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Critique du Film : Grace
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Critique du Film : Grace

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 18 mai 2009 à 1338

Pas abouti, mais très intéressant tout de même...

La thématique du bébé monstrueux est une figure récurrente du cinéma fantastique et, par extension, du cinéma d'horreur. Qu'il soit au centre de l'histoire (Le Monstre est vivant, Baby blood) ou simple engrenage scénaristique (BrainDead, L'Armée des morts), cette personnification bien particulière du mal - qui prend alors les traits de ce qu'il est censé y avoir de plus pur au monde - a nourri toutes sortes de délires, des plus efficaces (Rosemary's Baby) au moins pertinents (La Vengeance des monstres). Dans le lot, Grace peut se vanter de faire partie haut la main des films ayant exploité le plus intelligemment ce thème.

Ici, pas de véritables bébés physiquement monstrueux - dans le style grand guignolesque de Les Monstres sont toujours vivant - mais une adorable petite fille aux yeux bleus possédant l'innocence et la candeur de tous les nouveaux nés. C'est ce fossé séparant l'apparence de Grace de son horrible nature - rien de moins qu'un mort-vivant assoiffé de sang - qui stigmatise le plus visiblement le long-métrage de Paul Solet. A mi-chemin entre le drame social et la série Z honteuse, Grace navigue entre deux eaux, frôlant des sommets à certains moments avant de s'enfoncer dans d'obscurs précipices de nullité dès la seconde suivante.

Sur la forme, Grace s'apparente ainsi à une vaste fumisterie. Si Paul Solet, également scénariste de son film, a eu l'excellente idée de ne pas donner d'explication à la mystérieuse resurrection du bébé, force est de constater qu'il ne s'est pas ennuyé une seule seconde avec de quelconques notions de logique ou de cohérence. L'histoire ainsi racontée, sans être totalement décousue, s'avère assez peu crédible dans son déroulement. Etalée sur ce qui semble être un trop grand laps de temps - quelques semaines - elle laisse finalement apparaître trop de détails facheux - comment la mère n'a t-elle pas pu s'apercevoir plus tôt que son bébé ne digérait pas le lait ? - tout en passant sous silence certains éléments après les avoir brillamment introduit, et ce à l'image des mouches qui envahissent régulièrement la chambre du bébé. Et que dire, enfin, de ce navrant épilogue digne d'un mauvais Stephen King, qui sacrifie tout ce qui pouvait rester de cohérence sur l'autel d'une fin choc, malheureusement bien trop ridicule pour ne prêter à autre chose qu'à rire.

Sur le fond, en revanche, le film s'avère nettement plus brillant, et ce à absolument tous les niveaux. Paul Solet se sert ainsi de l'histoire racontée pour catalyser un certain nombre de thématiques portant sur la maternité, la famille et le rapport à l'enfant. Au travers de deux personnages féminin très réussis - la mère et la belle-mère - Grace s'attaque à un sujet relevant d'habitude du tabou societal. On y suit donc le parcours de ces deux femmes aussi différentes qu'elle peuvent être semblables, reproductrices compulsives prêtes à tout pour avoir un enfant et faire graviter la totalité de leur existence autour. Toutes deux dotées d'un reproducteur  "jetable", leurs maris trop gentils, elles offrent au monde l'image de mères déterminée offrir à leurs enfants le bonheur qu'ils méritent naturellement. Des intentions qui sont assez pertinemment traitées par le réalisateur, que ce soit dans la relation de la mère avec sa fille morte-vivante (jusqu'où peut-on aller pour son bébé ?), dans les relations du père avec sa propre mère (celui-ci, maintenant marié, ne veut plus voir sa mère graviter autour de lui, cette dernière perdant ce faisant toute raison de vivre) et, surtout, dans les interractions entre ces deux prédatrices prêtes à absolument tout pour conserver le statut si chèrement offert par leur progéniture.

Le propos est d'ailleurs servi par une mise en scène classieuse qui se situe bien loin des standards du film d'horreur classique. Paul Solet instaure ainsi une ambiance qui réussi à rendre palpable la descente aux enfers du personnage principal. S'appuyant sur un travail sonore remarquable, que ce soit dans l'utilisation des silences comme dans le rendu des bruits ambiants, il donne à son film un véritable style que l'on pourrait comparer à du Lynch en début de carrière (un Eraserhead en plus sage dirons-nous). Pourtant, de temps en temps, il ne sait pas tenir le cap de ce remarquable travail et se met à sombrer dans l'effet facile à deux balles. Lors de ces moments, assez réguliers avouons le, Grace sombre au mieux dans la série B tape à l'oeil, au pire dans le nanar bien ridicule.

Dommage, car devant la caméra, les deux actrices principales livrent des performances plutôt remarquables. Physiquement très différentes (la pulpeuse et attirante Jordan Ladd se trouve en parfait contre-point de la squelettique et austère Gabrielle Rose), elle donnent parfaitement corps à leurs personnages, et ce malgré quelques scènes loin de les mettre en valeur ou de leur rendre service. Les personnages masculins, assez naturellement effacés par les personnalités de leurs épouses, sont emblématiquement fades et pathétiques. Au final, seul le personnage de la sage-femme, dont l'inutilité globale n'a d'équivalence que l'incohérence de ses actions, énerve et agace à force de l'interprétation poussive d'une Samantha Ferris peu inspirée.

La conclusion de

Sur la thématique éculée du bébé monstrueux, Paul Solet construit un film intelligent, brillant par moment, dont les thématiques prêtent à une réflexion pas si idiote que cela. Dommage, cependant, que le film sombre par moment dans la série Z débilitante, notamment lors d'un épilogue absolument grotesque. La chute n'en est alors que plus rude, mais ne parvient pas à effacer les très bonnes impressions nées de ce premier long-métrage et du talent déployé par ce réalisateur à suivre.

Que faut-il en retenir ?

  • Une virulente critique sociale,
  • Très bonne ambiance,
  • Excellent travail sonore,
  • Deux personnages féminins intéressants,
  • Le casting dans son ensemble.

Que faut-il oublier ?

  • De trop nombreuses incohérences,
  • Une fin digne d'une série Z,
  • Certaines pistes de réflexions trop vite abandonnées,
  • Quelques scènes grotesques.

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