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Critique du Roman : Vurt
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Critique du Roman : Vurt

Avis critique rédigé par Manu B. le dimanche 2 novembre 2008 à 1604

Chevaliers du speed

"Mandy sortit du Vurt-Mart 7/24 en serrant un sac de bonbons. Non loin de là il y avait un chien authentique, un mix de chair et de sang; du genre qui ne court plus les rues. Un vrai collector. Il était attaché au poteau d'un panneau de signalisation. Le panneau annonçait: SANS ISSUE. Un robo-rasta était affalé au pied du poteau..."
A Manchester, les Chevaliers du speed sont à la recherche de la Curious Yellow. LA plume Vurt. Scribble, accompagné de Mandy, revient à l'appartement de Beetle, encombré de la Chose, lien indispensable avec le Vurt, où sa soeur Desdémone s'est perdue, ce qui plonge Scribble dans un profond désespoir. Seule une plume Vurt jaune saura le ramener là-bas pour arracher sa soeur au Vurt. La Chose servira de monnaie d'échange. Mais les chevaliers du speed - Beetle, Mandy, Scribble et Bridget -, une bande de jeunes nourris à la défonce du Vurt, la meilleure drogue sur le marché illégal de Manchester, n'auront pas la partie facile, entre Murdoch l'ombreflic, les serpenrêves et Takshaka le Serpent Roi, la partie sera serrée. Mais qu'est-ce que le Vurt ?...
Jeff Noon, né à Manchester, habite maintenant Brighton, ce qui ne l'empêche pas d'écrire des histoires se passant à Manchester. Ainsi débute la série de Vurt, commencé avec Alice Automate (1996), poursuivi par NymphoRmation (1997), puis Vurt (1993), et enfin Pollen (1995). NymphoRmation, Vurt, Pollen et Pixel Juice ont été publiés par les éditions de la Volte.
Jeff Noon est, depuis Vurt, considéré comme auteur culte, outre-Manche, et étrangement caractérisé comme possible fils du mariage entre William Gibson (Neuromancien) et Anthony Burgess (Orange mécanique). Si la référence à Gibson est intéressante, le Vurt n'est pourtant pas un univers virtuel numérique, même s'il est peuplé de dieux, tels Maître Chat, Hobart, ou Takshaka. L'accès au Vurt, dont on ne connaît finalement pas la nature véritable, se fait via la drogue. L'absorption de cette drogue est originale mais probablement difficile: elle se fait en enfonçant au plus profond de la gorge une plume Vurt (Personnellement, je vomis, si je fais ça). D'où viennent ces plumes ? Là encore, l'auteur reste vague sur le sujet. L'important est que le passage dans le Vurt implique physiquement celui qui l'emprunte. Il est possible d'y amener et d'en ramener des objets, dans la mesure où il y a conservation de masse et d'énergie dans l'échange. On peut y aller à plusieurs et rêver des mêmes choses. Plutôt qu'au réseau informatique, le Vurt s'apparente peut-être plus à une sorte de noosphère, d'inconscient collectif en réseau, un concept proche de la psychosphère de Roland C. Wagner (Serpent d'angoisse), du monde onirique de Kadath de Lovecraft (démons et merveilles), du Jeamland de Michael Marshall Smith (Avance rapide) et bien d'autres encore. A l'instar du cyberpunk, le Vurt possède lui aussi ses codes, ses portes vers un monde où toute forme de pratique sexuelle est permise à travers le pornvurt (Grâce aux plumes roses), toute forme de violence à cause des plumes noires et le bien-être via les plumes bleues. Mais il faut se méfier des plumes jaunes qui sont les plus dangereuses, les plus rares aussi. L'une d'elles conduit au jardin des supplices, où toute l'existence est revécue dans la souffrance, des plumes comparables aux couronnes d'enfer (La reine des anges, Greg Bear). C'est ce genre de plume que Desdémone a prise, d'où l'urgence de Scribble (qui veut dire gribouillage) à retrouver au plus vite une plume jaune Curious Yellow et sa Chose, tel un Orphée aux portes des enfers, lui qui s’est fait mordre par un serpenrêve et qui devra faire face au Cerbère.
Vurt n'est donc pas un simple délire de camé, bien au contraire. Il a la résonance de Substance mort (Dick), ses mauvais trips mémorables, il a l'inventivité de Burgess, ses délires linguistiques, son immoralité manifeste (l'inceste) mais il a quelque chose de plus en substance, une cohérence, peut-être. Et puis avec ce monde plein de robots purs, de chiens purs, d'hommes purs, d'ombres pures et de tous les croisements possibles des uns avec les autres, on ne pourra reprocher Jeff Noon d'avoir construit un monde plein de surprises.

La conclusion de

Vurt est une curiosité littéraire, un délire réussi et maîtrisé et Jeff Noon peut s'attendre à devenir ici aussi un auteur culte.

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