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Critique du Roman : Chromozone
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Critique du Roman : Chromozone

Avis critique rédigé par Manu B. le jeudi 30 octobre 2008 à 1715

Virus

Un flot de lumière vague descendait du ciel par intermittence, jusqu'à toucher le fond obscur des ruelles. A travers une épaisse couverture de détritus, l'oeil gauche d'Ogre observait les lasers découper les nuages en fines tranches de nuit poisseuse"..."
Le futur, là, tout de suite, sans réseau, sans matériel informatique. Le chaos. Après l'apparition de Chromozone, un virus informatique particulièrement efficace, le monde a définitivement changé son fusil d'épaule puisque la vie mondiale en réseau touchait à sa fin. Adieu internet et les communications intercontinentales instantanées, adieu le téléphone portable, adieu la télévision et ses reportages aux quatre coins du monde. L'heure est à l'ethnocentrisme et au communautarisme identitaire. Les gens se regroupent par genre, par type, par race, par religion, par idéalisme. L'heure n'est plus à la globalisation ni à l'ouverture d'esprit. De ces communautés émergent des milices privées, et mêmes des entreprises qui prouvent que certains n'ont pas perdu le nord et reconstruit un petit empire commercial sur les cendres de la civilisation. Deux grosses boîtes se distinguent déjà: Zentech et Karmax; la guerre commerciale n'est toujours pas un concept passé. Gemini est un exilé, Ogre fait partie d'une milice privée, Justine est la femme du patron de Karmax et Kahleel est un rouage qui relie Justine à Ogre. Déjà d'étranges évènements surviennent: des émeutes de personnes enragées apparaissent sporadiquement...
C'est aux éditions de la Volte (qui décidément ne fait que des bons choix éditoriaux) que Stéphane Beauverger s'est connaître avec Chromozone en 2005 où le sombre côtoie le glauque et le pessimiste. Mais pas seulement, car ce futur peu attractif pourrait bien un jour s'inviter dans nos petites vies bien tranquilles. Il vient juste d'être réédité en septembre dernier chez Folio SF, avant la réédition des deux autres volets de l'univers de Chromozone: les Noctivores en 2005 et la cité nymphale en 2006.
Pessimiste, mais pas que. Un malheur n'arrive jamais seul, mais il y a quand même des limites à la décence. On ne pourra pas dire que Stéphane Beauverger ménage ses personnages qui sont pour le moins bousculés par l'histoire une première fois en voyant la civilisation du XXe et du XXIe siècle imploser puis s'effondrer avec les réseaux mondiaux, et puis assister à une renaissance sur des fondations déjà vérolées. Teitomo "Ogre" ancien militant et protestataire professionnel voit son avenir de révolutionnaire réduit à néant par le Chromozone. De révolutionnaire, il devient milicien, une sorte de gendarme privé et garant de la sécurité de ceux qui le paient. Et pourtant, la pacification à laquelle il participe va tourner court. Gemini a lui aussi subi le Chromozone de plein fouet puisque le fils de bourge se retrouve exilé sur une petite île de Bretagne parmi un troupeau d'autres bourges parqués comme des bêtes et obligés de suer sang et eau pour ne serait-ce que manger la pitance quotidienne. Justine est une ancienne révolutionnaire devenue l'une des têtes pensantes de la société Karmax, l'un des nouveaux cartels aux pratiques commerciales encore plus pourries que ce contre quoi elle se battait avant le Chromozone. Le Chromozone a pris la civilisation, l'a mise sens dessus dessous et l'a douillettement installée sur un parterre de ruines encore fumantes. Les rôles sont inversés, les hors castes se retrouvent à la tête d'un pouvoir énorme, les anciens riches rampent aux pieds de petites frappes sanguinaires, les délinquants se retrouvent flics sans rien y comprendre. Et pourtant, malgré la souffrance, malgré la détresse, l'avenir sera encore moins rose pour tout ce petit monde...
Le pire c'est que cette société, - si on peut encore parler de société complètement morcelée, donc parlons de ces sociétés - ces communautés sont repliées sur elles mêmes, recentrée sur une identité culturelle, un peuple et parfois une religion. Ainsi, Marseille est une ville maghrébine et la Bretagne aux mains des Keltiks. Le régionalisme ressurgit de manière frappante. Et l'information se fait via la phéro-communication/phéromunication, la communication par les odeurs puisque le numérique est mort. Un concept bien intéressant. Au-delà du fond et du background, les personnages sont en fer forgé par les circonstances donc à fleur de peau, et fatalement sur le fil du rasoir en permanence. Quand on sait par quoi ils sont déjà passés, et vers quoi ils se dirigent, dans un chaos où le cannibalisme, la fureur aveugle et l'absence de civilité se côtoient, on se demande sincèrement comment ils ne peuvent devenir fous.
Certaines scènes sont carrément gores, les images sont fortes, mais au final, c'est un très beau futur que nous propose l'auteur, sombre et cruel. Espérons seulement que ce ne soit pas prophétique.

La conclusion de

Premier volet de la trilogie, Chromozone plante un univers sombre et particulièrement pessimiste qui vaut vraiment la peine qu'on s'y attarde. Le mal est fait...

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