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Critique du Roman : La Reine des anges
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Critique du Roman : La Reine des anges

Avis critique rédigé par Manu B. le lundi 16 février 2009 à 0756

Conscience et caetera

"Exercice 1: Imaginez un groupe d'arbre, nus et noirs contre un ciel de cendre. Les ramifications se gravent profondément sur le fond neutre en un motif fixe, qui ne change pas. Le gris du ciel n'a pas de consistance. Il n'émet pas de vibrations que l'on pourrait capter les yeux fermés. Il ne s'agit pas seulement d'une image d'hiver, mais d'une certitude, de l'image définitive que l'on trouve dans les yeux d'un mort. A présent, demandez-vous si ce que vous voulez, c'est la tranquillité et la paix..."

2047, l'histoire en est à un point nodal. A l'aube du millénaire binaire (2048), la société a les atouts pour être idyllique. La thérapie a réduit de nombreux troubles psychiques, et ceux ont commis des crimes sont ce qu'on appelle thérapiés. Le procédé amélioré par le Pr Martin Burke permet une complète réhabilitation des criminels, à moins qu'un groupuscule constitué par les Sélecteurs ne les trouve en premier, leur faisant subir mille maux à l'aide des couronnes d'enfer, objets illégaux et parfaitement dévastateurs sur l'état mental de la victime, la réduisant à l'état de légume en cas de torture prolongée. Ainsi, la population a choisi la thérapie, sauf quelques originaux, les personnes libres en marge de la société et les artistes, dont le rééquilibrage psychologique de la thérapie risquerait de saper leur talent artistique.
En ce jour, un acte de barbarie abjecte a été perpétré: huit étudiants ont été égorgés dans le même appartement. L'oeuvre du crime n'est autre qu'Emmanuel Goldsmith, le célèbre poète. Mary Choy, un inspecteur de police, est chargée de le retrouver avant les Sélecteurs, pour comprendre ce qui s'est passé et pourquoi. A l'annonce de cette nouvelle, écrivain, ami du poète et lui aussi non thérapié, Richard Fettle essaie de comprendre pourquoi Goldmsith s'est transformé en meurtrier. A des années lumières de là, loin des affaires humaines, la sonde pilotée par une IA est sur le point de se mettre en contact avec la supposée civilisation de cette planète où l'on aurait détecté de l'intelligence...

On ne présente plus Greg Bear. Cela fait maintenant trente ans qu'il écrit et nombre de ses romans et nouvelles ont été récompensées (Hugo et Nebula Awards pour la nouvelle novellisée en La musique du sang, Nebula Awards pour les romans L'Envol de Mars et L'Echelle de Darwin). Il se plaît à écrire des séries dont les plus connues sont incontestablement la trilogie d'Eon (Eon, Eternité, Héritage) et L'Echelle de Darwin (et sa suite Les Enfants de Darwin). La Reine des anges est le premier volet de la trilogie de La Reine des anges, qui compte aussi L'Envol de Mars et Oblique.

Greg Bear n'a pas volé sa réputation d'auteur de hard science. La reine des anges est une oeuvre éminemment complexe. Et comme tout bon auteur de ce genre qui se respecte, il étudie aussi, au travers de ses romans, les sciences humaines. Qui ne s'est jamais interrogé sur le comment et le pourquoi de la conscience ? Est-on à même de créer une intelligence à partir de mémoires de silice et de complexes algorithmes ? Peut-on explorer les profondeurs d'une âme et en comprendre les mécanismes ?
C'est là toute une problématique sur laquelle les psychanalystes, psychiatres, philosophes et experts en intelligence artificielle butent depuis quelques millénaires, déjà. Ainsi, au travers des différentes orientations de l'histoire, l'auteur américain aborde la notion de conscience sous différents angles.

Avec Jill, l'IA, on en est au stade embryonnaire de conscience. La conscience passe par son acceptation du "je" et son rapport au monde. Je suis indépendant de mon environnement et je peux agir sur lui.
Le second est le concept de conscience collective. Au travers du point de vue de Mary Choy, on comprend que la thérapie subie par les Américains leur fait perdre ce qui est essentiel pour l'Homme: la liberté de penser en tant qu'individualité. La thérapie uniformise et transforme la masse en bétail, en quelque sorte.
Avec Richard Fettle, un "homme libre", on aborde la notion de créativité artistique. L'artiste exige de rester une individualité et d'être en quelque sorte quelqu'un d'"anormal". C'est de cette seule façon qu'on peut toucher les gens, les pousser dans leurs retranchements ou les pousser hors des sentiers battus. Et les pousser à se sublimer.
Enfin, avec Martin Burke, on entre au coeur de la conscience, comme l'exploration d'un monde avec ses codes, ses fantasmes et ses névroses.
C'est comme si Greg Bear essayait de cartographier la conscience puis de l'expliquer de différentes manières.

La conclusion de

A la façon de John Brunner (Tous à Zanzibar, référence en la matière), Greg Bear a choisi d'aborder un thème complexe. En y regardant de plus près, l'idée est assez vertigineuse mais ce n'est peut-être pas la meilleure manière de la présenter. Certains lecteurs s'y casseront les dents.

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