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Critique du Film : La Jetée

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 12 février 2008 à 11:25

Attention chef d'oeuvre...

Unique film de fiction du réalisateur Chris Marker, La Jetée, court métrage d'une trentaine de minutes réalisé en 1962, a connu un véritable engouement auprès du grand public dans les années 90 à l'occasion de la sortie cinéma de son remake : L'armée des 12 singes. Mais si les deux films possèdent des trames scénaristiques similaires, leur traitement en est pourtant foncièrement différent. Ainsi, pour raconter son histoire, Chris Marker a utilisé un dispositif avant-gardiste et jusque là jamais exploité : la technique du roman-photo.
La jetée n'est donc simplement - si je puis dire - qu'un montage de photographies en noir et blanc commentées par un narrateur unique. Celui ci, dès le départ, annonce le thème du film : "ceci est l'histoire d'un homme marqué par une image de son enfance". Une phrase somme toute assez banale, mais qui à elle seule justifie le procédé utilisé par Chris Marker. Cette succession d'images fixes, défilant à vitesse variable selon l'action et l'intensité des évènements narrés, trouve ainsi toute sa légitimité, évitant de sombrer dans une technique "gadget" n'apportant strictement rien au long-métrage.


Le résultat final n'en est donc que plus bluffant. Si l'on pouvait craindre - à juste titre - un film longuet et passablement ennuyeux, Marker réussit le pari improbable de rendre son film intéressant et souvent haletant, et ce bien que la force de l'histoire se trouve amoindrie pour toute personne ayant préalablement vu L'armée des 12 singes. Pour ce faire, Marker a habilement joué avec tout ce qui ne touchait pas au images animées dans le cinéma traditionnel : une photographie très léchée, une superbe musique, et, surtout, un énorme travail fait au niveau des sons : c'est par les divers petits détails, battements de coeur, chuchotements, cris d'oiseau, que le film réussit à prendre vie, alors même que ses images sont inanimées.
Mais au delà de tout cela, ce qu'apporte essentiellement cette technique de roman-photo n'est rien d'autre qu'une véritable poésie émanant de la quasi-totalité des plans. La beauté des images en noir et blanc, couplée à la voix grave du narrateur et à la musique prenante de Trevor Duncan entrainent le spectateur en plein coeur d'une véritable expérience onirique. Si le procédé n'aurait jamais pu tenir le choc sur un long-métrage de quatre-vingt dix minutes, la durée relativement courte du film ne le rend paradoxalement que plus puissant.

Malheureusement, le film souffre des mêmes défauts qui rendent ses qualités si géniales : sa trop courte durée empêche le scénario de bien se développer. C'est ainsi que si tout le départ prend son temps pour être raconté, la fin de l'histoire, plus capitale, n'occupe que moins d'un quart du court-métrage, alors qu'un nouveau protagoniste débarque, clôture l'intrigue principale d'un seul coup, et ne laisse le temps à l'intrigue secondaire que de se terminer sur les chapeaux de roues. De même, les quelques personnages principaux ne sont malheureusement que survolés et, faute d'avoir été un minimum développés, ne resteront, dans l'esprit du spectateur, que des images fixes et sans âmes.
Enfin, il est à noter que l'âge du film (qui date de 1962) joue de plus en plus contre lui : cette vision du futur, moralisatrice et manichéenne, mais logiquement impactée par le contexte lié à la seconde guerre mondiale, trouve infiniment moins d'écho chez le spectateur aujourd'hui.

90

Film fort, poétique, passionnant et envoutant, La Jetée hypnotise le spectateur du début à la fin grâce à son procédé avant-gardiste et à la beauté de la quasi-totalité de ses plans. C'est ainsi que la technique, irréprochable, combiné au talent de son réalisateur, parvient à effacer les quelques défauts du scénario.

Critique de publiée le 12 février 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Le procédé du roman-photo,
  • L'adéquation technique/histoire,
  • L'histoire,
  • Les superbes photographies,
  • La poésie qui se dégage du film.

Que faut-il oublier ?

  • Une fin trop rapide,
  • Des personnages trop plats,
  • Une thématique datée.

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