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Critique de la Bande Dessinée : Nécronomicon
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Critique de la Bande Dessinée : Nécronomicon

Avis critique rédigé par Lucie M. le lundi 26 novembre 2007 à 1934

"Le Livre est ouvert…On a ouvert le Livre…Ouvert est le Livre"

Un homme est projeté malgré lui dans les entrailles du légendaire Necronomicon ; ouvrage ésotérique écrit par l’Arabe fou Abdul Al-Hazred. Peu à peu l’homme s’aperçoit qu’il ne peut plus en sortir et au gré de sa tentative d’évasion il rencontre les habitants du grimoire en leur demandant de l’aide. Cependant, le Maître des lieux, l’Indicible Cthulhu, est sur le point de se réveiller et se tient prêt à venir se repaître de sa chair ainsi que de son âme !
Le Necronomicon est un ouvrage fictif inventé par l’auteur H.P. Lovecraft. D’après la légende, "Al Azif" aurait été écrit en 730 à Damas par un poète du nom d’Abdul Al-Hazred ; plus couramment surnommé l’Arabe Fou. Un surnom d’ailleurs que c’était donné Lovecraft à l’âge de 5 ans lorsque par jeu il s’était converti à l’Islam. Celui-ci inventa donc une histoire autour de l’écriture de ce grimoire maudit qu’il narrera dans ses nombreuses correspondances et surtout qu’il utilisera de nombreuses fois dans ces nouvelles. Le Necronomicon devint alors une véritable légende parmi les fans du Mythe de Cthulhu. Mais cette amplification mythologique fut possible grâce aux condisciples de Lovecraft qui firent tout pour agrémenter cette fable littéraire en continuant l’œuvre de Lovecraft. D'autre part, certains d’entre eux poussèrent même le vice en écrivant un pseudo Necronomicon, au contenu attractif pour les collectionneurs fans de Lovecraft, et où des incantations magiques pouvaient permettre au lecteur d’appeler les Grands Anciens !
Le Necronomicon de Patrice Woolley n’a aucun rapport avec ces falsificateurs littéraires. Patrice Woolley s’inspire simplement des Mythes de Cthulhu en utilisant Le Necronomicon comme base de travail. Son imagination se révélant vaste et tortueuse dans le choix de son histoire et de la représentation de celle-ci. Une représentation atypique puisque Patrice Woolley utilise un procédé de création qui sera essentiellement réalisée avec le logiciel Photoshop à la suite d’une longue recherche de « photos, d'illustrations, de textures pour se confectionner un catalogue d’images » — dixit son interview en ligne — qui seront agrémentées par des textes dont certains seront déjà écrits et d’autres qui viendront sur le moment.
Tout d'abord, notre première vision de l’œuvre est légèrement confuse. Nous ne savons pas "comment" lire cette BD au graphisme inhabituel en raison de la profusion de textes éparpillés de-ci de-là illustrant avec fougue les exclamations –de joie devais-je dire – des "êtres" peuplant les pages du Necronomicon. Des exclamations annonçant l’ouverture du Livre et du prochain réveil du Maître des Lieux, Cthulhu. Patrice Wolley s’amuse à utiliser des polices de caractères toutes différentes. Ce mélange hétéroclite donne une - fausse - impression de désordre tumultueux qui se disperse quand nous rentrons intégralement dans le rythme de l’histoire. Un rythme qui sera soutenu, et cela, jusqu’à la fin du Livre. On sera affecté par les déchirements intérieurs du personnage principal qui n’aura de cesse que de vouloir s’échapper de cet indicible Livre.
L’ambiance du Necronomicon, où évolue de créatures hybrides symbolisant les Grands Anciens du Mythe de Cthulhu et des apparitions morbides d’êtres humains condamnés à la souffrance éternelle dans les profondeurs des pages du grimoire maudit, est sombre et visqueuse. Mais ce n’est pas tout puisque le personnage principal rencontrera également au gré de sa quête de liberté des apparitions étranges de démons ou démones à l’apparence humaine. La confection de tous ces personnages ainsi que des créatures hybrides a été réalisée de manière recherchée puis comme dit plus haut travaillée sur Photoshop. Patrice Woolley s’est servi de personnes existantes – comme sa femme, sa fille, une amie à lui ainsi que lui-même – pour les personnages d’allures humaines qui sont tous en 3D. En revanche, en ce qui concerne les hybrides censés représenter les Grands Anciens, il s’est appliqué à choisir toutes une gamme d’animaux marins, mais en accentuant aucunement vers le côté tentaculaire souvent utiliser pour dépeindre les monstres du Mythe de Cthulhu.
Au début de ma lecture, j’ai été véritablement "commotionnée" par l’ambiance malsaine de cet album. Mais je me suis laissée transporter par le rythme de cette histoire sombre et sans rémission. L’histoire qui arrive au personnage principal est d'un déchirement total, mais celui-ci, ne se laissant pas faire, devient une sorte de force de la nature et nous sommes d’autant plus avec lui. Il se débattra jusqu’à la fin de notre lecture pour retrouver sa liberté et au fur et à mesure de cette visite étouffante celui-ci fera la connaissance des habitants du Necronomicon. Des habitants tout ce qu’il y a de plus affreux. Avant de lire l’interview de Patrice Woolley, je m’étais persuadée qu’il s’était servi d’insectes pour élaborer ces monstres, mais je me suis trompée. J’étais également persuadée que l’auteur s’était inspiré de l’univers de Clive Barker et bien non que de fourbes impressions se sont insinuées dans mon esprit avant de lire cette interview fort instructive. J’ai aimé lire cet album tout à fait atypique dans l’horizon de la BD française et c’est grâce à la maison d’édition Kymera, qui vient de crer une toute nouvelle collection du nom de Créa’ à la parution du Necornomicon de Patrice Woolley, que nous pouvons voir des BDs de ce genre.

La conclusion de

Patrice Woolley réussit le challenge de faire ressentir au lecteur, grâce à son Necronomicon, que nous sommes réellement le témoin - impuissant ? - de l’emprisonnement du personnage principal en étant également étroitement lié au sort de celui-ci. N’utilisant pas les poncifs récurrents des diverses interprétations des Grands Anciens – souvent des créatures tentaculaires – il redonne un souffle de renouveau à l’univers de Cthulhu inventé par Lovecraft tout en laissant notre imagination faire le reste. Patrice Woolley est un créateur dans le pur sens du terme et même s’il s’inspire d’un univers grandement usité il le fait à sa manière. Cet album atypique révèle un pouvoir de création très vaste et je vous conseille de faire l’expérience de lire cette œuvre d’un abord très particulier, mais qui par un récit rythmé et déchirant fait oublier le côté hors-normes de cette œuvre graphique.

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