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Critique du roman : La Maison aux fenêtres de papier [2009], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le mardi 23 décembre 2008 à 15h01

Nagasaki Oni

"C'est une sorte de rituel entre nous, de temps à autre. Wei me demande: « A quoi ressemble ton esprit, aujourd'hui? »..."

Au Japon, les grandes organisations de Yakuzas font régner la loi depuis plus de soixante ans. Deux d’entre-elles sont dirigées par des êtres hors du commun: Hiroshima Oni et Nagasaki Oni. Ces démons sont aussi des frères, dont l'un est noir comme l'ébène et l'autre blanc comme l'albâtre. Leurs organisations sont menées de main de fer et nul ne saurait contester leur autorité. Vient le jour où Boss Nagasaki, le kuromaku du sud de l'archipel nippon propose à sa créature Sadako, la femme panthère, de prendre sa place à la tête de l'organisation à l'issu d'un combat à mort...

Thomas Day se passionne de plus en plus pour l'Asie. Depuis ses débuts où il rendait hommage aux univers fantasy de Michael Moorcock (Rêves de guerre) en 2001, il explore les continents et le temps: l'Asie, d'abord avec la voie du sabre en 2002, et sa suite l'homme qui voulait tuer l'empereur en 2003, dans un japon médiéval où les dragons ne sont pas des légendes; l'Afrique ensuite dans le trône d'ébène, un brillant roman sur Chaka Zoulou; l'Asie, encore et toujours, en Thaïlande, au Laos et au Cambodge dans la cité des crânes; Hong Kong dans l'école des assassins. Il revient au Japon dans le Milieu des Yakuzas avec la maison aux fenêtres de papier, dans un tête à tête musclé entre deux factions particulièrement violentes. Et c'est publié directement en Folio SF. Préparez les katanas.

On ne fait pas dans la tendresse chez Nagasaki Oni. Sadako, la femme panthère, la dernière représentante de la race des livelins, a été violée dès l'âge de sept ans par le maître des lieux. Elle a été humiliée, violentée et soumise à un point tel qu'elle lui voue une adoration sans limites. Mais à dix-sept ans, le démon, sentant peut-être son heure venue, décide de lui donner les rênes de l'organisation après qu'elle lui aura prouvé dans un combat à mort qu'elle en est digne. Thomas Day est réputé pour ses romans violents. Du moins, puisque la violence est innée chez l'homme, il ne fait rien pour l'atténuer et s'évertue à la rendre aussi réaliste que possible dans toute sa crudité. Elle est ici modérée, sans doute parce que, contrairement à ses précédents romans, le personnage principal est une femme. Une femme panthère. Au temps pour la prétendue misogynie. Et dans ce monde pyramidal machiste, ce n'est pas rien. L’utilisation de ce personnage féminin apporte un surcroît de subtilité car Sadako découvre non seulement la virilité du milieu mais aussi le monde qu'elle n'a jamais parcouru. Au passage, on a droit à quelques explications, parfois un peu didactiques mais intéressantes, des rouages des clans. Elle s'oppose au code par sa sauvagerie et son incompréhension, de quoi déstabiliser le démon Hiroshima Oni. Sadako est un beau personnage, un hommage à la mariée de Kill Bill, Black Mamba/Beatrix Kiddo, dont le credo était la vengeance. Sauf que cette vengeance - le fil conducteur de l'histoire d'Oni No Shi (l'épée tueuse de démons) racontée par Nagasaki Oni à Nagasaki Sadako au début de l’histoire- va au fur et à mesure être modérée par Sadako dont l’esprit dispose d'autres ressources pour vaincre. L'histoire d'Oni No Shi prend au final donc une autre tournure. On retiendra ainsi que le roman repose d'un bout à l'autre sur un dualisme et un rythme binaire: le Yin et le Yang, le noir et le blanc, la femme et l'homme, le maître et la soumise (ou le soumis et la maîtresse). Tout réside dans ces symboles qui sont à la fois complémentaires et indissociables.

On pourra regretter pourtant que certains passages aient (volontairement?) un petit goût d'inachevé, notamment les confrontations qu'on espérait certes violentes mais plus longues. On comprend par la suite pourquoi elles sont étrangement courtes, sauf le combat final. Enfin, il manque parfois un brin de poésie, celle qui nous avait enchantés dans l'histoire de Chaka Zoulou. Dommage quand on sait que Thomas Day a le talent pour hisser ce roman à la hauteur du trône d'ébène, mais ne boudons pas notre plaisir, ça reste une très bonne lecture.

La conclusion de à propos du Roman : La Maison aux fenêtres de papier [2009]

Manu B.
80

La maison aux fenêtres de papier montre tout l'intérêt que porte Thomas Day pour la culture japonaise, après notamment la voie du sabre qui se situait dans le Japon médiéval. Il plante son roman de nos jours dans le milieu des Yakuzas, dans une lutte fascinante et sans merci entre deux démons. Un bien bel exercice, c’est en outre un roman plus subtil qu’il ne pourrait laisser paraître..

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