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Critique du Roman : La Cité nymphale
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Critique du Roman : La Cité nymphale

Avis critique rédigé par Manu B. le samedi 7 mars 2009 à 1814

Coalescence frénétique

"[écran noir]
(piste sonore) Tambours en sourdine... Violons et cors qui montent et descendent comme une vague, comme une annonciation qui tarde à se révéler...
[ouverture au noir sur]
PLAN LARGE de la Tout Eiffel sous un ciel gris uniforme. Le grain de l'image dénote une qualité numérique exceptionnelle. L'illustre monument est recouvert de centaines de lourdes bannières et de drapeaux bicolores, blanc immaculé et rouge cramoisi, qui lui font comme une robe en patchwork tombant jusqu'à ses pieds..."


Après le chromozone, tout est parti à vau-l'eau. Le monde est devenu le champ de bataille de différentes factions qui, à l'aube de la renaissance de l'humanité, se disputaient déjà pour un ersatz de pouvoir sur les survivants. C'est ainsi que, puisque la technologie des communications avait sombré dans les abîmes avec la venue du virus informatique, on s'était orienté vers la phero-communication. Mais une mutation du virus Chromozone avait réussi l'impensable: achever son ultime mutation qui lui permettait de véroler ce nouveau moyen de communication et contaminer les humains au plus profond de leur être. Les zombies -les hommes contaminés et réduits à la violence brute - sont donc apparus au plus mauvais moment, lorsque les choses commençaient à se réorganiser et que l'humanité se relevait à peine. Malgré tout, quatre organisations ont vraiment émergé de la mer houleuse du monde chromozoné et ont proposé des modèles de société: les technoprinces de Derb Ghallef, les Keltiks Bretons, la conurb de Marseille sous la coupe de Khaleel et les Noctivores de Peter Lerner. Au milieu de tout cela, l'espoir s'appelle Cendre, le garçon capable de tuer les zombies par la simple volonté de l'esprit et que tout le monde désire s'approprier. Sa dernière apparition à Marseille a coûté la vie au prophète Khaleel et de son modèle de société. Cendre a pu choisir de partir avec Lucie et de se réfugier à Paris - dans la Parispapauté - où il est sous la protection (toute relative) du pape Michel et de ses Cardinaux, mais les Noctivores ne cessent, depuis, de lui demander régulièrement de rejoindre Berlin, dans le fief de Peter Lerner. L'équilibre est instable jusqu'au jour où le Roméo, ancien instrument de Karmax, puis de Justine, puis ancien bras droit de Khaleel et puis membre des Noctivores, vient demander l'asile dans la Parispapauté. Le Pape, Cendre et Lucie entrevoient alors avec une inquiétude grandissante qu'un grand changement va se produire éminemment sous peu, avec l'arrivée du plus grand opportuniste de tous les temps dans leur relatif cocon...

Dernier volet de la trilogie Chromozone (commencée avec Chromozone et Les Noctivores), Stéphane Beauverger nous replonge dans ce post-apocalyptique pas spécialement rose où l'essentiel a lieu non plus sur une île de Bretagne mais dans la défunte capitale Paris. Il ne fallait pas se rater pour la conclusion car l'auteur était attendu au tournant.

Le résultat d'ensemble est sans appel: c'est réussi. Après avoir maintenant toutes les cartes en main, on peut affirmer que l'écrivain français était ambitieux et qu'il a réussi à traiter particulièrement bien son idée de départ. 
Thèse, antithèse et synthèse. Les trois romans sont en fait les trois actes d'un opéra tragique, les trois mouvements d'une symphonie. A y bien regarder, il y règne même une tonalité en accords mineurs. La trilogie chromozone est sans aucun doute autant musicale que littéraire. Construits comme tel, les interludes sont aussi géométriques, en x en y et en z, comme si les lois de la physique étaient redéfinis pour reconstruire un nouveau monde. Ces passages les plus sombres ont pour but de comprendre ce qui peut se passer dans un esprit malade (enfin, malade, non, asservi, oui) ou dans un esprit qui ne vous appartient plus. C'est la dure réalité des Noctivores qui constituent la coalescence capable de se propager très rapidement. Et l'idée, dans ce genre d'organisation est, à l'instar des fourmis, de servir l'ensemble au détriment de l'individu, qui est dispensable. Bon à jeter, bon à sacrifier au profit du tout. Inévitablement, cette société, ce groupe, finit par acquérir une conscience collective et une existence propre. Une singularité est en train d'émerger de la noosphère, ce qui n'empêche pas d'avoir des électrons libres, des individualités qui ne peuvent s'y greffer. Cette problématique des Noctivores est le point central du texte de Stéphane Beauverger et invite à la réflexion.
Ce modèle ne pourrait-il pas mettre fin aux guerres, aux jalousies, aux vices puisque chacun agirait pour le bien de tous ? Serait-ce un bien pour l'humanité d'agir en tant qu'entité unique ?

Vaste débat, n'est-ce pas ? L'auteur n'y répond d'ailleurs pas et laisse la porte ouverte à tout un tas de spéculations, pour que chacun se fasse son idée, en tout conscience... individuelle.

Sur la forme, on retrouve la noirceur et la violence du premier volet qui étaient un peu mis de côté dans le second tome. Il y a aussi plus de folie, parfois furieuse. Bref tout ce qu'on a aimé en parcourant les premiers chapitres de Chromozone.

La conclusion de

La Cité nymphale conclut la trilogie Chromozone de manière plutôt optimiste et ouverte, après des pages et des pages de noirceur et de désespoir. L'oeuvre entière est une belle page de la science fiction, introduisant Stéphane Beauverger parmi les voix incisives et ciselées aux côtés de Thierry Di Rollo. En attendant son prochain roman aux éditions la Volte à paraître en mars 2009.

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