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Critique du Film : The Dark Knight
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Critique du Film : The Dark Knight

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 14 août 2008 à 1031

Très ambitieux, mais pas totalement abouti…

Dire que l’on attendait ce Dark Knight est tout de même un euphémisme ! Vendu via une campagne de promotion faisant passer celle de Cloverfield pour une pauvre pub de lessive, la nouvelle adaptation cinématographique de l’homme chauve-souris à su se faire désirer ! Et pour cause : après le succès public et critique de Batman Begins, on attendait une suite plus sombre, plus explosive, plus ambitieuse…
Et d’ambition, Christopher Nolan n’en a clairement pas manqué ! Co-auteur du scénario, il a réussit le défi improbable de proposer un film non pas tourné vers un traditionnel affrontement Batman versus Le méchant de l’histoire, mais au contraire totalement orienté sur l’évolution de la psychologie de son personnage et sur la mise en place d’une intrigue complexe faisant intervenir une myriade de personnages, chose totalement hors-normes dans ce type de production. Dans The Dark Knight, les méchants ne sont là que pour éprouver le personnage principal, le pousser dans ses plus ultimes retranchements, et ainsi proposer aux spectateurs un long-métrage plus proche du film d’auteur que du simple blockbuster estival dont le but avoué et visible ne serait que d’aligner scènes d’actions et effets spéciaux.
The Dark Knight crève donc l’écran de par l’ambition du projet et les thématiques proposées par le réalisateur. Malheureusement, pris en étau entre cette volonté affichée et le maximum acceptable dans l’adaptation d’un comics populaire – dans l’esprit d’un producteur - le film atteint souvent ses limites, et cela malgré le génie incontestable de certaines scènes et de certains partis pris. Explications…


La limite de The Dark Knight se trouve très nettement dans le personnage de Batman. Souvent présenté comme un super-héros particulièrement sombre, Bruce Wayne est un personnage qui se veut complexe, mais dont les limites sont malheureusement fixées par des contraintes purement financières. Cinématographiquement parlant, Batman a ainsi été dans les pires moments rose bonbon (Batman et Robin), et dans les meilleurs, gris clair (Batman Begins). Ici, le personnage se révèle être désespérément immuable, immobile et destiné à ne rester que dans des nuances de gris. Alors que Christopher Nolan offre à la franchise le scénario idéal pour faire sombrer son héros vers son côté sombre (style The Dark Knight de Franck Miller), les contraintes imposées par DC Comics et la Warner font que rien ne change, que rien n’évolue jamais. C’est ainsi que la psychologie du personnage principal ne bouge pas d’un pouce au cours des cent cinquante minutes de long-métrage, alors même que le script est censé le pousser dans ses derniers retranchements.
Il n’aurait pourtant pas fallu grand chose pour changer cet état de fait. Batman, sombrant l’espace de quelques scènes dans cette cruauté contre laquelle il se bat, voilà qui aurait été intéressant, qui aurait amené des questionnements et des remises en questions. Mais voilà, notre héros ne franchit le pas à aucun moment, se contentant de rester dans l’expectative et le «et si…». Alors même que la trame scénaristique – excellemment travaillée - aurait du l’amener à explorer son côté sombre, cet immobilisme affligeant finit malheureusement par mettre en avant la psychologie de pacotille d’un super-héros qui - pour des raisons que l’on sait financière – n’ira jamais jusqu’au meurtre, et ce même si celui-ci peut-être justifié dans le scénario !

