75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°4 : Au secours ! Un Publi-killer se ballade dans le coin. Une seule solution, le désactiver pour de bon.
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Critique du Film (Direct to Vidéo) : Inside
Inside >

Critique du Film (Direct to Vidéo) : Inside

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 9 février 2010 à 1857

Un Ring-like qui ne s'assume pas...

Si les Ring-like sont aujourd'hui passés de mode au cinéma, ils font pourtant encore le bonheur des productions DTV qui y voient des concepts rentables pour lancer des productions vaguement horrifiques chiches en effets spéciaux. C'est ainsi que le scénariste Brad Keene semble désormais faire carrière dans ce type de produit fantomatique, de manière parfois assumée - The grudge 3, qui annonce la couleur dès son titre - comme de façon très détournée, à l'instar de cet Inside. Résumé vaguement, le film de Phedon Papamichael pourrait être présenté comme un cross-over entre Ring et Destination Finale, le tout saupoudré d'une petite touche de Phénomènes, où une terrible malédiction passe d'individu en individu pour les obliger à se suicider, et ce sans que n'existe aucun moyen d'échapper à ce funeste trépas. Vu comme ça, Inside ne transpire de toute façon pas la moindre originalité, mais, auréolé d'un bouche à oreille convenable, pouvait laisser espérer une petite série B efficace.

Mais non... Pourtant vainqueur du prix du meilleur film et du meilleur scénario au Solstice Film Festival de 2008, Inside déçoit constamment les maigres espoirs que l'on avait pu mettre en lui. Principale tare : on est ici en présence d'un long-métrage au rythme très derrickien, le réalisateur ayant choisi de baser son film sur l'ambiance plutôt que sur les habituels effets chocs ; intention honorable, certes, sauf que Phedon Papamichael s'avère absolument incapable que créer quoi que ce soit qui puisse s'apparenter, de près comme de loin, à une atmosphère. Alors le verdict tombe, on aurait dû être pris par le film, mais on se trouve contraint de le rejeter tant celui-ci s'avère particulièrement soporifique. Malgré la petite dizaine de morts qui émaillent Inside, on a constamment l'impression qu'il ne se passe strictement rien, et on finit par passer le temps à faire autre chose en observant d'un oeil distrait l'histoire avancer péniblement.

En effet, le massacre ne s'arrête pas au manque de technique du réalisateur ; il faut ainsi bien avouer que ce dernier avait dès le départ fort à faire avec un script mollasson qui peine à réellement décoller. Probablement persuadé de tenir entre les mains une bonne histoire, Brad Keene a visiblement axé son scénario sur les éléments non fantastiques, notamment sur des notions de culpabilité, de secrets de famille, et sur le poids des institutions religieuses dans la vie de tous les jours. Si ce dernier point est ce qui reste de plus agréable dans le film - même si déjà vu des centaines de fois, en mieux - tout ce qui peut tourner autour des personnages n'arrive jamais à s'ancrer dans quoique ce soit d'un tant soit peu solide ; avec ses héros et ses méchants aussi épais que des tickets de métro, tous ces ressorts dramatiques tombent systématiquement à l'eau.

Ne reste donc à se mettre sous la dent que cette histoire de fantôme qui sent bon l'influence yurei eiga. Le fantôme prendra ici des apparences différentes, mais restera malgré tout ancré dans une représentativité à la limite de la caricature involontaire, chose que l'on a de plus en plus de mal à accepter depuis cette mode post-Ring dont on a soupé jusqu'à l'overdose. Même la combinaison avec le concept des Destination Finale - où les protagonistes ne peuvent, au mieux, que reculer l'heure de leur mort - laisse dans la bouche un fort goût de déjà vu ; d'autant qu'à l'inverse de cette franchise, qui mise tout sur l'originalité des ses meurtres, les morts d'Inside sont particulièrement insipides et convenues, n'offrant même pas le minimum de gore que l'on pourrait être en droit d'attendre pour relever un tant soit peu une sauce bien fadasse.

Devant l'écran, les comédiens sont à l'image de la qualité générale du film. Si l'on excepte les très courtes mais acceptables performances de Steven Culp et Laura Allen, les acteurs principaux livrent des prestation inégalement mauvaises, allant de l'habituel fade - Elizabeth Rice, qui joue à merveille la fille sans personnalité - au juste très mauvais - Thomas Dekker , aussi crédible en méchant que Bourvil pourrait l'être en Terminator - en passant par le grotesque pur et dur - Adam Goldberg, que l'on croirait sorti d'un porno italien des années soixante-dix. La simplicité du script transparait sur eux à tel point que leurs personnages ne sont identifiables rien qu'à leurs vêtements, le look gothique s'imposant une nouvelle fois comme symbole d'un esprit dérangé et d'une enfance difficile. On se croirait presque revenus aux années quatre-vingt et aux dangers véhiculés à l'époque par l'imagerie punk.

Reste que l'ensemble dispose tout de même d'une qualité technique acceptable qui ne transpire jamais le manque de budget (c'est d'ailleurs peut-être ça le pire...). Sans faire preuve d'aucune orignalité, la photographie est soignée, le montage est clair et les effets spéciaux sont à la fois pas trop mal fichus et correctement utilisés ; sur la forme, Inside ne s'apparente donc pas à un nanar de seconde zone - ce qu'il est presque pourtant - mais comme une production honorable de direct-to-video, ce qui, d'ailleurs annihile tout humour involontaire qui aurait pu rendre le film un peu plus sympathique. Mais bon, voyons le bon côté des choses, à défaut d'avoir quelque chose d'intéressant à se mettre sous la dent, le film ne provoque aucune douleur occulaire, c'est déjà ça...

La conclusion de

Direct-to-dvd ayant pourtant reçu quelques récompenses - dont meilleur film et meilleur scénario au Solstice Film Festival 2008 ! - Inside n'est au final qu'un gros pétard mouillé au potentiel horrifique proche de zéro. A mi-chemin entre Ring - sur le fond - et Destination Finale - sur la forme - le long-métrage de Phedon Papamichael est juste une oeuvre très médiocre à peine sauvée du naufrage total par sa critique pas forcément désagréable - même si trop manichéenne pour être réellement pertinente - des institutions religieuses américaines. A choisir, préférez regarder un vrai nanar...

Que faut-il en retenir ?

  • Une critique religieuse convenue, mais pas désagréable,
  • Techniquement acceptable,
  • Plus efficace qu'un somnifère.

Que faut-il oublier ?

  • Aucun rythme, aucun suspens,
  • Histoire bateau, scénario prévisible,
  • Casting complètement à la ramasse,
  • Meurtres peu inspirés,
  • Plutôt radin en effets gore,
  • Encore un Ring-like...

Acheter Inside en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Inside sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+