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Critique du Film : Eden Lake
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Critique du Film : Eden Lake

Avis critique rédigé par Thomas V. le mardi 28 octobre 2008 à 1353

PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS...

Rapide et fructueuse renaissance depuis le Jeepers Creepers de Victor Salva en 2001, le survival est un genre à la mode. On ne compte plus les nombreux films mettant en scènes de jeunes adultes confrontés à des monstruosités humaines ou non dans des endroits du bout du monde, ni même les remakes de films cultes (cf. Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper ou encore La colline à des yeux de Wes Craven).


Ces dernières années, la pluparts des pays se sont essayés au genre, la Belgique (Calvaire de Fabrice Du Welz), l’Australie (Wolf creek de Greg McLean) et même la France (Haute Tension d’Alexandre Aja, Ils de David Moreaux et Xavier Palud)
Mais le pays le plus lucratif dans la production de ce genre de cinéma reste sans conteste l’Angleterre avec pas moins de six films sortis sur grand écran en l’espace de quatre ans à peine. Six films dont l’avant-dernier en date The Descent de Neil Marshall a fait l’effet d’une bombe lors de sa sortie, s’illustrant dans de nombreux festivals et récoltant de nombreuses récompenses. Il faut dire que le film est efficace, adulte, joué par une équipe d’actrices impliqués jusqu’aux ongles, magnifiquement bien réalisé (la gestion du lieu unique et à ce titre parfaitement maîtrisé) et le score de David Julyan ne fait que renforcer l’ampleur horrifique et émotionnelle du métrage.
On pouvait dès lors se demander comment le genre allait pouvoir rebondir pour mieux nous surprendre après une telle œuvre devenu un classique instantané. La réponse est simple, on reprend les mêmes et on recommence.
Enfin, pas tout à fait…
Malgré le fait que l’on retrouve une partie de l’équipe technique qui officiait sur The Descent, et notamment David Julyan le compositeur, Eden Lake va exposer des enjeux dramatiques totalement différents.
Il a toujours été dit qu’un bon survival se doit d'être intelligent, de questionner le spectateur, de le mettre mal à l’aise, d’utiliser l’horreur comme métaphore d’un message à véhiculer.
Fini donc les crevaces sombres et suintantes de The Descent, où des jeunes femmes spéléologues s’y retrouvaient enfermées avec pour seule compagnie des bêtes féroces et carnivores. Fini la métaphore féministe ainsi que le sous-texte sur l'incapacité de deuil d'une mère pour sa petite fille.
Avec Eden Lake, le survival se veut social.

James Watkins le réalisateur va se contenter d’utiliser la même forme qui a fait la récente gloire des survivals britanniques. La photographie se veut très crue, proche du réel, il y a peu voir pas de gratuité dans la mise en scène. La tendance est à une certaine forme de cinéma vérité, presque documentaire, la caméra devenant complice de l’histoire, devenant surtout un témoin invisible des agissements des différents protagonistes. Le cadre de l’image délimite ainsi le regard du spectateur, il y a peu de hors-champs, peu de place à l’imaginaire hormis dans quelques scènes judicieuses ou son utilisation ne faire que renforcer l’angoisse présente. Pour Watkins, la règle est donc simple, ne rien cacher ou presque de l’horreur graphique et placer ainsi le spectateur dans une situation de voyeurisme déstabilisante que certains décrieront. La forme se veut éminemment frontale : le montage est brut et énergique dès que l’action est lancée, contrebalançant avec les première minutes du métrage plus tranquilles, presque aériennes. Le score de David Julyan est utilisé ici dans le même esprit que sur The Descent, c'est-à-dire renforcer l’ampleur dramatique et émotionnelle du film. Concernant la mise en image de la violence, le réalisateur anglais a choisi un traitement purement réaliste en évitant la surenchère gore. Comme dans tout bon survival qui se respecte, l’horreur se veut moins graphique que psychologique renforçant l’atmosphère incroyablement lourde et suffocante du film. Watkins respecte donc scrupuleusement le lourd cahier des charges imposé au genre…presque même de trop. On ne peut nier la bonne volonté du réalisateur à nous livrer un spectacle jouissif mais pour n’importe quels aficionados, certaines situations frôlent vraiment la redite et parfois les incohérences sont légions. Il est clair que le défaut principal du film est de fonctionner quelque peut en « pilotage automatique ».
Dans la forme, Eden Lake n’essaye en rien d’innover et assume parfaitement son statut de film de genre se permettant même de flagrantes allusions à ses illustres ainées. Le film de James Watkins s’inscrit nonchalamment dans la continuité d’un genre qui a fait ses preuves et qui a pratiquement usé toutes ces ressources formelles pour captiver.
Mais pourtant, malgré une mise en scène classique mais efficace, Eden Lake ne devient à aucun moment le film de trop.

