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Critique du Roman : Le Seigneur des ténèbres
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Critique du Roman : Le Seigneur des ténèbres

Avis critique rédigé par Manu B. le vendredi 18 juillet 2008 à 1315

Au coeur de l'Afrique

Robert Silverberg n’est pas seulement un auteur de l’imaginaire. Il a aussi fait quelques incartades dans le mainstream. For de sa culture aussi bien classique que SF, Robert Silverberg a été fortement impressionné par Joseph Conrad, et en particulier de son œuvre maîtresse : au cœur des ténèbres. Auteur prolifique s’il en est et véritable touche-à-tout des genres et des thèmes de la SF et de la fantasy, Silverberg a tenu à rendre hommage à cet auteur, même s’il n’est pas totalement explicite. C’est un hommage passé inaperçu avec le Seigneur des Ténèbres en 1985, énorme échec commercial, qui sera reconnu deux ans plus tard, avec son magnifique roman, les profondeurs de la terre. Or, si l’histoire de Conrad ne détaille pas les horreurs de M. Kurtz, laissant la place la plus large à l’imagination du lecteur, Silverberg, en développant le récit complet des aventures d’Andrew Battel, nous plonge le nez dedans et décrit les rites dans leurs moindres détails, au cœur des ténèbres de l’Angola du XVIe siècle.
Tout commence donc en cette fin du XVIe, où Andrew Battel, de Leigh en Essex, voit son père et ses frères partir sur des navires britanniques et revenir riches et tannés par le soleil, des histoires à raconter et les yeux brillants par les souvenirs de leurs aventures. En âge de partir, il se heurte tout d’abord aux réticences de son père puis aux velléités du destin : la femme d’Andrew et l’enfant qu’elle portait meurent subitement. Il surmonte son chagrin et rencontre Anne Katherine, une jeune femme à la peau d’albâtre et aux cheveux aussi blonds que lui. C’est peu après qu’il embarque sur son premier bateau, promettant à sa fiancée son retour quelques mois plus tard, lesté des richesses nécessaires pour lui faire un beau mariage. Il ne la reverra jamais. Au détour d’une île d’Amérique du Sud, il est fait prisonnier par les Portugais, les ennemis colonialistes des Anglais. Il échouera en Afrique en commençant son épopée comme esclave…
"« The horror ! The horror ! »"
Silverberg nous plonge dans le XVIe Elisabéthain de manière radicale. L’immersion se fait sur le fond et sur la forme, l’auteur ayant choisi de reprendre les idiomes et expressions de l’époque (parfaitement retranscrits lors de la traduction). L’auteur réussit totalement à retranscrire l’ambiance historique du moment, un siècle seulement après que Christophe Colomb ait abordé les îles américaines, en campant le personnage d’Andrew Battel de manière remarquable. Mais c’est dès lors que l’anglais se retrouve en Afrique, aux côtés des Portugais d’abord, puis ceux des africains, dont les fameux Jaqqas –les cannibales sanguinaires- que l’aventure devient palpitante. Si les pérégrinations du début du roman donnent un faux rythme à cause de quelques longueurs durant la première partie, l’horreur grandissante et la terreur qu’éprouvent les personnages européens face à la menace Jaqqa scotchent littéralement le lecteur. De la même manière que Conrad laisse perplexe face au mystère grandissant de M. Kurtz, Silverberg nous met mal à l’aise dès la première apparition de l’Imbe Jaqqa Calandola, le géant d’ébène, chef guerrier mais aussi et surtout guide spirituel vénéré de tout un peuple. La découverte de cette tribu composée des meilleurs guerriers d’Afrique occidentale, sa culture, ses rites barbares pour un européen blanc comme Andrew est le cœur du roman, passage palpitant, sanguinaire et passionnant. Car à l’instar du personnage, au-delà du cannibalisme, le lecteur est fasciné par cette autre façon de penser qui conduit à considérer l’homme blanc plus fourbe et plus barbare en ces terres. Du coup, ce roman devient une formidable critique contre la civilisation et plus particulièrement contre la pratique avilissante de l’esclavagisme et contre les ravages culturels du colonialisme en général.
Andrew Battel est déjà un homme moderne, car ces vingt années perdues en Afrique lui ont donné le recul nécessaire pour juger de la valeur de sa civilisation natale, typiquement européenne, colonialiste et destructrice.

La conclusion de

Silverberg nous livre là une vraie œuvre de cœur, loin de certains de ses romans alimentaires ; le Seigneur des Ténèbres est vraiment un roman à part, chez lui. Une de ces anomalies littéraires comme on aime à les découvrir.

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