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Critique du Roman : La séparation
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Critique du Roman : La séparation

Avis critique rédigé par Manu B. le jeudi 23 octobre 2008 à 1448

Uchronie ou pas ?

"Par ce jeudi après-midi de mars, la pluie tombait sans discontinuer sur Buxton, qu'elle voilait de nuages bas mouvant, gris et déprimants. Stuart Gratton, assis à une petite table dans la rue, pivotait parfois pour regarder s'écouler le flot lent de la circulation et barboter les piétons, la tête basse, le parapluie plus près des épaules..."
Un journaliste reçoit un manuscrit décrivant ce qui est vraiment arrivé pendant la guerre 1939-1941. Il semblerait que la paix ne se soit pas signée entre l'Angleterre et l'Allemagne cette année-là, car Rudolf Hess n'est jamais parvenu à signer le traité à Winston Churchill...
C'est incroyable comme la guerre 1939-1945 a inspiré les auteurs de SF. Il suffit de reprendre point par point les différents stades pour comprendre que tout aurait pu basculer à un moment ou à autre. Ces points nodaux servent de charnière à l'uchronie pour raconter ce qu'aurait pu être le monde aujourd'hui si l'histoire avait bifurqué à cet endroit précis. La plus célèbre uchronie reste le maître du haut château de Philip K. Dick, récompensé par le prix Hugo en 1963. D'autres s'y sont essayé mais sans réussir à atteindre cette impression de double illusion. C'est maintenant chose faite avec l'un des meilleurs jongleurs de réalités, l'auteur des dénouements en suspens, l'écrivain qui a laissé perplexes nombre de lecteurs agacés par le fait qu'on ne leur disait pas tout. Christopher Priest a écrit la séparation. Paru en 2005 aux éditions Denoël Lunes d'Encre, ce petit bijou (British Science Fiction Award, Arthur C. Clarke Award et Grand prix de l'Imaginaire 2006) a été réédité chez Folio SF en septembre dernier.
Le point de vue. Tout est question de point de vue chez Priest, le reste n'est qu'altération de la réalité. On se doute que si l'on prend un évènement dont quatre ou cinq personnes sont témoins, leur vision ne sera pas la même, l'évènement n'aura pas la même importance parce que les gens n'ont pas la même histoire, le même passé, les mêmes préoccupations. Mettons maintenant que parmi ces cinq personnes, il y a deux membres de la même famille. Leur témoignage sera déjà plus proche, encore que pas tout à fait le même. On se rapproche d'une vérité objective même si on en est encore loin. Mettons maintenant que ces deux personnes sont des jumeaux. Là, on ne sera pas loin d'une vérité objective car leur vérité à eux sera encore plus proche. Et c'est là que Christopher Priest nous joue un autre tour pendable et nous prouve le contraire. La gemmellité dans la séparation joue un rôle important car on serait à même de croire l’un comme l’autre comme l'une de ces vérités. L'Histoire nous est racontée par ces deux jumeaux avant, pendant et après la deuxième guerre mondiale. Mais quelle guerre ? Ils sont férus d'aviron qu'ils pratiquent à un niveau tel qu'ils participent aux Jeux Olympiques de 1936... de Berlin. Jusque là tout va bien. C'est sur place que la séparation commence lorsque l'un des deux voit la réalité de l'impact du nazisme sur la population, tandis que l'autre se concentre sur le sport. La brève rencontre avec Rudolf Hess pour des raisons sportives aura pourtant de lourdes conséquences politiques lors de ce fameux point nodal. De retour des Jeux, ils s'éloignent l'un de l'autre alors que la guerre se rapproche. Lorsqu'elle est déclarée, l'un est objecteur de conscience travaillant pour la Croix Rouge et l'autre pilote de bombardier dans la Royal Air Force. C'est là que le fossé se creuse, entre eux, entre eux et nous, où tout bifurque, où tout se brouille dans le temps, dans les choses de l'amour, dans l'amitié liant les deux frères, dans l'orientation de la guerre. La guerre se solde-t-elle en 1945 ou en 1941 ? Rudolf Hess a-t-il réussi à traverser la Manche pour signer la paix avec les Anglais ? Est-ce un récit historique ou bien un délire ?
A vous de voir.

La conclusion de

Christopher Priest est le maître des illusions, particulièrement dans la séparation où il atteint une rare maîtrise de l'uchronie. Après ce roman, tout ce que l'on sait, c'est que l'on ne sait rien. Encore un roman qui va alimenter les débats !

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