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Critique du film d'animation : Le Drôle de Noel de Scrooge [2009], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 3 décembre 2009 à 14h18

Un classique un peu trop classique...

Robert Zemeckis et le motion-capture : troisième ! Après le laborieux Pôle Express et le nettement plus intéressant La Légende de Beowulf, le réalisateur des Retour vers le futur - entre beaucoup d'autres - s'attaque au classique de Charles Dickens L'étrange Noël de Scrooge avec les techniques de plus en plus performantes de motion-capture. Pour les non-initiés, sachez que cette dernière consiste à enregistrer les mouvements d'un acteur afin d’obtenir en temps réel l’animation d’un personnage numériquement créé. Cela permet ainsi de réaliser des films d'animations mettant en scène des humains visuellement corrects - même Pixar peine à animer de manière crédible des humains réalistes - et de permettre un travail sur les décors et les mouvements de caméra qui serait fatalement plus limités sur un tournage en prise de vues réelles. Parmi les films marquant ayant utilisé cette technique, citons en guise d'exemple les remarquables Renaissance ou A Scanner Darkly.

Si les techniques de motion-capture peuvent donc servir un film en lui offrant un univers graphique original, elles s'apparentent pourtant à un simple gadget dans nombre d'autres cas où un tournage ordinaire aurait permis d'obtenir un résultat au moins meilleur, sinon qualitativement similaire. La Légende de Beowulf ou Le Pôle Express, déjà de Robert Zemeckis, auraient ainsi clairement pû se passer de ce format numérique pour n'être "que" des films live ; dans Monster House, produit par Zemeckis, le motion-capture était pour le coup un gadget sans grand intérêt tant les personnages mis en scène n'étaient physiquement pas crédibles. Bref, il apparaît assez clairement que si Robert Zemeckis semble désormais vouloir orienter la totalité de son cinéma vers cette technologie, à défaut de prises de vues réelles, il peine pourtant à lui trouver des scénarios et des univers graphique qui justifieraient son utilisation, ce qui est malheureusement une nouvelle fois le cas avec L'étrange Noël de Scrooge.

Bien entendu, si ce n'est l'aspect purement technique, d'aucun pourront retorquer qu'il n'y avait pas spécialement d'intérêt à porter une nouvelle fois à l'écran la nouvelle de Charles Dickens, classique transposé tellement souvent sur des supports aussi nombreux que variés - films, livres, séries télévisées, etc. - qu'il semble n'être qu'un amas de clichés dégoulinants de bon sentiments. Effectivement, force est de constater qu'au delà de toute velleité artistique, L'étrange noël de Scrooge, ici très fidèlement transposé, sent quelque peu le moisi et n'est finalement qu'un produit très formaté des fêtes de noël. Peut-être plus qu'ailleurs, il aurait pourtant été préférable que le film prenne ses distances avec l'oeuvre d'origine, tant son scénario peinera à intéresser tout spectateur âgé de plus d'une dizaine d'années.

En l'occurence, donc, vu la pauvreté artistique de l'adaptation, le motion-capture offre au film un intérêt qu'il n'aurait certes pas eu s'il avait été fait en live. A ce niveau, la réussite est de mise, cette technologie atteignant désormais un niveau qualitatif assez impressionnant. On retrouve donc tous les points forts qu'avait La Légende de Beowulf - décors, jeux de lumière, mouvements de caméras - ainsi qu'une correction de nombre de faiblesse que se dernier pouvait avoir. Les visages des protagonistes principaux sont plus détaillés, plus crédibles, leurs expressions sont maintenant moins figées. Le personnage de Scrooge s'apparente ainsi une véritable réussite : jusque dans le mouvement des yeux et les petites mimiques, on semble voir Jim Carrey s'agiter devant nous. Reste quelques petits détails perfectibles - l'animation du feu, les visages des figurants - mais dans l'ensemble, le film est une véritable réussite technique.

Le problème, au final, vient du fait que cette brillante réussite technique éclipse tout le reste. Visuellement, le produit est beau, certaines séquences sont même absolument superbes, mais le tout manque cruellement d'âme. Ne vous attendez pas à être ému devant L'étrange noël de Scrooge, car aucun semblant d'émotion ne parcourre le film. Ecrasée par d'hallucinantes séquences dans lesquelles Zemeckis utilise habilement les procédés 3D, l'émotion inhérente au conte de Charles Dickens s'évanouit rapidement alors que le récit s'avère aussi touchant qu'un poisson mort dans une barquette sous vide de supermarché. Si l'on ne pourra repprocher à Zemeckis d'avoir dans le pathos, avouons tout de même qu'absolument rien ne fonctionne à ce niveau, le film s'avérant au final plus ennuyeux - parce que prévisible - qu'autre chose.

Encore plus génant est le fait qu'absolument tout dans le film semble formaté pour faire de L'étrange noël de Scrooge un produit commercial sans âme. La mise en scène de Robert Zemeckis fait certes preuve de virtuosité, mais est d'un académisme presque affligeant, la musique d'Alan Silvestri ne s'éloigne jamais des canons de Noël, le casting de star s'avère totalement anecdotique - Robin Wright Penn , Bob Hoskins et Cary Elwes sont au mieux des figurants - et l'interprétation de Jim Carrey, très inégale suivant les rôles, ressemble à un simple excercice de style. Seule exception à ce formatage général, l'histoire qui n'a aucunement été censuré, y compris dans ses passages les plus sombres et les plus effrayants. Ainsi, au risque de se couper d'une partie de son jeune public, L'étrange noël de Scrooge ne fait pas l'impasse sur le terrifiant spectre des noëls à venir et sur son funeste cortège ; les adultes y trouveront sans conteste les seuls moments mémorable d'un film qui l'est nettement moins.

La conclusion de à propos du Film d'animation : Le Drôle de Noel de Scrooge [2009]

Vincent L.
40

Le drôle de Noël de Scrooge est un film techniquement et visuellement abouti, mais auquel il manque un vrai supplément d'âme pour être regardé autrement qu'au regard de ses prouesses technologiques. Formaté, de sa mise en scène à sa musique en passant par son interprétation en règle générale, totalement déshumanisé, le dernier film de Robert Zemeckis peine à faire naître un semblant d'émotion chez le spectateur. Dommage, car si l'on écarte le côté "carte postale" numérique du film, le classique de Charles Dickens en lui-même ne passionnera certainement pas les plus de dix ans, lesquels auront déjà vu et revu cette histoire des dizaines de fois.

Que faut-il en retenir ?

  • Visuellement magnifique,
  • Techniquement impressionnant.

Que faut-il oublier ?

  • Un produit de noël très formaté, à tous les niveaux,
  • Une deshumanisation globale de l'histoire,
  • Quelques petites faiblesses techniques.

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