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Critique du Roman : Spin

Avis critique rédigé par Nicolas W. le mercredi 11 novembre 2009 à 22:20

Lorsque les étoiles ont disparu...

"Le soleil, la lune et les étoiles.

Dans les années qui ont suivi, des enfants ont grandi sans avoir jamais vu la lune de leurs yeux; des personnes d'à peine cinq ou six ans de moins que moi sont devenues adultes en ne connaissant guère les étoiles que par les vieux films et une poignée de clichés de moins en moins appropriés.

Nous avions toutefois perdu quelque chose de plus subtil que quelques lumières dans le ciel. Nous avions perdu l'impression de connaître avec certitude notre place dans l'univers."

C'est par une nuit d'Octobre que les étoiles ont disparu. Les jeunes Jason, Tyler et Diane y ont assisté depuis le jardin de la Grande Maison. L'humanité toute entière découvre bientôt que le Terre est enfermée dans une sorte de membrane appelée Spin et que les astres, y compris la Lune et le Soleil ont disparu. Ce dernier est pourtant remplacé par un simulacre permettant aux Hommes de vivre comme à leur habitude.  Beaucoup plus perturbant, le temps en dehors du Spin s'écoule bien plus vite que la norme terrienne, si bien que le récit débute à 4 milliards d'années après J.C. Mais qui a pu créer le Spin ? Que veulent-ils ? Comment l'humanité peut-elle survivre alors que la différence temporelle les amène à grands pas vers un Soleil transformé en supernova ?

Autant de questions que pose l'auteur Robert Charles Wilson dans Spin. Déjà bien connu pour un certain nombre de livres tels que Blind lake, Darwinia ou encore Les Chronolithes, l'américain (récemment émigré au Canada) a choisi une fin du monde des plus troublantes pour son récit le plus ambitieux. Couronné par le prestigieux prix Hugo en 2006, Spin arrive chez Denoël Lunes D'encre avec une réputation des plus flatteuses.

Un récit d'apocalypse que celui de Spin. C'est ce que l'on pourrait croire et pourtant Wilson a choisi de ne pas se focaliser sur les événements de cette catastrophe mais sur l'humain. Bien entendu, nous aurons la chronologie de toutes les grandes lignes et des points importants de ce qui se jouera dans ces années Spin. Le lecteur aura droit à une histoire vraiment bien calibrée puisque le récit regorge de très bonnes idées qui donneront lieu d'une part à de savoureux rebondissements mais également de très beaux moments. On citera d'abord le début du livre et la disparition des étoiles, mais également les scintillements ou encore l'envol des fusées de terraformation.

Mais l'intelligence de l'intrigue se retrouve aussi dans la construction du récit. Celui-ci est découpé en deux parties qui se rejoindront : d'abord celle située 4 milliards d'années après J.C et ensuite par les multiples flashbacks du principal protagoniste et narrateur, Tyler Dupree. Ceci a le double effet de ne pas lasser le lecteur avec un récit linéaire et surtout de donner du suspense à la trame principale en jetant des idées dans une partie qui se trouveront expliquées dans l'autre. C'est une méthode classique pour entretenir l'intérêt mais diablement bien utilisée chez Wilson.

L'intrigue et la construction du récit ne sont pas ce qui fait détonner Spin dans le paysage science-fictif mais c'est bien la plume sensible et humaniste de Robert Charles Wilson. Celui-ci fait le choix de l'individu à celui de la description globale d'une crise sans précédent pour l'humanité. En choisissant de narrer l'époque Spin par les mémoires de Tyler Dupree, il fait aussi le choix de nous emporter dans le petit monde de ce personnage et de faire découvrir au lecteur toute l'étendue de son talent dans sa façon de traiter les hommes et leur psychologie. Tyler n'est pas comme Diane et Jason Lawton, il est pauvre alors que ceux-ci sont d'un milieu bien plus aisé. Nous sentons cela par le récit du principal intéressé, un récit de son enfance tout en délicatesse et d'une grande finesse.Wilson prend son temps pour faire s'attacher le lecteur à ces personnages, il développe entre eux des liens si forts et si authentiques que chaque épreuve traversée est une épreuve pour le lecteur également. Entre une histoire d'amour impossible et tout en non-dits, et une amitié exceptionnelle, le tout sur fond d'incertitudes, de doutes, de peurs et de fin du monde. Le récit gagne en profondeur, en sensibilité et surtout en qualité. C'est la très grande force de Wilson, celle de créer des personnages profonds et attachants, et non seulement pour les principaux protagonistes mais aussi pour ceux qui les secondent tels que les parents Lawton, la mère Dupree ou le petit Eng. On pourra quand même reprocher certains passages sur les amours contrariés de Tyler, un poil trop longs alors que l'on attend avec impatience la suite des événements et surtout les discussions avec Jason, personnage fascinant au possible.

Finalement, c'est bien ce point de vue humain qui fait tout l'intérêt du livre, cette délicate narration qui permet de ressentir et d'entrevoir le désespoir d'un monde et sa détresse face à l'inexplicable. Jamais Wilson ne décrira de longues scènes d'émeutes ou de drames en tous genres, ce sera toujours quelques phrases de Tyler qui en diront long sur la situation mondiale. C'est par les yeux de quelques individus que l'auteur fait le pari de retranscrire l'angoisse mondiale. Certains choisissent la science, d'autres le fanatisme religieux et d'autres encore ne savent que choisir. Et on obtient à l'arrivée un pari réussi au-delà de toutes les espérances.

Si Spin se suffit largement à lui-même, Robert Charles Wilson a choisi de lui donner une suite, Axis, sorti tout récemment. Et c'est peut-être le plus grand écueil que l'auteur va devoir éviter, celui de décevoir en ayant mis la barre si haut, d'autant plus qu'une suite n'était pas, à priori, nécessaire.

" Notre génération s'est battue pendant 30 ans pour récupérer ce que le Spin nous a volé cette nuit d'octobre. Mais c'est impossible, il n'y a rien à quoi on puisse s'accrocher dans cet univers en évolution et rien à gagner d''essayer. Nous sommes aussi éphémères que des gouttes de pluie. Nous tombons tous, et nous atterrissons tous quelque part. Tombe de la manière que tu veux"

Remerciements à Amandine V. pour la relecture.

90

Avec Spin, Robert Charles Wilson livre un superbe roman. Mêlant une science-fiction intelligente à une plume sensible et à un humanisme de tous les instants, il offre un livre qui plaira bien plus qu'au petit monde de la science-fiction mais bien à tous les épris d'une littérature de qualité et qui ne négligent pas la psychologie des personnages devant l'histoire elle-même. En attendant de savoir si Axis renouvellera cette expérience, Spin est un livre à lire sans l'ombre d'un doute.

Critique de publiée le 11 novembre 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • L'histoire principale
  • La construction du récit
  • Les personnages finement décrits
  • Quelques instants sublimes

Que faut-il oublier ?

  • Quelques passages trop longs

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