Et pourtant, la transformation tant souhaitée était offerte sur un plateau d’argent, via une intrigue en or massif mettant en relation police, justice, pègre, super-héros et super-méchant. Le scénario de The Dark Knight s’avère ainsi être d’une densité telle qu’on en avait pas vu depuis très longtemps dans ce genre de production. Des dizaines de personnages se croisent et s’entrecroisent au gré d’histoires à la fois différentes mais en même temps toutes liées entre elles, et toutes ayant - ou devant avoir - une répercutions sur la psyché de Bruce Wayne. Maîtrisé de bout en bout, le script de Christopher et Jonathan Nolan surprend et fascine en même temps de par sa capacité à ne jamais perdre le spectateur. On passera donc bien vite sur les quelques incohérences bien crétines (la scènes des bateaux est à ce niveau consternante de bêtise) pour ne s’attacher qu’aux grandes qualités de ce scénario.
La traditionnelle thème de la lutte du bien contre le mal que l’on retrouve dans The Dark Knight prend de plus une connotation très terre à terre en ce sens que chaque parti se bat pour la même chose (diriger Gotham City) ; c’est ainsi que les personnages principaux - extrêmement denses et bien construits – donnent au film une envergure inédite. Jamais manichéens, ils apportent au long-métrage une profondeur accrue par le talent de leurs interprètes respectifs, qui dégagent ainsi une force dramatique assez exceptionnelle. À ce niveau, le Joker est, comme prévu, l’événement du film : méchant géniallissime brillamment écrit et mis en scène, il arrive à faire oublier la mythique prestation de Jack Nicholson en imposant un style nouveau. The Dark Knight trouve ainsi sans conteste ses meilleurs moments dans toutes les passages le mettant en scène, du braquage de début à la scène de garde à vue en passant par ses relations avec la pègre.

Reste le travail, derrière la caméra, de Christopher Nolan qui ajoute une nouvelle pierre à sa filmographie avec ce Dark knight. Comme d’habitude, on retrouvera dans ce film ses thématiques récurrentes - culpabilité, manipulation, obsession, quête identitaire et surtout la très mince frontière qui existe entre le bien et le mal – ainsi qu’une mise en scène très influencée par les classiques “film noir” qui – à l’instar de Batman Begins – ancrent Gotham City et son héros dans une certaine normalité. Intelligente, souvent pertinente, la mise en scène sert à la fois le propos du film et de son réalisateur, chose suffisamment rare pour qu’elle puisse être mentionnée.
Mais comme pour Batman Begins, Christopher Nolan trouve vite ses limites dès qu’il s’agit de réaliser des scènes d’actions. Tout aussi ratée qu’elles pouvaient l’être dans le premier opus – même si moins brouillonnes - les quelques scènes d’actions émaillant le film sont globalement des échecs. Un peu comme si elles avaient été tournées par quelqu’un d’autre, elles détonnent de plus avec le ton général du film, introduisant volontairement dans The Dark Knight cet humour bas de plafond que l’on retrouve généralement dans les blockbusters ; l’exemple le plus flagrant reste la scène de l’attaque du fourgon blindé, totalement ratée, et qui se termine de manière particulièrement grotesque.
Enfin, tout le réalisme que Batman Begins avait tenté d’introduire dans sa représentation du mythe est ici clairement jeté à la poubelle. Tout ce qui a attrait à la technologie est à ce point délirant que la crédibilité même du concept s’effondre alors que Bruce Wayne s’improvise ingénieur en électrotechnique ou que Lucius Fox invente des machines d’investigation à faire pâlir de jalousie Les experts. Une prise de position qui dénote par rapport à celle du premier opus, tendant parfois à renvoyer – à ce niveau seulement - aux films de Schumacher.

La conclusion de

Libéré de toute contrainte mercantiles et financières, The Dark Knight aurait pu aller jusqu’au bout de sa démonstration et peut-être même offrir le meilleur film de super-héros que l’on ait jamais vu. Mais parce que le personnage de Batman ne peut presque pas évoluer et ne peut en aucun cas se permettre – commercialement parlant en tout cas – de réellement sombrer dans son côté sombre, le film finit par tourner à vide. Frustant, donc, d’avoir passé cent cinquante minutes pour que finalement rien ne change ! Mais The Dark Knight possède à côté de cela tellement de qualités qu’il ne peut intrinsèquement être considéré comme mauvais, seulement peut-être comme décevant vis à vis de ses potentialités.

Que faut-il en retenir ?

  • L’histoire, géniale !
  • Un scénario dense,
  • Des personnages travaillés,
  • Un casting de qualité,
  • Une mise en scène intelligente,
  • Des thématiques pertinentes,
  • Le joker, un méchant absolument génial,
  • Le caméo de L’Épouvantail, amusant.

Que faut-il oublier ?

  • Le personnage de Batman, d’un immobilisme frustrant,
  • Les scènes d’action, globalement ratées,
  • Un aspect technologique complètement délirant,
  • Quelques très grosses incohérences,
  • Gotham city, visuellement différent.

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