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Critique du Roman : L'Empire caché
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Critique du Roman : L'Empire caché

Avis critique rédigé par Manu B. le vendredi 13 février 2009 à 1716

L'histoire cachée

"Bien à l'abri en orbite haute de la géante gazeuse, Margaret regardait les ouragans et les nuages de la taille d'un continent, loin en dessous de la baie d'observation. Elle se demanda combien de temps il faudrait à la planète tout entière pour s'embraser, une fois l'expérience engagée..."

Alors, si j'ai bien compris:
Dans un futur lointain, la race humaine est partie à l'assaut des étoiles. Etant donnée la lenteur de la propulsion des vaisseaux, ils mirent un temps considérable pour atteindre la première étoile. Avant même d'avoir touché au but, ils rencontrèrent une race extra-terrestre -les Ildirans - qui leur offrit la technologie pour s'affranchir des distances phénoménales séparant les mondes habitables. Cette technologie, les hommes l'améliorèrent et purent ainsi coloniser quantités de mondes. Mais ils sont, tout autant que les Ildirans, tributaires de l'énergie que l'on trouve en abondance sur les géantes gazeuses. Les siècles ont passé et l'humanité s'est scindée entre la Hanse - puissance terrienne -, les Prêtres Verts, qui par une sorte de symbiose avec des arbremondes, sont capables de communiquer instantanément à travers l'espace, et les Vagabonds, des exploitants indépendants de l'ekti, la fameuse énergie des géantes. Les relations sont évidemment tendues puisque chacune des factions possède un pouvoir commercial sur les deux autres.
L'histoire commence lorsque l'humanité tente de montrer sa nouvelle puissance technologique en embrasant une géante pour rendre ses lunes viables...

Kevin J. Anderson est un auteur prolifique, extrêmement prolifique. Depuis son premier texte publié en 1988 (Resurrection Inc, une histoire de commerce de morts reconvertis en esclaves, nominé au Bram Stoker Award), il a écrit plus de quatre-vingt livres en vingt ans. Il a surtout contribué à allonger la liste des romans des univers Star Wars (22 titres) et Dune (11 titres), plus quelques titres de X-Files, Titan et Frankestein. Habitué de l'écriture à quatre mains, La Saga des Sept Soleils est sa première grande série de (sept) romans qu'il écrit tout seul. L'Empire caché est le premier titre traduit en France et publié par les éditions Bragelonne. Voyons un peu ce que l'auteur a dans le ventre.

Evidemment, le simple nom de Kevin J. Anderson n'a pas bonne réputation au sein du fandom. Ce roman est la preuve que tout ce qu'on dit de mal sur lui est vrai.

Recette pour faire de la Big Commercial Science Fiction:

Ecrire un space opera, ça peut être facile. Prenons d'abord l'humanité qui a vogué vers les étoiles, parce que l'on ne peut imaginer qu'elle ne puisse le faire. Prenons une race extra-terrestre en apparence (bien insister sur le "en apparence") bienveillante à l'égard de l'humanité et pourtant technologiquement supérieure. Donnons leur un nom qui a une bonne consonance familière: les Ildirans (Ce n'est pas trop proche des Idirans du Cycle de la Culture de Iain M. Banks. De toute façon les lecteurs ne connaissent pas trop cet auteur un peu trop subtil). Prenons une religion (toujours mettre un peu de mystique, ça fait bien. La preuve avec les Bene Gesserit. En plus, ça tombe bien, Kevin J. Anderson a travaillé sur l'univers de Dune. Autant s'en servir pour vraiment créer un univers original) et un pouvoir qui rend les Matriarches, euh, pardon, les Prêtres verts indispensables sur l'échiquier de ce coin de la galaxie: la communication instantanée (ça remplacera les portes distrans d'Hypérion et ça fait penser à l'épice). Et ces Prêtres peuvent communiquer via les arbremondes (C'est vrai, personne n'y pense jamais, aux arbres. Personne ne se souvient des vaisseaux-arbres d'Hypérion. On tient là un sacré concept!). Maintenant, mettons un côté commercial à l'histoire (Comme la guilde spatiale de Dune): les Vagabonds (qui sont souvent des contrebandiers. Penser à se renseigner dans les livres de Star Wars. On devrait pouvoir placer un chien fou comme Han Solo, qui partirait rejoindre les forces de l'empire terrien. Et si on en faisait une fille ?) sont quasiment les seuls fournisseurs d'ekti, pour faire fonctionner les moteurs des vaisseaux. Enfin, le côté militaire: la Terre, bien sûr, avec son arrogance habituelle, ce qui nous permettra de placer des hauts gradés (qui ressembleront aux chefs des maisons de Dune ou aux généraux de Star Wars).