Comme dit plus haut, un bon survival est un survival intelligent, et il est indéniable que le fond d’Eden Lake aussi primaire soit-il fait l’effet d’une claque brutale et sans concession tant il renvoie à des problèmes sociaux actuels qui nous concernent tous.
C’est indéniablement le point fort du film. James Watkins britannique de souche a aussi signé le scénario et nous livre une vision sombre et pessimiste de la classe sociale défavorisée de la jeunesse anglaise actuelle qu’il connaît sans doute trop bien. Certains pourront y voir un discours trop démonstratif, trop appuyé. Avec raison oui, car au final tout cela n’est pas parfait et le tout n’est pas traité avec énormément de finesse mais force est de reconnaître que le résultat prend néanmoins à la gorge. Sans aucun recourt possible. Une fois la première partie purement introductive achevée, certaines séquences délivrent une horreur psychologique rarement atteinte tant la violence qu’elles renvoient nous semble possible, palpable, presque réelle en plus d’être éminemment dérangeante par la nature même des tortionnaires. Les situations narrées pourront donc pour certains rapidement devenir indigestes mais il est indéniable que le film est intéressant justement dans son traitement jusqu’au-boutiste. Son idée de départ est simple, clair et précise et le métrage va jusqu’au bout, n’ayant pas peur de bousculer les tabous et de créer une quelconque polémique. Malgré l’approche quelque peu basique de son sujet, James Watkins a la bonne idée de lier son récit à des thèmes actuels. Il n’est pas seulement question de la violence chez les jeunes « rednecks » anglais. Non, le film va nettement plus loin que son postulat de base en proposant une réflexion sur le phénomène de groupe et ses dérives, le happy slapping (filmer aves son téléphone portable des actes de violences) ainsi que le rôle fondamental des parents dans l’éducation des enfants. Malgré le temps limité dont le réalisateur dispose (environ 1h30) les enjeux sont clairement exposés et s’achemine vers une conclusion tétanisante et à la logique implacable.
Au final Eden Lake pourrait être considéré comme un film hybride, jouant sur une forme efficace et nerveuse qui à fait ses preuves, mais qui ne cherche nullement à se démarquer de ses prédécesseurs et qui s’allie à un fond un peu archétypale certes, mais au combien actuelle. De plus, James Watkins est véritablement un excellent directeur d’acteurs tant la performance du jeune Jack O’Connell fait froid dans le dos en bourreau leadeur du groupe victime de son éducation ainsi que de la charmante Keilly Reilly, bien loin ici de ses rôles habituels et qui s’investie véritablement corps et âme. L’attachement auprès du public n’en est que plus immédiat donnant à son calvaire un aspect horrifico-tragique des plus émouvants, se concluant sur un épilogue hautement perturbant enfonçant le clou sur l’aspect « survival intelligent » du métrage ainsi que sur son sous-texte social et jouant cette fois au maximum sur le hors-champ pour nous assener un dernier coup brutal et violent.

La conclusion de

Eden Lake est ce qu’il est : un film de genre très classique mais arrivant à se démarquer par son traitement efficace, ses thématiques sociologiques, ses acteurs investis et son acte final qui hante longtemps après la projection.

Que faut-il en retenir ?

  • Acteurs investis.
  • Thématiques sociales.
  • Traitement efficace.
  • Conclusion implacable.

Que faut-il oublier ?

  • Classique dans ses effets formels.
  • Quelques clichés et facilités scénaristiques.

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