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Critique du Roman : Le Samouraï virtuel
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Critique du Roman : Le Samouraï virtuel

Avis critique rédigé par Manu B. le dimanche 1 mars 2009 à 1058

Snow crash

Hiro Protagoniste est livreur de pizzas. Pour le compte de la mafia locale. C'est là son métier dans le monde réel, dans toute sa banalité et sa précarité. Mais c'est aussi un hacker et dans l'univers virtuel, Hiro devient l'un des meilleurs sabreurs vivants. Retour dans le réel: Y. T. est une kourier surdouée du skate board et passe son temps à slalomer entre les voitures et passer dans les endroits les plus improbables. C'est grâce à l'influence de l'oncle Enzo, le parrain, que Y. T. et Hiro vont se rencontrer parce que le snow crash est en train de devenir une menace réelle et virtuelle...

Neal Stephenson a publié son premier roman en 1984, Panique à l'Université, traduit seulement vingt ans après en France, et dont on a souvent occulté la notion de premier roman. Puis vint Zodiac, un éco-thriller SF en 1988, traduit chez nous 2002. Merci Denoël Lunes d'encre de nous avoir fait connaître les débuts de cet auteur, parce que mine de rien, le côté humoristique de l'auteur, on ne l'a découvert qu'en 2000, à la sortie du triptyque Cryptonomicon (le code enigma, Golgotha, le réseau Kinakuta). Avant, on ne connaissait que les romans au ton sérieux mais néanmoins d'excellente facture: L'âge de diamant (Hugo et Locus Awards en 1996) et Le Samouraï virtuel (dont on se demande encore aujourd'hui comment on a pu lui trouver un titre aussi cliché). Ce dernier roman, paru en 1996 chez Robert Laffont a enfin été rebaptisé Snow Crash lors de sa réédition aux éditions Milady.

Lors de sa sortie, le cyberpunk en était presque à sa fin. Les textes de référence ayant été écrits huit ou dix ans avant (Neuromancien, Câblé, Schismatrice +, Les Mailles du réseau ou Mozart en verres miroirs), le mouvement en était déjà à sa forme postcyberpunk qui proposait une vision un peu moins sombre de l'aliénation de l'homme à la machine. Même William Gibson avait évolué (Lumière virtuelle). Neal Stephenson a fait d'une pierre deux coups, se servant de l'univers virtuel comme background idéal pour construire une intrigue franchement pas piquetée des hannetons. On pourrait même considérer ce roman comme l'antichambre de Cryptonomicon par certains côtés. C'est certainement avec ce roman à double langage que Neal Stephenson a commencé à être catalogué parmi les geeks; le langage, concept important, dont on reparlera tout à l'heure.

Mais revenons un peu sur l'histoire. Le monde réel en ce début de XXIe siècle a bien changé et ce qui reste du pouvoir des Etats-Unis est une peau de chagrin comparée à sa puissance le siècle précédent. Le pouvoir réside maintenant entre les mains de nombreuses entreprises privées qui gèrent comme ils l'entendent les territoires sous leur responsabilité. Le pays est divisé en Franchises et les mafias locales font la loi via de nombreux mercenaires. A l'instar du monde réel, le monde virtuel appelé le Metavers a succédé à internet et il est possible pour les hommes de s'y promener grâce aux interfaces qui procurent aux gens l'impression de s'y promener réellement. Chacun arbore son avatar qui, selon le prix qu'on y a mis peut être sophistiqué ou non. Une hiérarchie s'établit comme dans le réel en fonction de ces critères. Le Metavers regorge de villes et de rues et il s'avère que les pionniers, comme dans la ruée vers l'Ouest, ont eu tout le loisir de s'arroger les meilleurs endroits et de se forger une réputation. Il devient donc courant d'être une célébrité dans le virtuel et insignifiant dans le réel, comme Hiro. Cela donne droit à un certain nombre de privilèges.
Or, une vague d'inquiétude commence à se répandre dans le Metavers, suite à quelques accidents: une sorte de virus nommé snow crash affecte le virtuel et la cause aurait une origine réelle.
Ce roman ne pourrait être qu'une ressassée de la thématique du virtuel s'il n'y ajoutait une dimension supplémentaire. Sans vouloir dévoiler tout de l'intrigue, Neal Stephenson lie tout cela avec un langage capable d'exercer un pouvoir sur la matière et les hommes, une langue binaire mais d'origine Sumérienne et extrêmement puissante. Inutile de dire que les enjeux sont colossaux autant qu'ils sont effrayants. Une idée complètement barrée reprise dans le tout aussi barré Vélum: le livre de toutes les heures. Mais avec Neal Stephenson, la mythologie rejoint le numérique.

Au final, ce roman laisse une impression de vertige, comme dans tous les romans qu'il écrira à partir de là. On attend beaucoup qu'un éditeur publie son Baroque cycle et Anathem doit paraître cette année aux éditions Bragelonne.

La conclusion de

Le Samouraï virtuel est un des romans les plus sous-estimés de la SF. Un certain nombre de lecteurs l'ont pris pour un simple roman d'aventures virtuelles. C'est ce qu'il est, mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, parce que c'est beaucoup, beaucoup plus que ça. 

Grand Prix de l'imaginaire roman étranger 1997.
Prix Ozone 1997

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