Maintenant l'histoire: le truc à la mode, c'est de réveiller des civilisations cachées qui ont détruit des races entières dans un lointain passé. Le dernier en date qui a bien marché, c'est le cycle de L'Espace de la révélation d'Alastair Reynolds. Mais on va faire autrement, en faisant des chapitres très courts, pour ne pas fatiguer le lecteur. Pas plus de six ou huit pages par chapitre. Avec 530 pages pour 115 chapitres, on tient une bonne moyenne. Et puis on va mettre plein de personnages: une centaine, ce qui montrera qu'on a pas mal travaillé sur une multitude de psychologies différentes. Et faisons-en parler une bonne trentaine pour avoir pas mal de points de vue différents. On risque d'embrouiller le lecteur, mais tant mieux, ça masquera le fait qu'on n'a pas d'histoire. Pour les inhibiteurs, prenons un nom plus simple: les hydrogues (hydro comme hydrogène et ogue comme ... rogue, drogue, dogue. Mais au moins il n'y a que trois syllabes, une de moins que "inhibiteurs"). Mettons que tout ce qui se passe dans une histoire elle-même contenue dans une histoire du livre et appelons-là la saga des sept soleils. Chouette titre pour une saga, non ? Enfin, il faut créer un univers qui soit proche du nôtre pour que les lecteurs puissent s'y projeter sans faire trop fonctionner leur imagination. Donc, à part la propulsion des vaisseaux, il n'y aura pas d'évolution technologique.

Bon il n'y a plus qu'à remplir l'espace et faire sept romans avec ça. Pour le premier roman, faire comme dans L'Aube de la Nuit, on décrit tout le monde, sans exception, et on met des sous-intrigues à droite à gauche. Une amourette entre un Ildiran et une prêtresse verte, une amourette entre deux vagabonds. Un empereur qui cache des données à ses propres sujets. Un roi fantoche qui ne détient aucun pouvoir. Des robots mentors que l'on ne va pas appeler Idaho mais DD, comme le truc à gratter dans la pub. Sept romans, il faut tenir sept romans...  Fin de la recette.

Notons quand même que l'on ne va pas trop se fouler côté écriture. On retiendra quand même quelques passages cultes:

(p. 126) Raymond (futur prince Peter) retourne chez lui et découvre sa maison en cendres. Réplique du soldat qui éloigne les curieux des décombres: "Tu ne feras rien de bon, gamin. Là-dedans, il ne reste rien d'autre que des cendres et des appareils dentaires fondus."
(p. 130) Réaction de l'ingénieur Clarin à une réplique de Jhy Okia, en présence de Cesca: "L'ingénieur hocha la tête si fort que Cesca crut que son menton allait faire un trou dans sa poitrine."
(p. 176) Raymond se remet de la charge d'un étourdisseur. OX, le précepteur robot à Raymond: "J'ai là une seringue contenant un analgésique, ou si tu préfères, un sirop doux contenant le même produit." (J'ai aussi la même chose en suppositoire, si tu veux)
(p. 196) Margaret et Louis sont exo-archéologues et sont sur un chantier de fouilles. Louis s'approche de Margaret: "Il portait une caméra dans une main, une torche dans l'autre.
- J'ai achevé de cartographier une autre section complète, très chère.
Elle ne leva pas les yeux.
- N'oublie pas de faire un ...
- Je sais, dit-il, en faisant apparaître un digidisque de sauvegarde.
- Tu sais où le mettre."
(Il le sait et va l'y mettre grâce à sa troisième main)

La conclusion de

Amalgame de romans passés, d'histoires ressassées et d'idées piquées à droite et à gauche, L'Empire caché, premier épisode de La Saga des Sept Soleils est un mauvais space opera. Ce roman de Big Commercial Science Fiction, ne contentera personne parmi les amateurs de new space opera, d'univers ou de concept originaux. Les plus pervers s'y frotteront pour dénicher de vraies trouvailles.

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