActuSF. Rappelons que le premier tome fut en demi-teinte mais qu'on y décelait une vraie amélioration au gré des nouvelles contenues dans le recueil. Par cette deuxième parution constituée de 6 nouvelles, il est temps de voir si la française est capable de tenir les promesses entrevues...

Le recueil s'ouvre par Carte blanche, l'histoire de Serge, résident de L'Arche (un gigantesque vaisseau spatial voguant dans l'espace et allant de monde en monde) dont la vie va changer avec la réception de ses nouvelles cartes de vies. En effet, cette communauté a choisi de vivre dans le changement pour ne pas s'enkyster dans la routine et faire de multiples expériences. Même si Serge doit pour cela abandonner celle qu'il aime... Sylvie Laîné s'essaye ici à l'utopie avec une grande réussite. Décrivant une société basée sur un changement constant grâce à un jeu de cartes régulièrement changé... Mais qui se prive pourtant de bien des vertus de la stabilité. Elle réussit finement à questionner le lecteur sur la pertinence de ce mode de vie. C'est aussi par la description de l'Arche que la nouvelle gagne en beauté : il s'agit d'un vaisseau en constant changement, déplaçant des sections entières qui le composent et reconstituant ainsi un paysage nouveau. Une excellente entrée en matière.

Le Chemin de la rencontre reprend des éléments de cette nouvelle (l'Arche est mentionnée à plusieurs reprises...) pour confronter Serge à la disparition de sa compagne, Lorrie, sur la planète partagée par Bats et Spiriens, deux espèces vivant en symbiose, la première étant "l'hôte" de la seconde. Pour communiquer, les Spiriens emploient des messages olfactifs en manipulant les molécules, chose qui fascine Lorrie. Etrange texte que celui-ci, reprenant l'idée de symbiose pas forcément originale, mais surajoutant une communication olfactive magnifiquement décrite par les mots de la française. Pourtant, il s'agit ici de la nouvelle la plus faible du recueil, par trop obscure et qui reste beaucoup trop courte pour découvrir les deux races malgré leurs indéniables mystères...

La troisième histoire est aussi la plus courte. Sur une dizaine de pages, nous assistons à l'étrange entretien entre deux extra-terrestres d'un vaisseau spatial et le singulier ordinateur qui le dirige. Celui-ci s'est récemment mis à divaguer, prendre des directions illogiques  et...à composer de la poésie. Partenaires est aussi courte que géniale. Utilisant clairement le registre humoristique, le texte de Sylvie Laîné fait merveille. La personnalité de l'ordinateur et des deux protagonistes, alliés aux raisons qui font que cet "ordinateur cerveau" déraille, provoquent de grands sourires aux lecteurs. L'auteur prouve dans le même temps que le cerveau humain n'a de cesse de s'imposer des contraintes farfelues pour se sentir vivant...

" Mais en fait, elle essayait surtout d'imaginer ce que c'était de ressentir la colère de quelqu'un. Une émotion violente chez l'autre provoquait habituellement des nausées chez un télépathe. Malaises, vertiges, sueurs froides, auxquels le cerveau cherchait une explication rationnelle : il suggérait alors des odeurs déplaisantes, des sensations visqueuses ou glaciales, des goûts amers ou métalliques... Le corps souffrait, l'effet suggérait la cause."

Vincent vient d'atterrir dans le salon de Lambert et Carine occasionnant un grand fracas. Venant de 2025 pour visiter l'an 2100, il sera bien surpris face aux Passes, de petites boules qui permettent à leur utilisateur de se débarrasser de la peur d'un quelconque objet, comme une araignée par exemple. Pourtant cette fabuleuse technologie sert aussi pour punir les condamnés, reliant le centre du plaisir à celui de la douleur... Cette fois encore, Sylvie Laîné s'essaye à une vision utopiste grâce au Passe-Plaisir. Cette invention, aussi simple que bien utilisée, donne tout l'intérêt du texte, reléguant l'histoire de voyage temporel au second plan malgré la chute finale ! Une bonne pioche.

Si Partenaires semblait pouvoir tenir le titre de meilleure nouvelle du recueil, c'était sans compter sur Définissez : Priorités. Dans celle-ci, Aïda est une scientifique qui cherche à résoudre les problèmes rencontrés par Aston et les siens, des télépathes humains qui attendent de partir sur une planète extra-terrestre. De celle-ci est venu un signal et il échoit aux télépathes d'aller trouver dans le sable et les ruines l'histoire de cette civilisation. Entre télépathie et émotion pourtant, la chose s'avère complexe... Mêlant nanomachines, télépathie, empathie et voyage spatial, l'auteur livre une magnifique nouvelle dont l'émotion liée à la relation entre Aïda et Aston amplifie encore la qualité. On compte également de nombreuses idées magnifiques dont celle notamment de décrypter la vie d'un peuple du sable qui recouvre son monde. Magnifique.

Pour fermer le recueil, c'est au tour de Jim ou Jacques de captiver le lecteur dans Subversion 2.0. Celui-ci vient faire un double de lui-même sur la demande d'une personnalité pour tester les bénéfices à tirer d'une telle technologie... Autant le dire tout de suite, ce ne sont pas vraiment ceux attendus. Pour terminer, Sylvie Laîné revient dans le registre de la mélancolie et de l'émotion comme dans son précédent recueil mais avec bien plus de succès. Si l'idée d'un double et d'une nécessaire synchronisation n'ont rien d'originaux, son traitement et son utilisation sont remarquables, tout autant que le style employé.

"Je regarde mon double. Il est un peu transparent par moments, ils n'ont pas dû encore complètement le stabiliser. Assis dans un fauteuil, derrière la glace sans tain, il regarde dans notre direction. De son côté, il doit y avoir un grand miroir. Est-ce qu'il se doute que nous sommes derrière ? Ou bien il étudie son reflet ? Qu'est ce que je ferais, à sa place ?

Merci à Amandine V. pour la relecture.

La conclusion de

En définitive, Espaces Insécables corrige les défauts du précédent recueil et prouve que Sylvie Laîné est une excellent auteure. On trouvera ici les textes forts qui manquaient sûrement au miroir aux éperluettes, avec des idées aussi belles qu'intéressantes tout en conservant le style limpide et poétique de la française. Il est maintenant certain que le lecteur attendra avec grand intérêt Marouflages, dernière publication en date de Sylvie Laîné chez ActuSF. Quoiqu'il en soit, Espaces Insécables est une lecture des plus agréables.

Retrouvez la critique du miroir aux éperluettes ici.

Que faut-il en retenir ?

  • La diversité des idées
  • La plume de l'auteur
  • Partenaires
  • Définissez : Priorités

Que faut-il oublier ?

  • Le chemin de la rencontre

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