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Le Concile de fer >

Critique du Roman : Le Concile de fer

Avis critique rédigé par Manu B. le mardi 21 octobre 2008 à 14:42

Révolte sur les rails

"En un temps révolu, des femmes et des hommes tranchent une ligne à travers l’immensité, entraînant l’Histoire derrière eux. Ils sont immobiles, un cri d’assaut figé sur la bouche. Ils franchissent la rocaille : des tranchées, de la forêt, de la broussaille, l’ombre de briques. Ils adviennent sans cesse..."
Plusieurs années après la menace des suceurs d'âmes qui a failli emporter la ville-état de Nouvelle-Crobuzon, une autre menace plane sur la ville et ses habitants. Une menace que seul le gouvernement connaît en détail car très peu d'informations émanent du pôle décisionnaire vers les bas quartiers, même si les gens ont aussi leurs sources. La guerre contre Tesh atteint un paroxysme comme nul autre et les soldats qui vont au front et qui en réchappent reviennent avec des récits assez terrifiants. Mais ils sont si peu à revenir. L'espoir des bas quartiers (Bas-lag) ne réside que dans un mythe, une histoire que l'on raconte depuis des décennies, lorsque des ouvriers, des Recréés, des mineurs et des prostituées ont osé faire face à la tyrannie des dirigeants de la compagnie des trains: le Concile de Fer. Mais cette légende a peut-être disparu, s'est évaporée dans la tâche cacotopique ou s'est dissoute dans les peuplades des LibRecréés. Faucheur et un petit groupe de membres du Comité sont partis à la recherche de celui qui pourrait les conduire jusqu'au Concile. Il se nomme Judas et pourrait avoir assisté à la naissance du Concile. Pendant ce temps, en ville, Ori est lui aussi en proie au doute. Doit-il continuer à assister aux réunions stériles des plus modérés ou bien prendre physiquement part aux actions terroristes contre le gouvernement aux côté de Toro ?...
La dernière décennie a vu du monde de la fantasy émerger de plus en plus d'œuvres qui sortent des chemins battus de l'héroic fantasy dont le crédo était le sempiternel donjon-dragon-trésor. Parmi les nouveaux univers et les nouveaux genres de la fantasy, la vague anglaise compte des auteurs doués dont Mary Gentle, Neil Gaiman et China Miéville sont les figures charismatiques de ce renouveau en plein essor. Citons aussi les jeunes talents comme Hal Duncan. Après la parution de Perdido Street Station (Prix British Fantasy Society et Arthur C. Clarke en 2001), après les scarifiés, il revient dans le même univers avec le Concile de Fer (Prix Arthur C. Clarke en 2005) où il ne fait pas dans la dentelle. La fantasy de Miéville est d'ailleurs très proche de ce que pouvait produire en son temps Michael Moorcock, et proche aussi de l'univers de M. J. Harrison dans son épopée baroque du Viriconium. La civilisation n'est que le fantôme de celle qui dans sa pleine grandeur a brillé sur le monde, grâce à sa technologie et à sa puissance. Ce monde aujourd'hui est moribond, il n'est que l'ombre de lui-même et rares sont encore les technologies brillantes. Les miettes de la science ne servent qu'à asservir les foules et garantir un pouvoir décadent. Les Recréés sont nés à partir de ce concept. Il est devenu une mode pour les gens de la haute société, ou bien le signe caractéristique d'une communauté, mais la Recréation est aussi une punition pour tous les criminels. Leur corps est remodelé, greffé, croisé avec des animaux, doté de pattes ici, de membres là, de tête d'insecte, et autres ignominies. Ils doivent ensuite accomplir les tâches les plus ingrates pour payer leur dû à la société. Un travail d'esclave, souvent.
China Miéville est un auteur engagé, on l'a déjà dit, mais jamais un de ses romans n'avait été aussi explicitement politique. La Nouvelle Crobuzon n'est qu'une représentation de la ville tentaculaire de Londres, en quelque sorte, dans laquelle il dénonce les injustices dues au droit du travail et d'une certaine manière les conséquences de la haine raciale. Difficile de ne pas reconnaître dans la Recréation la parabole relative aux immigrés. Aussi s'attarde-t-il un bon moment sur les droits des Recréés, leur détresse. D'où certaines longueurs qui nuisent en de nombreux endroits à la fluidité de la lecture. A l'inverse, les moments d'action pure sont guidés par une frénésie descriptive qui emporte le lecteur dans une espèce de tourbillon, avec une efficacité surprenante, spécialement dans les scènes de guérillas urbaines. Les combats de thaumaturges, de golémistes sont époustouflants. Rien que ça. Mais tout ne se situe pas dans Nouvelle Crobuzon. Une bonne moitié du roman se situe dans les zones dévastées à l'extérieur de la ville loin de toute agitation, où rien ne semble pousser. On est proche des descriptions de Stephen King de l'Entre Deux Mondes et ses Terres perdues, où la tâche cacotopique abrite aussi les pires mutations biologiques.
On regrettera cependant les nombreux chapitres où China Miéville laisse parler trop parler ses convictions, au profit de l'histoire. D'autant qu'en fin de compte, il n'y a pas de solution à toute cette misère. Tout est vain.

75

Au final, le concile de fer est engagé, ce qui n'étonnera personne avec un auteur comme China Miéville. L'accent est mis sur le côté social de cette rébellion peut-être au détriment de la richesse de l'univers. Ceux qui ont apprécié Perdido Street Station pourraient être déçus par cet aspect mais les qualités stylistiques du roman et son histoire tragique compense largement l'ensemble.

Critique de publiée le 21 octobre 2008.

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