75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°7 : Reconfigurez votre Adblock d'un coup de baguette magique. Harry P. l'a fait et n'a pas eu de séquelles.
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Prédictions >

Critique du Film : Prédictions

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 6 avril 2009 à 10:30

Un shyamalan-like sans intérêt...

Peut-on tout pardonner à Alex Proyas ? En effet, si ce réalisateur a débuté sa carrière sur les chapeaux de roues avec un petit bijou (The Crow) auquel a succédé un véritable chef d'oeuvre (Dark City), sa carrière s'inscrit depuis lors dans de l'alimentaire tout ce qu'il peut y avoir de plus basique. Ainsi, après le vain mais malgré tout plaisant I, Robot, le voici qui revient avec Prédictions, énième film catastrophe teinté de surnaturel qui sent bon à des kilomètres le projet formaté et impersonnel. Voyons les choses en face, la bande-annonce n'était pas franchement attractive, cela fait un moment que les performances de Nicolas Cage s'enfoncent dans la médiocrité, bref, le film n'avait vraiment pour lui que ce nom de réalisateur prestigieux qui laissait espérer que le long-métrage vaudrait mieux que ce qu'il paraissait.

Néanmoins, même la présence d'un réalisateur talentueux ne peut totalement sauver un projet bancal du naufrage ; en effet, très honnêtement, Prédictions est l'archétype même du téléfilm de première partie de soirée que l'on pourrait voir diffusé un samedi soir, s'appuyant sur un point de départ intéressant - à défaut d'être vraiment original - potentiellement intrigant, mais jamais vraiment travaillé et probablement improvisé au jour le jour par des scénaristes ne sachant pas réellement dans quelle direction diriger leur script. C'est donc dans ce joyeux fourre-tout plutôt mal fichu que nous allons suivre les pérégrinations de notre héros, aux prises avec un mystérieux document vieux de cinquante ans prévoyant l'ensemble des grosses catastrophes terriennes de ces dernières années.


La scène du crash de l'avion, de très loin la seule véritablement réussie du film !

En réalité, le seul point bluffant de ce script - mais était-ce voulu ? - a été de faire débuter le film par cette scène bien poussive dans lequel le professeur d'astro-physique campé par Nicolas Cage s'improvise professeur de philosophie et s'essaye à un petit discours sur le déterminisme et l'absence de hasard dans les successions d'évènements ; une scène intrinsèquement totalement inutile, mais qui réussit tout de même à faire douter le spectateur durant la quasi-totalité du long métrage ! En effet, les indices et les scènes s'enchaînant à grand coup de coïncidences grotesques - Cage commence à étudier le document par une série de chiffre prise totalement au hasard : 9112001, fallait oser ! - nous sommes constamment sur la brêche, nous demandant si les scénaristes nous prennent vraiment pour des débiles avec leurs enchaînements sans queue ni tête - Cage allume son GPS pour aller chercher son fils à l'école et trouve l'indice de la scène ! - ou si tout cela ne fait pas partie d'un plan déterminé à l'avance. Passé cette phase d'enquête et de mystère - une petite heure grand maximum - la question ne se pose de toute façon plus, la quasi totalité de l'intrigue étant globalement dévoilée.

Et c'est d'ailleurs sur ce point que le film pêche incroyablement, en ce que son histoire tourne autour de deux éléments majeurs - Quelle est la signification de la liste de chiffre ? Quelle sera la catastrophe finale ? - littéralement révélés par l'affiche du film ! Quiconque ayant vu cette dernière et ayant lu son accroche, même distraitement, aura dès le début du film une dizaine de coup d'avance sur le personnage principal. Le spectateur sera donc logiquement plus attentif au déroulement et à l'articulations des divers éléments de cette pseudo-enquête dans lesquels les déductions du personnages principal sont presque à tous les coups tirées par les cheveux. La fatigue et la lassitude aidant, le dernier quart du film n'en devient alors que plus difficile à supporter. Avec ses thématiques shyamalanesque, sa morale douteuse et ses allusions pachydermiques à la religion, Prédictions s'enfonce dans un final souffrant d'un flagrant manque de rythme. Même la scène finale, spectaculaire et par ailleurs assez réussie, peine à compenser cette perte d'intérêt qui s'est installée tout à long des cent vingt longues minutes que dure le film.


Petit guide de ce qu'il ne faut pas faire sur une affiche : dévoiler la clé de voute de l'intrigue ainsi que la nature de la mystérieuse catastrophe finale !

Niveau interprétation, les acteurs sont au diapason de cette fadeur généralisée. On aura ainsi connu Nicolas Cage bien plus inspiré - on l'aura connu plus mauvais également, ne nous plaignons pas trop quand même - et bien plus apte à tenir un film sur ses épaules. Comme si lui même ne croyais pas au projet, il livre un jeu paresseux, juste mais jamais intense et, au final, ne fait que confirmer ce que l'on peut penser de lui actuellement, à savoir qu'il est un bon acteur malheureusement sur le déclin. Face à lui, Rose Byrne ne réussit jamais à trouver le juste milieu entre la plate indifférence et l'hystérie pure et simple et Chandler Canterbury nous rejoue une nouvelle fois le couplet du gosse "à la Sixième Sens" déjà vu et revu trop de fois.

Il ne reste donc au final que l'indéniable talent visuel d'Alex Proyas à véritablement sauver dans Prédictions. Visuellement, le film est techniquement parfait de bout en bout, aussi bien dans les scènes spectaculaires que dans le choix des couleurs et des oppositions de teintes. Rien à redire, néanmoins, on pourra malgré tout repprocher au réalisateur une mise en scène sans véritable saveur, le film semblant plus s'apparenter à un simple travail de faiseur destiné à étaler une véritable maestria à l'écran, et ce tant aucun lien formel ne relie les scènes entre elles. C'est ainsi que si la scène du crash d'avion est de très loin la plus réussie du film - techniquement et artistiquement, même si son côté gadget peut tout de même faire débat - elle détonne cependant avec celle du métro, beaucoup plus classique et ne se démarquant pas énormément de ce qui avait déjà pu être fait dans le genre, notamment dans Die Hard 3.

35

Poussif et totalement crétin, Prédictions s'embourbe dans les méandre d'un scénario shyamalanesque comme même M. Night Shyamalan n'ose plus en écrire ! Avec son intrigue cousue de fil blanc et ses comédiens apathiques, le film ne surnage que très vaguement grâce au talent formel de son réalisateur qui, lors de quelques scènes isolées, fait preuve de suffisamment de maestria formelle pour arriver à tirer le spectateur de sa léthargie.

Critique de publiée le 6 avril 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques séquences bien réalisées,
  • Une photographie réussie,
  • Des effets spéciaux très corrects.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire sans aucun intérêt,
  • Un scénario cousu de film blanc,
  • Des comédiens peu inspirés,
  • De grosses chutes de rythme,
  • Des personnages sans intérêts,
  • L'affiche, qui révèle tout !

Acheter Prédictions en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Prédictions sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Suis nous sur facebook !