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Critique du Film : Poultrygeist
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Critique du Film : Poultrygeist

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 8 mai 2008 à 1836

Quand les poules ont des dents...

Pour Arbie, la vie est dure. Après avoir presque réussi à se dépuceler avec sa petite amie, il vient de se rendre compte que cette dernière est devenue une militante lesbienne. Désœuvré, il trouve un emploi dans un nouveau fast-food de Tromaville, l’American Chicken Bunker.
Mais les débuts de l’établissement ne sont pas simples car, en plus de composer avec un personnel complètement demeuré, le manager Denny doit calmer les manifestants qui protestent à la fois contre le massacre des poulets et la construction du restaurant sur l’emplacement d’un ancien cimetière indien…


Ecrit et réalisé par Lloyd Kaufman, Poultrygeist raconte l’histoire stupide d’un esprit maléfique indien qui frappe les consommateurs d’un fast-food, après avoir contaminé la viande de volaille, et qui les transforme en zombie-poulets agressifs. L’histoire est donc foncièrement débile, mais comme d’habitude dans les produits Troma, le film vaut plus pour son style de traitement et ses déviances que pour la pertinence de son récit.
Et ici, Lloyd Kaufman réussit parfaitement son coup. Tout d’abord, il faut préciser que Poultrygeist est le film le plus gore et le plus crade qu’a jamais osé produire le studio (l’explosion de Joe Fleishaker dans les toilettes, avec des tonnes de sang et d’excréments projetés sur les murs, est absolument dégueulasse). Entre les scènes scatophiles tout à fait explicites, les épanchements viscéraux, les obscénités, les explosions charnelles, l’on a parfois du mal à ne pas détourner les yeux de dégout. Bien entendu, rien de sérieux là-dedans, cela reste de l’horreur slapstick, avec un aspect potache plus que revendiqué. Mais, autant le dire, Poultrygeist n’est pas à mettre sous tous les yeux, c’est très sale...
Mais Poultrygeist est aussi un film joyeux. Les passages chantés sont courants et, tenez-vous bien, ils sont excellents. Les clins d’œil à Grease et autres comédies musicales américaines sont nombreux, avec des textes complètement délirants et des chorégraphies complètement ridicules mais parfaitement huilées. Des textes qui reprennent bien entendu les nombreux sujets critiques abordés dans ce film de manière très politiquement incorrecte.

Car sous cette comédie se cache un véritable esprit critique. Lloyd Kaufman, très en forme, se moque de tout et fait passer son message à grand coup de sexe (oui, oui, les Tromettes et leurs gros nichons sont de retour), de gore, d’humour noir (quand Wendy présente les photos de reportage de guerre - notamment celles des prisonniers Irakiens -, des poulets remplaçant les victimes) et de vomissures. Ainsi, le racisme, l’extrémisme religieux, l’establishment américain, l’écologie, la malbouffe, le faux puritanisme, l’immigration clandestine, l’homosexualité, tous ces sujets délicats sont abordés avec la plus grande outrecuidance par un cinéaste qui n’a peur de rien. Et quand je dis peur de rien, je pèse mes mots…
L’humour, quand à lui, toujours aussi vulgaire, fait mouche presque à tous les coups. Il faut dire que Kaufman, probablement peu fier des dernières productions Troma, met ici le paquet, avec des gags visuels (lire les panneaux des manifestants situés en arrière plan est une expérience hilarante), du comique de situation (souvent situé en dessous de la ceinture) et des dialogues acides qui sont autant de pointes envers la société de consommation et les soi-disant bonnes mœurs. Les séquences s’enchainent ainsi à un rythme effréné, toutes plus drôles les unes que les autres. Et, en cours de métrage, l’on en vient parfois carrément à se demander si l’on n’est pas en train de visionner le meilleur film de l’histoire de la Troma.

Oui, car si Poultrygeist n’est pas foncièrement plus amusant que The Toxic Avenger - par exemple -, il en est tout autrement quand on se penche sur la réalisation. En effet, on reproche souvent à Kaufman et consorts de manquer de rigueur dans le domaine technique. Ici, ce n’est vraiment pas le cas et l’on doit bien dire que réalisation et mise en scène sont parfaitement maitrisés et calibrés. Il y a bien quelques chutes de rythme - inévitable dans ce type de film qui se déroule à flux tendu -, mais dans l’ensemble, il y a rien à redire, tant au niveau des prises de vues que du montage, qui semblent tous deux avoir fait l’objet d’une attention particulière.
Venons-en aux effets spéciaux. Comme je le disais plus haut, Poultrygeist est extrêmement gore. Les maquillages latex (pas de numérique chez Troma) sont donc très nombreux et l’on dit souvent que la quantité nuit à la qualité. Le dernier tiers du film, par exemple, où le restaurant se voit assailli par les zombies qui y ouvrent une véritable boucherie avec les clients comme marchandise est plus riche en effusions de sang (et autres substances) que le final de Brain Dead. Vous imaginez donc le résultat. Par conséquent, devant tant de demandes, certains maquillages - les moins en vue - sont très perfectibles. Cependant, je vous rassure, la plupart des plans très démonstratifs restent tous à fait saisissants. Les poulets-mutants, quand à eux, sont assez bien foutus, bien dégueulasses, et bénéficient de cadrages avantageux qui permettent de camoufler les nombreux défauts (eh oui, ce n’est tout de même pas du Rob Bottin).

Autre surprise : le niveau d’interprétation. On connaît le goût qu’ont Joe Fleshacker ou Ron Jeremy pour faire les fous, mais on reste surpris devant les performances de deux jeunes débutants : Jason Yachanin et surtout la jolie Kate Graham, une véritable révélation dans le domaine de la comédie. Tous les deux sont complètement déchainés et donnent au film un rythme enlevé. Ils crient, ils chantent, ils dansent, et entrainent même Lloyd Kaufman dans leur délire. En effet, le réalisateur qui s’improvise souvent acteur de manière peu convaincante n’a jamais été aussi bon, notamment dans cette désopilante séquence de danse folklorique ou ce sexagénaire s’amuse comme un petit fou et nous entraine dans son délire.
Bravo, monsieur Kaufman, et vive l'Amérique!

La conclusion de

On sait que les studios Troma sont capables de produire le pire comme le meilleur. Cependant, avec Lloyd Kaufman himself aux commandes, on pouvait tout de même envisager un produit se situant dans la bonne moyenne. Au final, l’on n’est pas déçu. Poutrygeist est même, à mon avis, l’un des tout meilleurs films de la firme. Bien réalisé, très gore, totalement irrévérencieux, mettant à mal l’establishment et la morale conservatrice, et surtout très très drôle. Bien sûr, cette vulgarité gratuite, ce gout pour la démonstration crade et orgiaque ne plaira pas à tout le monde. Mais pour ceux qui sont fan de ce type de brulots critiques et satiriques, Poultrygeist est un pur bonheur…

Que faut-il en retenir ?

  • Un traitement totalement délirant et provocateur
  • Un second niveau de lecture très pertinent
  • Du gore, du sexe, des poulets zombies
  • Des gags qui fonctionnent souvent
  • Les passages chantés, très réussis

Que faut-il oublier ?

  • Très vulgaire et très crade, pour spectateurs avertis
  • Quelques maquillages perfectibles
  • A voir en version intégrale

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