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Critique du Recueil de nouvelles : L'Homme programmé
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Critique du Recueil de nouvelles : L'Homme programmé

Avis critique rédigé par Manu B. le samedi 19 janvier 2008 à 1254

Les Colocataires

"Même la rue semblait anormale sous ses pieds. Le revêtement avait quelque chose d'étrangement élastique: il cédait trop. Comme si on avait changé la composition du béton durant les quatre ans qu'avaient duré ses ennuis..."
Paul Macy est un homme tout neuf. Un réhab. C'est à la sortie du Centre de Réhabilitation qu'il rencontre Lissa, une connaissance de son ancien moi, Nat Hamlin, son ancienne personnalité qui a été effacée pour être remplacée par une autre, fabriquée de toute pièce, pour une insertion dans le monde social. Or Lissa déclenche en lui le retour des souvenirs de Nat, artiste de génie, mais complètement déséquilibré, violeur et à l'esprit retord. Un nouveau colocataire. Il semble que Nat resurgisse et la compétition pour le corps fera rage...
C'est en 1971, au cours de la période dite faste de Robert Silverberg, après des romans comme l'homme dans le labyrinthe (1968), les profondeurs de la terre (1969), les ailes de la nuit (1969), la tour de verre (1970), la même année que le temps des changements (1971), le fils de l'homme (1971), les monades urbaines (1971), et avant le livre des crânes (1972), l'oreille interne (1972), qu'est écrit l'homme programmé. Cette période est riche en création littéraire s'accompagnant d'une sorte de désillusion vis à vis de l'humanité, de la part de l'auteur. C'est une période malheureuse sur le plan personnel qui lui inspire des textes sombres. Cet état se traduit chez lui par une richesse mais aussi une noirceur sans commune mesure dans ses textes, parmi les plus beaux de la littérature de science fiction.
L'homme programmé préfigure le thème introspectif de l'oreille interne, mais sur le plan de la conscience humaine. En effet, en faisant cohabiter deux personnalité dans le même corps, il ne traite pas du thème de la schizophrénie à proprement parler, mais peut-être plutôt de deux facettes d'une seule et même personnalité. Avec Paul Macy, on est en présence de la personne publique rangée et insérée dans la société, porteur d'une certaine morale, en bon rapport avec ses collègues et touchant de sensibilité avec la gente féminine. Avec Nat Hamlin apparaît le côté sombre, pour qui les fantasmes finissent par se réaliser, avec la rage et la violence d'une bête traquée. Mais comme la bienséance s'accompagne souvent d'une certaine banalité, Paul Macy finit par être un homme insignifiant, dans la norme, et finalement sans avenir brillant. C'est Nat Hamlin avec ses excentricités et son esprit marginal qui a le plus d'aura, et développe un génie créateur hors du commun. C'est peut-être dans ce cadre que Robert Silverberg se situe en temps qu'écrivain, se mettant par procuration à nu dans ce personnage double. L'auteur se trouve-t-il à cette période au croisement où le choix se fait sentir ? Il faut dire que c'est dans ces années que le doute fait son chemin sur son talent créatif, d'une part parce qu'il n'est plus capable de produire en masse de la littérature, comme durant la décennie précédente, et d'autre part parce qu'il traverse une crise sur le plan famillial, avec sa femme Barbara, dont il divorcera quelques années plus tard. On notera dans ce roman la place de Lissa et son comportement, sa loyauté en dilettante envers le personnage Paul, et surtout sa culpabilité quant au réveil de Nat. L'image de la Femme en prend un coup.
Toujours est-il que ce roman, même s'il est loin d'égaler le chef d'oeuvre l'oreille interne, remue parfois les tripes, certaines scènes volontairement provocantes, certaines pensées assez crues et révoltantes. Le style de Silverberg étant un atout incontestable.

La conclusion de

A l'instar de l'oreille interne, l'homme programmé est une fantastique plongée au plus profond de la conscience d'un homme dérangé, un thriller psychologique de haut vol. Finalement, ce roman est une des oeuvres les mieux maîtrisées et les plus marquantes de Robert Silverberg.

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