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Critique du roman : Soleil chaud poisson des profondeurs #3 [1976], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le lundi 16 juin 2008 à 17h09

Soleil des profondeurs

"Les psychiatres de l'hôpital Garichankar ont, les premiers, défini le syndrome de Hood -soleil chaud- et le syndrome de Boldi -poisson des profondeurs- comme deux aspects équivalents d'une fuite schizophrénique à répercussion somatique totale... L'homme est terrorisé par le froid absolu de la civilisation des hypersystèmes, alors il rêve qu'il est très loin de là, quelques part sous un soleil chaud. Et il se met à brunir. Telle est la maladie bronzée de Hood..."
En 2039, deux hypersystèmes ont pris le contrôle du monde économique, deux structures régies par des IA, deux hypernationales se partageant le monde et ses habitants. Or, lorsque l'idée d'une fusion pour un monde unifié est émise, les dirigeants humains se mettent des bâtons dans les roues pour faire échouer ce système unique. D'autant que des hommes et des femmes qui ne voient rien qu'une dictature sous la forme de cette structure hégémonique ne veulent pas s'en laisser compter. Mais puisque les IA ont accès aux implants des gens, la réalité risque de ne plus paraître ce qu'elle est vraiment. Au coeur de cette bataille se trouve Yan Nak, scénariste de films virtuels qui envahissent le réel à l'insu des hommes. Pour couronner le tout, deux maux émergent dans la population: soleil chaud ou syndrome de Hood, et poisson des profondeurs ou syndrome de Boldi...
Michel Jeury est un auteur qui a commencé sa carrière dans la science fiction dans les années 50 avec des textes sous pseudo. Il s'oriente vers la littérature blanche ensuite pour revenir à la SF avec des textes extrêmement marquants et hors des sentiers battus. En 1973, le temps incertain marqua un tournant et dans sa carrière, et dans la SF française. Il s'agit d'une déstructuration du roman qui s'apparente au nouveau roman. On y trouve une parenté avec l'oeuvre de Philip K. Dick. Le temps incertain fut récompensé par le grand prix de l'imaginaire. Il s'inscrit dans la trilogie chronolytique comprenant également les singes du temps et soleil chaud poisson des profondeurs. Tous sont réédités par Robert Laffont en 2008, 2009 et 2010.
Ce qu'on peut dire de ce roman, c'est qu'il est difficile d'en faire un résumé, au même titre que les romans de Philip K. Dick. Tout est dans l'ambiance paranoïaque dans laquelle Yan Nak et les quelques autres personnages baignent en permanence. En même temps, ce roman se démarque des deux autres de la trilogie par sa maigre référence à la chronolyse. En effet, si le temps incertain alternait les réalités temporelles, où le héros valsait entre les deux facettes de sa personnalité schizophrène, soleil chaud poisson des profondeurs reste à la même période, quasi à l'endroit d'une singularité technologique. Si l'on prend cette idée comme point d'ancrage, il est dès lors plus facile de s'aventurer dans ce monde complètement dingue. Un monde complètement barré sinon précurseur du genre cyberpunk.
La lecture n'est en tout cas pas du tout accessible au premier venu ni au lecteur néophyte. Michel Jeury s'applique méthodiquement à brouiller les pistes, à déstructurer totalement son histoire, que ce soit dans la construction du texte (chapitres, paragraphes), comme de la chronologie et du sens. Au point que le lecteur se sent perdu la moitié du temps s'il ne fait pas preuve d'une réelle vigilance. Enfin, Michel Jeury exprime dans ce roman, comme dans d'autres, ses réflexions sur les multinationales. On trouve également du John Brunner (Tous à Zanzibar) dans le roman prophétique de Michel Jeury: dans l'apparente structure brouillonne, dans la vision apocalyptique et totale, dans la pertinence de la vision.

La conclusion de à propos du Roman : Soleil chaud poisson des profondeurs #3 [1976]

Manu B.
80

Nul doute que ce roman a marqué toute une génération d'écrivains français. Mais c'est un texte exigeant réservé à un lecteur patient et concentré. A mettre à côté des chefs d'oeuvre comme Tous à Zanzibar.

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